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Les Baladantes
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14 avril 2012

Poésie

Ateliers hebdomadaires avec les collégiens au collège Marseilleveyre 2011-2013

ANIMANIA

 

Je t’envoie dormir                                        Je t’ultrason                                  Je te miaule chatonnement

Je te griffe                                                    Je te hennis                                   Je te couine en sourisant

Je te ruse                                                      Je te miaule                                  Je te rugis lionnellement

Je te croque                                                  Je te sssssssssss                          Je te siffle en serpent

Je te chasse                                                   Je t’éléphante                               Je te dophine ultra-sonnellement

Je te fais mal                                                  Tu me serpentes                          Tu me jaguarugis

           Julie Prat, 5ème                                     Tu me léopardes                          Tu me croasses

                                                                        Tu me lézardes                             Tu me caresses le nénuphar

                                                                        Tu t’élan ces                                 Tu me hennis au galop

                                                                        Tu me renardes                            Tu me bêles moutonnement

                                                                                                C,5ème                                                     M.S,5ème

 

Tu me rends chèvre, Tu me rends baleine et je m’envole

Tu me péroques, je te rend pirate comme une pie

Tu m’as béliété

Et on a sauté à saute-moutons

Et on a moutoné, piallé, et tu m’as phasmé, on était fous.

                                                                 Jean-Baptiste, 6ème

 

Je te miavore

Tu me fixes de lynx

Je te souris

Tu me beez bee

Je te flaire

Tu me serpentivores

Je te sniffe

Tu me tortu’tionne

Je te serpentivore

                 Julie, 4ème

 

CHAUSSUREMANIA                                                                            ARTMANIA

Je te dc martirise                                                                                Je te peinturlure

Tu m’écrases tropéziennement                                                       Tu m’esquisses

Je te sau-convertise                                                                           Tu me crayonnes

Tu me volenikirises                                                                             Tu me colorises

Je t’escalade bensimonement                                                          Et me promarkerises

Tu me fais tomber                                                                              Je te gomme

Je te marche dessus très victorieusement                                     Tu me repasses à la plume

Tu m’escarpines                                                                                  Je te dessine

Je t’enjambe ashament                                                                      Je te crayonne à l’aquarelle

Tu me fais courir                                                                                  Je t’encre à la plume

Je te fais huggisine                                                                                               Sahra,3ème

Tu me ballerines

Je te fais briller

Tu me fais rêver

       Mathilde,3ème           

   

Quelques poèmes

La neige qui s’efface avant de toucher le sol

Le soleil qui part avant de l’apercevoir                                      Marjorie

 

Je cours dans la nuit

Je chante pour passer le temps

Je marche dans la beauté et la fraicheur de la saison

 

Elle a des yeux dans la mer

Le temps qui passe, des flaques d’argent tremblent sur le sable

Ton silence et tes beaux yeux et jamais ne s’arrête.

 

Le violon s’exclame comme un cœur amoureux

Mon verre est vide comme un visage triste

A l’air terne, frémissant de trahison.

 

Quand nul ne la regarde, une ombre descend

Quand tout le monde a les yeux rivés sur elle, une personne remonte.

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6 octobre 2012

Métiers imaginaires

Où l'on découvre des petits métiers disparus

LE FABRICANT D'ASTICOTS "Paris anecdote" d'Alexandre PRIVAT d'ANGLEMONT
 LE DONNEUR D'HEURE  de  Cyrille FLEISCHMAN

Où l'on invente des métiers imaginaires

LE DISEUR DE RIENS de PLANTIVE et GUERARD

LES RAMASSEUSES DE RICOCHETS de Rémy LEBOISSETIER

LE BERGER D'EAU d'Henri MICHAUX

 

CLAIRE MORIN

LE DANSEUR DE MER

Qui n'a pas admiré une mer déchaînée un jour de tempête ?

Il est aisé de croire que seule le vent est responsable de cette chorégraphie alors, que derrière tant de beauté se cache le travail assidu du "danseur de mer"

Tout les jours, quelque soit le temps, il vient au bord de la mer, l'observe, l'apprivoise. Avec des gestes cent fois répétés il se coule au milieu d'elle, l'accompagne dans une danse singulière.

L'homme est la mer ne font qu'un, jouant l'un l'autre à dessiner chaque jour des figures nouvelles.

parfois la mer moins docile veut seule jouer sa partition. Alors le danseur tente de reprendre le cour de la séance guidant la mer en des vagues gracieuses. Peine perdue,

l'élève affronte le maître en une danse violente et dévastatrice qui peut sur un simple souffle redevenir douce et apaisante.

 

MICHEL RIMAUD

LES INSEPARABLES

 

1. L’escaladeur de mer était un jeune homme débordant d’énergie.

Il suivait de près la météo, et dès qu’un coup de vent était annoncé, on le voyait arriver, palmes à la main et sourire au visage.

En quelques instants, il avait rejoint les premières lames déferlantes et s’échauffait sur elles, retrouvant ses sensations et sa communion à la nature. Puis il se dirigeait vers les plus grosses vagues, pour peaufiner sa technique : palmage énergique des jambes, et appui vigoureux et alterné des deux bras, munis de petites palmes autour des mains...

Parfois il réussissait à s’embarquer sur un bateau, et pendant que tous les passagers malades se terraient dans leur cabine, il s’attachait par une longue aussière au bateau, et s’élançait dans l’eau, à la recherche des plus grosses déferlantes…

Bien qu’encore jeune, il avait déjà connu l’extase, le nirvana, l’expérience ultime de sa confrérie : par une soirée d’automne, debout sur le pont d’un bateau de vrac, il aperçut le Graal … Un mur d’eau, quelque chose de noir et d’effrayant qui barrait l’horizon; il se rapprochait dangereusement, semant la panique chez les marins, qui courraient aux canotes.

Alors que fusait le mot de ‘vague scélérate’, lui voyait enfin la montagne d’eau de ses rêves,

l’Everest des escaladeurs de mer … Lorsqu’elle fût là, que le bateau commençât sa descente inquiétante avant de recevoir une avalanche gigantesque qui le brisa en deux avec un craquement épouvantable, lui avait eu le temps d’escalader à toute vitesse les trente mètres qui lui faisaient face, et ivre de bonheur, il coupa vite la corde qui le reliait au bateau.

Cela lui sauva la vie, et il se tint sur cette montagne liquide comme sur un énorme dinosaure qu’il aurait apprivoisé, surfant ainsi jusqu’au rivage.

Toute sa vie fut illuminée par cette expérience grandiose, et il y pensait souvent lorsque le temps était trop calme.

 Sinon, il allait voir son ami, le Rameur de feuilles mortes …

 

2. le Rameur de feuilles mortes avait dû assumer une hérédité complexe et contradictoire.

Adorant ramer et naviguer sur les eaux, il avait été victime d’un traumatisme, et ne pouvait plus s’aventurer sur l’élément liquide.

Comment concilier alors cette passion, dont il voulait faire un métier, et l’impossibilité concrète de la vivre ? … Il avait bien essayé de poser sa barque sur le sol d’un jardin public, mais il se sentait terriblement ridicule … et d’ailleurs faillit être embarqué par des messieurs en blouse blanche. Toutefois cela lui attira la sympathie d’un passant, qui lui avoua affronter la même problématique, et qui mieux est, grâce à la magie d’internet, être en liaison avec tout un réseau de « Rameurs empêchés de ramer » …

Notre homme imagina alors mettre en commun toutes ces bonnes volontés, en montant un parc de feuilles mortes, sur lequel lui et ses semblables pourraient ramer à loisir …

Ainsi fût fait ! Non seulement cette solution leur plût à tous, mais notre homme se forgeât ainsi un vrai métier, s’occupant de l’entretien, des formations et gérant toute l’activité des Rameurs de feuilles mortes.

Il avait deux saisons : du printemps à l’hiver, période où les feuilles mortes stockées faisaient merveille, et la saison enneigée, où l’on avait aménagé un stade de neige pour les amateurs.

 Ainsi nos deux amis avaient ils des expériences variées à se raconter !

 

FREDERIC POYET

Qui se souvient de ces temps maudits, ou toutes les eaux étaient encore limpides, et traitreusement cristallines?

 

Il y en eut des drames, et des déconvenues avant que ne fut créée la «Confrérie des badigeonneurs de pluie».

 

Finies les ondées perfides, qui vous mouillaient, jusqu’à l’os, l’honnête passant sortant de chez lui, et incapable de discerner l’averse invisible. Fini le grain scélérat, s’abattant sur le navire en plein océan, avant même que l’équipage de s’équipe de cirés et de kabig.

 

Finies les heures sombres, les Badigeonneurs de pluie savent colorer de toutes les nuances de gris, la petite ondée, ou l’orage de printemps, le crachin dans le brouillard, et même la grêle dévastatrice. Ils ont rendu visible la pluie qui s’annonce, et tout est pour le mieux depuis qu’on créa la fonction tant convoité, de «Capitaine de l’arc-en-ciel», pour annoncer le retour du soleil.

 

SABINE RIMAUD

 

  •  Dis-moi, tu pêches quoi ?
  •  des chaussures
  • en saumure ?
  • en chaussures
  •  en chaussures…
  •  en chaussures. Tatanes - godasses - pompes - grôles ; bref, en chaussures.
  • Je vois. Tu es pêcheur de chaussures.

 

Mais tu pêches quoi comme chaussures ? Parce que là c’est essentiel ce que tu pêches ! Çà te dessine un homme des chaussures !

 

  •  Çà dépend. Si je mets le treillis et que je prends mes seaux, je pêche des bottes. Je ne garde que les bottes sans semelles.

 

Si je mets la minijupe, je chasse des tatanes mûres, celles que l’on peut cuire au four.

 

Avec des lunettes vertes et une perruque en laine, plus le filet de pêche, c’est chasse aux escarpins.

 

Si je prends mon cheval alors je pense aux grôles ;

 

Et le scaphandrier, c’est bien pour les godasses.

 

  • Alors comment tu fais comment pour attraper des pompes ?
  • Des pompes ? Soit précis dans tes questions ! à huile ?

 

À eau ?à sang ? À vélo ?

 

Les pompes à huile c’est pour la noël.

 

Les pompes à eau, c’est date du déluge. Tu sais, quand on fait venir les hommes et les bêtes deux par deux pour la reproduction.

 

Les pompes à sang, c’est gore ; j’y vais à reculons.

 

Les pompes à vélo, çà use : Une fois sur deux tu reviens avec ton vélo pendu entre deux branches comme pour le gibier.

 

Mais la pêche que je fais de temps en temps, c’est la pêche à pomper l’air. L’air, tu le mets en boite. Et tu t’installes en ville dans un lieu très passant, et tu cries : « il est beau mon bol d’air ! L’est pas cher ! De l’air de pêcheur de chaussures c’est votre chance du jour! !

 

Tu peux aussi te planter devant l’autre et tu lui dis, yeux dans les yeux mains sur les hanches, comme moi, là, devant toi :

        

               « C’est pas que tu m’pompes l’air vu que tu sais pas pêcher, mais si tu partais chasser les escargots ?

 

CHRISTOPHE LAROCHE

 

Jean-Hugues Varna

Tronçonneur de malheurs

 

Les lettres se détachaient lisiblement de l’ancienne plaque en cuivre, patinée par le temps, consciencieusement vissée sur la lourde porte d’entrée.

Ce n’est qu’en s’approchant que l’on pouvait lire en dessous :   En tout genre

Des malheurs, Jean-Hugues en avait tronçonné des centaines. Son père, son grand-père, avant lui, faisaient de même.

On venait le voir de très loin, la réputation de la famille étant connue au- delà des dernières collines visibles depuis le clocher du village.

Chacun arrivait avec de gros malheurs accablants, le genre de malheurs qui pèsent tant que l’énergie vitale vient à manquer.

L’idée était fort simple : tronçonner un énorme malheur, insupportable, en petits malheurs, individuellement compatibles avec une vie quotidienne relativement normale. Petits malheurs plus faciles à digérer, à assimiler, l’un après l’autre, dans l’ordre désiré. Au bout du compte, le malheur originel pouvait ainsi être surmonté.

Cette façon de procéder convenait à la majorité des visiteurs.

Si jamais le résultat se faisait trop attendre, qu’un ou plusieurs petits malheurs ne passaient pas, Jean-Hugues disposait d’une solution complémentaire : envoyer le malheureux voir le rémouleur d’optimisme, facile à reconnaître avec sa meule qui chantait joyeusement, baladée au hasard des rues du village.

Il n’était guère de petits malheurs qui résistaient à l’affûtage des pensées positives, lesquelles finissaient toujours par avoir raison des résistances des plus récalcitrants.

 

 

 

 

 

 

24 mars 2012

Crimes exemplaires

SABINE RIMAUD

Utiliser la phrase choisie parmi plusieurs propositions  « la seconde hypothèse est la plus effarante ».

 

J’ai trouvé sur le sol du salon en entrant la poupée de Charlotte. Eventrée.

Soigneusement découpée aux ciseaux ; du thorax au nombril.

 

La paille et le coton qui remplissent le jouet

Lardés de cicatrices; au couteau.

 

Le plus surprenant c’étaient ces traces, sur le tissu :

Clotilde avait déniché le flacon d’éosine,

Assez judicieusement versé aux endroits adéquats des rougeurs pour indiquer un crime.

 

Je m’assis en silence.

Pourquoi Clotilde avait-elle trucidé Léonie ?

 

La première hypothèse:

Dispute entre frangines, l’aînée passe sa colère sur le jouet préféré de Charlotte ; simplement.

 

La seconde hypothèse est la plus effarante :

Clotilde n’a jamais accepté l’arrivée de Charlotte dans la famille.

Et là, Léonie, c’est Charlotte pour Clotilde…

 

Clotilde qui pousse Charlotte sur le sol, brutalement ;

Clotilde qui lève le bras et l’abat sur le ventre ; de Charlotte ; évidemment.

Clotilde qui va d’un geste vers le cœur ;

Puis Clotilde qui redescend le couteau vers le sexe, en ricanant.

 

Je me secoue  et crie : « c’est absurde ! Les enfants  sont des anges, pas des ogres ! »

 

Je n’ai rien demandé à Clotilde qui rentrait en chantant.

Quand Charlotte arriva à son tour, je lui dis que j’étais désolée :

Cambriolage au rez-de-chaussée par des amateurs de poupée, antiquaires sans doute.

Elle m’a longuement regardé…

 

Nous n’avons jamais reparlé toutes les trois de la longue destinée de Léonie la poupée.

 

CHRISTOPHE LAROCHE

Effarante hypothèse

 

- La seconde hypothèse est la plus effarante, décréta le commissaire Moubarok, tandis qu’il considérait les restes encore fumant du cadavre.

Au fait des compétences de mon supérieur, de son intuition, moi qui le côtoyais depuis tant d’années, ces quelques mots me glacèrent le sang.

Comment imaginer un scénario plus horrible que celui qui s’était tout d’abord imposé.

Ces morceaux de chair découpés avec la méticulosité d’un boucher, fier de son diplôme de meilleur artisan de France, la façon dont ceux-ci étaient disposés, rappelant étrangement un tableau de Francis Bacon, leur odeur rehaussée par un subtil relent d’une eau de Cologne bon marché, tous ces indices convergeaient vers la même solution.

Quelle était donc cette seconde supposition encore plus effroyable ?

Je n’osais questionner le commissaire, de peur de souligner les limites de mon imagination à celui qui m’avait tout appris.

Moubarok tira à nouveau sur son narguilé.

- Plus j’y pense et plus cela s’impose. Voyez-vous ceci ?

Je cherchais fébrilement du regard l’indice que devait m’indiquer son index.

En tendant le cou, je finis par remarquer ce détail incongru. Sur le crâne sanguinolent, une trace brune, visiblement le résultat d’un choc électrique.

- Vous voulez dire que…, chuchotais-je timidement.

- Parfaitement, ce meurtre n’a rien de halal. Nous n’avons rien à faire ici.

Ce furent les dernières paroles de Moubarok avant qu’il ne tourne les talons.

Il faut dire que le commissaire ne rigolait jamais avec les traditions.

 

 

SABINE SALOMON

A partir d' un incipit: «Devant la maison, un soir, j'aperçois une lumière à la fenêtre».

 

Devant la maison, un soir, j'aperçois une lumière à la fenêtre. Fenêtre du haut. Celle de la pièce condamnée.

Je vis seule.

Ai-je oublié d'éteindre? Non! Impossible! Plusieurs mois que je n'ai plus mis les pieds dans cette pièce!

Mon sang ne fait qu'un tour. Mes poils se hérissent. Mon cuir chevelu s'électrise. Flux et reflux dans la colonne vertébrale.

La peur! La vraie peur!

Rapidement, le sursaut: me secouer! me défiger! Oui! Ça se décale: une fulgurante curiosité me ranime! Quelque chose d'extraordinaire est peut-être là, à portées de mains! Maintenant!

Faire face!

Mes yeux écarquillés captent mieux: un profil d'homme, en ombre chinoise, se découpe sur le mur blanc!

Mon coeur devient tambour.

L'ombre devient appel.

Rythme viscéral. Echo viril.

Cette mise en scène attise tous mes sens; éveille une attirance sauvage.

J'y vais! J'ai du cran!

 

Traversée du jardin: rassemblée, je marche:

chaque pas est pas de la femme vers l'homme.

Chaque pas porte la femme au coeur tambour vers l'inconnu, au profil immobile.

Présences démultipliées.

 

J'atteins la maison; monte direct.

Sur le palier, je me mets à chantonner; cherche courage.

Me sens sirène.

Veux attirer la bête hors de son antre.

Rien ne bouge.

Je sais qu'il m'attend.

Qui il? Kill? Mauvais présage!

J'appelle.

Rien.

Je n'ai pas envie de reculer. L'instant est si puissant.

J'ouvre la porte. Il ouvre ses bras.

Tous deux , debout. Deux mètres entre nous. Tous deux immobiles.

Son regard est acéré. Il me glace.

Je résiste. J'accepte le combat. Nos yeux sont nos armes: jets de lames aiguisées; torrents de mercure insaisissable; flots de lave en fusion. Joutes dans nos orbites et  dans nos tripes.

Tout remonte!

A croire que tout se rejoue là : «être homme ou être femme».

La différence des sexes lacérée, triturée, transpercée!.

Ca sort! Une heure, deux heures, trois heures! Sans un mot. Debout. De bout en bout. De l'intérieur. De lui à moi. De moi à lui.

La porte du monde se ferme.

Enfin,l'homme s'approche, m'effleure, me touche.

Lui et moi! Seuls! Nous nous cherchons sans rien vouloir.

Le monde déjà loin, derrière la porte.

Nos peaux se connaissent à tâtons, tremblantes de proximité, baignées de gratitude.

Il n'y a plus d'ailleurs.

Etreinte. Chaleur animale.

Au coeur de nos sens. Au bout du bout de nos corps.

Propulsés, implosés de désir.

Lui, mon île. Moi, ses ailes de plaisir. Et l'inverse, aussi.

Nos mots sont chants de feu.

Nos corps comme deux mains d'infini.

Incandescence à voltiger si loin. Pour moi, pour lui, c'est l'évidence. Ça n'en finira pas de nous étonner.

L'extase est sans limite.

Notre monde n'en finit pas de s'ouvrir.

Temps sculpté. Déchirure incarnée.

Caprices des corps saisis dans l'ivresse.

Et l'autre qui ensemence le désir, désir fou, fou de liberté.

 

Ces jours, ces nuits nous raptent, nous mènent.....Où? Où ça?

Où bat le coeur tambour?

Le voyage est sans détour, sans retour.

 

L'homme est parti, un soir. J'ai aperçu son ombre immense sous le réverbère. Puis, il a glissé tout en bas, sous le nuage de sable.

Etreinte non éteinte.

Son empreinte, je la distingue encore sur le blanc du mur.

Etreinte non éteinte.

Le voyage est sans retour.

 

Comment l'homme, s'était-il introduit chez moi?

Pour quelle raison ou déraison?

Quel espoir ou désespoir?

Pas une seule piste.

Seul, le mystère.

 

FREDERIC POYET

Nouvelle fantastique avec choix du titre dans une liste:

Sur son échafaudage mobile, tout en haut de cette tour de verre aux mille reflets, le laveur de

carreau s’accordait une petite pose.

Contemplant son reflet dans cet immense miroir son esprit vagabondait, mille et une pensées

se bousculaient, quand soudain la baie coulissante s’ouvrit.

Face à lui, dans une immense prairie, une reine de coeur colérique, un lapin très en retard, et

une théière dodue et sympathique le dévisageaient encore plus surpris que lui!

En passant la porte de mon appartement, je senti immédiatement ce délicat fumet en

provenance de la cuisine.

Depuis ce matin, le ragout cuisait à feu doux.

Soulevant le couvercle, j’ajoutais quelques herbes de Provence et une pincée de sel, avant de

descendre à la cave chercher un grand cru.

Il fallait que ce soit une fête.

Ce soir j’avais un très vieil amis pour le diner, j’espérais que la marinade et la cuisson

avaient rendu sa chaire bien fondante.

La seconde hypothèse est la plus effarante.

De deux choses l’une, ou c’était du premier coup, ou il s’y était repris à deux fois.

Au premier abord, il avait agit seul.

Mais il y avait trois empruntes, deux de trop, ça faisait donc trois tueurs.

Ils avaient agit en deux temps trois mouvement, avant de filer en quatrième vitesse.

Peut-être un cinq à sept qui avait mal tourné, pensa-t-il.

 

26 mars 2024

ATELIERS D'ECRITURE D'AUTOLOUANGE

ISABELLE DUFFAUD

 

Je me présente

Fille du Soleil et du Vent

J’ai été adoptée par la Terre en cette période particulière

Mes pieds reposent sur elle dans des mocassins d’indienne

 

Et pourtant…

Je viens de bien plus loin d’une étoile encore mal connue

 

Mes bras touchent les 4 directions

Et les ailes de ma conscience passion

Volent au-dessus des plus hautes montagnes himalayennes

 

Je suis hyène d’ailleurs

Et panda parfois

Corbeau et biche à la fois

Dauphin et baleine

Parce que psychopompe

 

Mille sourires éclairent mon visage polymorphe

auxquels répondent les vagues déferlantes de la création cosmique

 

Je peins la réalité comme elle me vient

Je dessine des soleils à volonté

Et des mondes et des rondes

Sur lesquels danse l’infini des possibles

 

Je répare les flèches mal lancées des humains

Je soigne leurs blessures d’âme et de sang

depuis mon Cœur béant

 

J’aime la Vie passionnément

Je suis l’Amour à l’origine

C’est-à-dire l’or des gènes

 

Je recouds les trous et retisse les liens des tissus décousus

Dans la trame du temps

 

Tout est en moi et je suis tout

Et quand je suis cela

Je disparais

Le moi ne laisse plus aucune trace

 

Seuls persistent

Le souffle du vent

Le souvenir du ciel

Le rappel du vivant

Le battement du Réel

 
 
 

 

13 mars 2024

ATELIER D'ECRITURE CREATIVE EN LIEN AVEC LE TAROT

 

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24 juillet 2013

Festival Contre Courant avec de jeunes critiques culturels en Avignon

Atelier d'écriture dans un camp d'adolescents EDF au festival d'Avignon.

Le thème du camp: nous sommes des critiques culturels!

 

 

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