08 mars 2021

Créer un nouveau monde

MON UTOPIE DU JOUR

 

 à la tortue Modestine

et aux passantes

de l'atelier d'écriture Utopie

 

Connaissez-vous l'île de Modestine ?

 

Elle ne fait pas de bruit et croit

aux traversées obstinées dans le vert.

 

Peut-on dire qu'elle règne ? À la rigueur,

mais en toute discrétion,

ou bien alors

si régner se fait en s'écrasant

comme le chien Fiore

au beau milieu de la sieste méridienne.

 

L'île de Modestine est prospère à souhait

pour qui savoure les feuilles sans peur d'en manquer.

 

À l'heure où j'écris ces lignes,

les habitants de l'île sont

dix femmes et un homme, un chien, une tortue

sans oublier la cohorte des invisibles

qui accompagnent l'atelier jusqu'au soleil du couchant.

 

Mais il peut arriver qu'ils deviennent

dix tortues et un chien, ou dix hommes et une femme etc...

 

L'essentiel pour eux est

qu'ils désapprennent à compter

en méditant sous carapace ou en faisant des roulés-boulés.

 

Les habitants de l'île de Modestine

ont établi une constitution, à force de dur labeur

entre les feuillages et les saisons,

mais le jour où ils l'ont achevée, un coup de vent

séditieux a emporté tous les feuillets, tous les articles

dans la mer qui entoure l'île.

 

Les commentateurs aguerris doutent que l'île de Modestine

puisse tenir longtemps encore

sans chamaillage de silences.

C'est parier sans compter

sur l'agilité des Modestiniennes,

leur capacité à déjouer les pratiques imbéciles.

Les commentateurs deviendront hors service

bien avant l'échappée belle des Modestiniennes.

 

Sur l'île de Modestine, on n'en a jamais fini

avec le cheminement des intelligences, à commencer

par le ras des pâquerettes.

 

Entrer en vibration avec l'autre

est le sport national en vigueur.

DOMINIQUE SORRENTE

 

Endoume, le 8 mars 2021   

 

Modestine en action

 

 

 

 

POURQUOI NE PAS IMAGINER LE MEILLEUR?

 

 

C’est quoi le meilleur?Le meilleur de quoi ? Le meilleur pourquoi?

 

Est ce un mot qui existe dans toutes les langues, sur tous les continents?

 

C’est comme le bonheur ! Depuis quand ça existe? Le meilleur du bonheur, ou le bonheur du meilleur?

 

Je dirais  tout simplement ; pourquoi ne pas vivre  avec ce qui est, là, juste devant nous, qui nous est offert chaque jour.

 

Quel est ce besoin d’ailleurs, de meilleur?

 

Je n’aime pas le terme « meilleur », ça me rappelle, l’école avec le meilleur de la classe.Ce n’était ni le plus heureux, ni le plus humain.

 

Aussi, je vails mettre ce terme de côté, et en proposer d'autres.

 

Pourquoi ne pas imaginer, l’étonnement, l’émerveillement, la beauté et l’harmonie de chaque moment de Vie?
                                                                                                                                                    Marie-Françoise MONTEBELLO

 

 

 

UN MONDE NOUVEAU

 

Quand j’étais enfant, souvent quand la nuit tombait, je m’accoudais à la  fenêtre et je regardais la rue éternellement déserte .Je rêvais alors d’un autre monde.

 

Alors que je voyais dans la vallée, les hauts fourneaux hurlants cracher leurs flammes dans la nuit du ciel, je  levais le regard pour m’accrocher aux étoiles,et aller vers ce monde nouveau, émergeant de l’infini.

 

Il fallait alors inventer un pont, qui pouvait me faire passer de la fenêtre ou j’étais accoudée à la planète la plus proche.

 

En suivant la passerelle, qui émergeait en  transparence,j’avançais telle une funambule somnambule vers cette autre planète, trés lumineuse.

 

Le saisons étaient transparentes, les arbres clairs, les chemins étoilés, les montagnes vivantes,les habitants vêtus de fleurs. C’était la planète des Fleurs, des odeurs célestes, de la mousse et de la pousse.

 

Un immense jardin vivant  qui m’invitait à le suivre.

 

Je l’effleurais à peine , de façon aérienne, puis  je retournais tranquillement à ma fenêtre, recueillement au plus profond de moi, ces belles images de liberté.

 

Etre en permanence  à la recherche d’un monde nouveau, ne serait-ce pas en miroir , cultiver l’imaginaire et le dépassement de Soi?

*

                                                                                                                                                               Marie-Françoise MONTEBELLO

 

 

 

Pourquoi ne pas imaginer le meilleur ?

 Pourquoi ne pas imaginer le meilleur ?

Le pire fait tellement plus de bien parfois.

Le pire troue les oreilles, arrache les pas,

casse les mémoires, abrutit les journées.

 

Le pire vit au fond du bassin où j'imagine notre noyade.

Elle eut lieu dans une rivière en Norvège.

J'ai longtemps vécu au fond de ce bassin,

puis d'un seule coup de la pointe du pied,

une poussée inconnue m'est venue,

me faisant remonter vers le haut.

 

Le meilleur vivait là, tout seul, sur le rebord du monde,

sans aucune imagination.

Il m'a tendu une serviette éponge

et m'a souri.

Puis il m'a montré la couverture d'un carnet

à écrire. Il y avait ces mots d'Oscar Wilde:

j'ai les goûts les plus simples du monde.

Je me contente du meilleur.

 

Il m'a montré la couverture d'un carnet à écrire.

 

DOMINIQUE SORRENTE

 

 

 

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01 novembre 2016

LA COULEUR ET LES MOTS

STAGE PEINTURE-ECRITURE ANIME PAR MARIE-CLAIRE BARSOTTI, ARTISTE PEINTRE ET FLORENCE GUICHARD, ANIMATRICE D'ATELIERS D'ECRITURE 

 

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DOMINIQUE. H      IMG_6184   IMG_6183

 

  

Ce que Edna aime par dessus tout c'est faire des gribouillages .

 

Elle est née dans le CHAOS , des annees 50 , et a vecu une enfance docile , ou les VIBRATIONS exterieures ne la derangeaient pas.

 

Edna des la maternellle s'est vu confier un role , sa maman voulait que chaque samedi , edna lui apporte un tableau pour l'exposer sur le mur de sa chambre .

 

Au debut Edna a trouvé cela amusant ,surtout qu'a chaque tableau , elle recevait de la part de la maitresse un bonpoint et meme parfois un bonbon !

 

Alors Edna s'est mise a dessine son chien, son papa, sa maman , john son petit frere.

 

Ces oeuvres aux TRAITS bien nets faisaient le bonheur de sa maman .

 

Et puis un jour tout s'est arreté.

 

Les parents d'Edna ont demenagé et ses tableuax n'ont plus ete exposés faute de place dans le nouvel appartement .

 

Alors Edna n'a plus dessiné....

 

Les années ont passé ...

 

Edna est devenue une femme ,a eu des enfants , un mari .

 

Elle a beaucoup travaillé et aussi parcouru le monde , visité des villes, et a chaque fois qu'elle le pouvait elle allait visité un musée , enviant ces artistes au talent reconnu

 

Edna etait une femme débordée!

 

 

 

Un jour pourtant Edna a décidé que cette vie d'agitée devait s'arreter.

 

Elle est partie vivre a Auroville .

 

Et c'est la bas qu'Edna a repris avec ENTHOUSIASME la peinture .

 

C'est là qu'elle a compris que la femme qu'elle avait été n'était qu'une CARICATURE d'elle même.

 

Que cette femme ressemblait presque a la FEMME A BARBE de la foire du village de son enfance.

 

Aujourd'hui , Edna dessine des VOLUTES , , des TACHES , , mélangeant les COULEURS , avec un SOURIRE eclatant .

 

Et tous reconnaissent du talent dans les GRIBOUILLAGES de la belle Edna .

 

 

 

MICHEL.R

NOIR : tu es fort et dur par nature… Point trop ne t’invite, car tu écrases tout !

                En fin liseré, tu sais être serviable…

 

GRIS baleine, gris souris, gris délicieux, ou gris délictueux …

 

BLEU : proposé en deux tons, tu es un compagnon discret … Avec une pointe de jaune, tu jubiles en éclatante turquoise …

                Allongé de blanc, tu nous aères l’âme, nous amenant au ciel. Te mêlant au noir, tu nous conduis dans la nuit profonde …

                J’aime quand tu me fais de l’œil !

 

ROUGE : impétueux et sanglant, tu agresses notre âme, comme un champ de bataille… ou illumines de tragique les feux d’artifice.

                Adouci en rose, tu nous apportes la douceur, jusqu’aux tréfonds maternels… Mâtiné d’orange, tu nous réconcilies avec la vie, et c’est la fête !

 

VERT : aujourd’hui, point ne te veux … Tu habilles la nature de toutes les nuances, mais là n’est pas mon souci. Merci à toi, vert multiple !

 

JAUNE : citron ou banane, te voilà bien acide ! Avale un peu de blanc, et tu m’éclaireras … Doré à souhait, tu nous illumines  comme un soleil.

Pétille pour moi, jaune fou !

 

VIOLET : tout est question de nuance chez toi… Trop de bleu dans ta coupe, et te voilà glaçant !

                Mais empourpré comme un cardinal, tu sais nous séduire !

 

BLANC : couleur du début … et de la fin  ? Si nous te choisissons …

                Car tu n’existes que par réservation, ou en lumière finale …

                J’aurais du mal à me passer de toi !

 

TOUTES, BELLES, comme des femmes aux sourires charmants… Vous nous invitez à votre bal tournoyant, dans une ivresse passagère,

                Ou bien vous éclatez en taches à la Pollock,

                Ou plus sobrement vous savez être pastel … mais parfois hélas, un peu rabattue, vous nous tirez vers le bas …

Quel réveil lorsque vous vous croyez au Pérou (1) !

 

(1)    Pérou : allusion aux couleurs vives de ce pays.

 

FREDERIC.P

 

Je suis bleu d'une rage froide et contenue.

Comme tous les matins, mon soleil radieux apporte tous les espoirs du monde.

Je veux le beau le bien, je me suis pourtant appliqué, et voilà encore et toujours la spirale des cauchemars.

Je voulais seulement m'amuser, et sans aucun répit ressurgissent les griffes du dégoût.

Pourquoi ?

 

 

Fauve mon soleil sauvage indomptable.

Rouge l'accident d'une vie de tourmente.

Écarlate, oh! ma blessure éclatante.

Doré Matrimandir aux disques irisés.

Émeraude grands chênes amis des forêts profondes.

Rose des planètes par myriade parmi les galaxies.

Incolore l’aube douce qui pointe enfin pour le veilleur.

Carmin le sang de ma vie au soleil levant.

 

Souvenirs de 5 à 10 ans:

Je me souviens de l'odeur des prés fauchés.

Je me souviens d'un paquebot France en plastique contenant une brosse à dents.

Je me souviens des hannetons tombant des arbres secoués.

Je me souviens du couscous de Smaeli.

Je me souviens de voir défiler en sifflant le pont de la rivière Kwaï.

Je me souviens de mon père tournant de l'œil à cause de mon arcade sourcilière ouverte.

Je me souviens de ma chienne Yowa.

Je me souviens du « chant des partisans » sous le préau de l’école.

Je me souviens de ma grand-mère trouvant que les Beatles ressemblaient à des filles.

Je me souviens d'être passé comme Tintin derrière une cascade.

 

Mes voeux les plus chers:

Prendre la route 66 en Harley-Davidson avec une bande de Bikers.

Participer à un triathlon.

Réaliser un jardin où se promener et parfois se perdre serait un immense plaisir.

Écrire un conte initiatique qui soit parlant aux petits comme aux grands.

Découvrir par hasard les ruines d'une cité perdue.

Parler une dizaine de langues étrangères, et lire dans le texte les auteurs grecs et latins.

Être un spécialiste du cinéma noir et blanc, gérer une cinémathèque et un ciné-club.

 

A quoi rêve t'il?

Il songe à demi assoupi

Il songe aux perles de pluie sur les carreaux

Au cheminement tortueux de leurs ruissellement

Là un ruisseau, là un torrent gonflé

Il songe aux bateaux de papier dans le caniveau

Il songe et bascule au pays des rêves

La pluie qui mouille de larmes son ours en peluche

La flaque boueuse qui engloutit son tricycle

Il songe mais l'orage est là terrifiant

Il songe et l'éclair zèbre l’aire jusqu'au fond de sa chambre

Sa douce marionnette devient un pantin hideux

Les rideaux s'enflent comme voiles en perditions

Il sombre sur un radeau entre les récifs

Il sombre au fond d'un tourbillon infernal

Où est donc le Capitaine Crochet?

Où se cache Alice et son Pays des merveilles ?

Il monte cet escalier de cave puant

Il monte et remonte, retombe et remonte

Enfin une bouffée d'air pur, perles de pluie sur les carreaux

 

 

 

Posté par flo guichard à 15:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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