06 mars 2019

La créativité avec un texte de Mère, Janv-fév 2019 Auroville Inde

Eloge de l’imagination

 

Je survole la plage et plus je m’élève, moins j’identifie les ronds des bidons, les carrés des maisons, les rectangles des autobus.

Je m’élève encore dans la lumière plus haut que les grands arbres que j’entends froufrouter à mon passage : » Regardez le bel oiseau rouge et bleu ! »

Je vais où je veux, je quitte la rue Montorsier, je survole la rue Gandhi, je tourne et tourne et dépasse le grand temple où j’aperçoit un pandit en prière. Je survole l’East Cost Road en direction du nord et je monte plus haut pour ne plus entendre le vacarme des klaxons.

Plus je m’élève et plus je m’allège, mais vient le moment où je me rends compte que je suis tout seul dans la lumière. Alors j’hésite à monter plus haut, sortir de l’atmosphère, dépasser la stratosphère pour me mettre en orbite dans le silence interstellaire.

J’aime trop le chant du vent dans les arbres, celui de l’eau vive des ruisseaux. Je me laisse porter par le courant d’air descendant et je me pose au bord de l’eau. Dans le reflet de l’onde pure, je ne vois rien. Devenu invisible et silencieux, je peux enfin commencer à regarder le monde tel qu’il est.

 

Pavillon de France. Christine. 23/01/2019

 

 

Eloge de la patience

 

La patience, de toutes les qualités humaines est la plus précieuse dès lors qu’il est question de relations entre les êtres. Savoir écouter jusqu’au bout sans interrompre ou savoir attendre son tour de bonheur.

C’est la patience qui permet d’accomplir son modeste travail quotidien, ou l’œuvre de toute une vie, dans les moindres et infimes détails jusqu’à son aboutissement.

Fille du calme et de la persévérance, elle répète le même geste artisanal, le même mot d’excuse ou de pardon, reste centrée sur son intention quoiqu’il arrive, au-delà de l’ennui et de la réprobation.

La patience est le plus beau cadeau à offrir à l’enfant qui fait ses premiers pas, ses premières tentatives, qui commence à déplier ses ailes pour quitter le nid douillet, et à s’offrir à soi-même pour attendre sereinement son retour.

La patience conseille de rester quand l’autre s’éloigne, quand le dialogue est rompu, quand la violence menace d’exploser, et de s’asseoir ensemble pour reconstituer, mot à mot, le puzzle des raisons d’espérer encore, en dépit des incompréhensions et des malentendus.

La patience est celle qui invite à rebrousser chemin jusqu’au lieu de notre fourvoiement.

Vertu archaïque dans ce monde de vitesse et d’exploits, la patience est l’autre nom de l’enracinement dans l’être.

Pavillon de France. Christine. 28/01/2019

L’oiseau :

Il s’est redressé, son coup s’est allongé, ses yeux perçants scruté la plaine et il s’est élancé de son rocher dans le vide. Volant, tournoyant audessus des arbres, traquant une proie, renversant un nid il a plongé sur le petit point qui hurlait de frayeur. Ses cris stridents retentirent. La plaine, les herbes se sont réveillées, le vent a soufflé, les fleurs ont dégagé leur senteurs. Etourdi, il a piqué du nez dans la marre.

Les enfants ont courru vers lui. L’ont sorti, L’eau avait fait son travail. Il ressemblait à un ballon. Les enfants se sont mis jouer, chaque coup de pied résonnaient dans sa carcasse, il avait très mal.

Petit Pierre s’est arrêté, l’a regardé, pris dans ses bras, peneau de ne l’avoir reconnu. Il l’a réchauffé, lui a parlé, est allé lui chercher à manger.

Un fois qu’il fut revigoré, Petit Pierre a grimpé sur son dos. Ils se sont envolé vers le pays où l’on n’arrive jamais. Ils ont traversé des plaines et des plaines, certaines étaient recouvertes de neige, de certaines s’élevaient des fumés et des cris, Ils ont grimpé aux somments de montagnes habillées d’un chapeau de neige pour enfin arriver audessus lieu.

De ’air, descendait des pepites d’or. Elles emplissait l’atmosphère. Les murs des maisons transparents laissaient voir des gens purs habillés de tuniques couleur or. Ils se sont posés sur le rocher face au soleil qui dominait le royaume. Leurs yeux ne pouvaient s’en détacher. Cette beauté emplissait leur cœur, le pénétrait, un monde nouveau leur apparaissait. La grande aventure.

Ann.R