14 mars 2018

Atelier a la galerie d'art des Citadines, Auroville, Inde

Janvier-mars 2O18

Dans le cadre de l'exposition sur la Genèse du Surhomme de Satprem

 

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Si vraiment nous voulons sortir du vieux monde;

Si vraiment nous avons décidé, au centre de nous-même, de nous connecter sur

l’oxygène du monde Nouveau - déjà en place, pas même à naître, mais existant.

Alors il nous faut intégrer l’oxymore. L’avaler, le digérer, le transformer. C’est une

question de vie ou de mort :

Tout ce qui croit dégringoler fait partie du vieux monde. Or ça ne dégringole pas :

ça se transforme. Tout ce qui croit dégringoler, c’est la vieille chenille qui ne sait

rien du papillon. Mais Toi, tu sais.

Tu es par-delà les limites du mental, et tu parles à cette pauvre petite chenille qui

vit qu’elle se meurt :

« Ce que tu prends pour une chute est, non pas une ascension, mais mieux encore : une

dé-couverte. Et cet étouffement ? Un élargissement de tes poumons. Tu es en train de

naître, petite chenille. Ton mental a tout mélangé parce qu’il n’a pas les bons yeux pour

voir. Regarde avec mes yeux, petite chenille qui contient le monde, qui contient Babel,

mais aussi la merveille.Accepte l’implosion de ce vieux monde emprisonnant et gris, et ris

avec moi : là, juste sous la surface, tu les sens, ces cascades d’or, qui te traversent à la vitesse

d’une lumière immobile ….. Respire…. Respire…. Respire …. To u t - v a -

b i e n . »

BB

 

 

Oeuvre choisie : Changement de vision - clé 8 ( Birgitta )

Mots : Visages - apparition - spontanéité - imagination - légèreté - perspective - liberté - monochrome - foule - voyage - temps.

 

 

La matière était informe, monochrome, certes mouvante mais vide de sens, non incarnée par quelque présence divine ou autre.

 

Ce mouvement ténu, empreint d’une légèreté celeste frétillait en attente d’une quelconque lumière, d’une quelconque apparition qui viendrait lui apporter un sens.

 

Il aurait fallu beaucoup de temps, d’imagination ou encore la spontanéité d’un tout petit enfant pour changer de perspective, se détacher d’anciennes formes et apercevoir enfin ces visages nouveaux, vivants de liberté et doucement composant une foule désireuse de voyages inédits.

 

 Claudine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Clé 11 «  Tout est là « 

  

Phrase choisie : «  En fait la mort n’est pas «  de l’autre côté «  elle est ici, à chaque instant, elle est toute mélangée à la vie, nous la promenons partout avec nous et, parfois elle devient la mort.

 

 

Tout est là.

 

Tout est contenu dans tout dit-on..

 

Et de fait la mort n’est pas de l’autre côté elle est ici…

 

Lorsque nous nous levons le matin et jetons un coup d’oeil au monde qui nous entoure, on peut apercevoir toutes les peurs de la création.

 

Celle de la mort est particulièrement omniprésente, viscérale, elle nous imprègne jusque dans nos cellules.. elle est ici à chaque instant, toute mélangée à la vie…

 

«  Elle nous tient en vie «  !

 

On tente à chaque minute qui passe consciemment ou inconsciemment de l’apprivoiser. On imagine des histoires, on jette des sorts, on se propulse précautionneusement dans la matière, on en deviendrait presque superstitieux…

 

Mais rien à faire nous la promenons partout avec nous. Elle nous dirige, nous tourmente et nous dicte la marche à suivre.

 

Surmonter cette peur.. voilà un chemin bien attirant pour apaiser cette angoisse fondamentale, sourire avec bienveillance à cette vie mortelle, s’abandonner sans retenue d’aucunes sortes afin de dénouer cette emprise imaginaire et accepter enfin que parfois ou pas la mort devienne mort.

 

Claudine

 

 

Un jour peut être l'humanité sera prête a la naissance, à l'accouchement d'une nouvelle version du logiciel ancien, dépassé, démodé.
Un jour peut être l'homme pourra transcender, faire un saut évolutif pour accoucher d'une nouvelle forme de lumière, avec moins de densité,

 

Un jour peut être, s'extirpant de la brume, des schémas inconscients, se poussant hors des chemins rabattus du mental, l'homme dans une aspiration féconde, dans une aspiration profonde sortira de la gangue obsolète qui l'enferme et le réduit a sa tête

 

Un jour peut être viendra l'aube d'un nouvel homme apportant l'éclairage, sur tout un passé révolu, apportant l'amour, la beauté, la vertu et laissant de côté les mesquineries égotiques dépassées, superflues

 

Un jour peut être, l'homme poussé par les forces du bien, du bon, pourra dépasser son ombre dans les moindres recoins, il laissera alors émerger pour de bon sa véritable dimension toute entière d'or, de connaissances, de millions d'étincelles divines assemblées par la vibration cosmique d'un son

 

Un jour peut être, l'homme émergera de la pauvre enveloppe qui lui sert de prison, et sortira par transmutation une nouvelle énergie de vie, mariage de la terre et du ciel dans une intime union, indicible et précieuse

 

Un jour peut être l'homme se dira qu'il est temps d'en terminer des guerres internes et externes, qu'il est possible de jouer une autre partition sur cette planète en évolution

 

Un jour sûrement, l'homme qu'il le veuille ou non devra grandir ou disparaître c'est là son destin, sa mission

 

De là seule pourra partir la nouvelle ère qu'il est amené à vivre en harmonie avec l'univers à l'unisson en laissant de côté ses travers, perversions pour embrasser enfin le Divin en son sein avec passion

 

 Maggie, Chapitre 13 « Et après »

 

 

 

Extrait (n°2) « La difficulté nest pas de découvrir la voie nouvelle, elle est de nettoyer ce qui bouche la vue. »

 

Début (n°11) « Tout est là »

 Tout est là. Vivant enfin ! Respirable enfin ! Mais petit homme, pensant, spiritualisant, parfois puissant : tu refuses de voir. De toutes tes forces tu refuses de voir.

 

De quoi  as-tu peur ? De quoi meurs-tu de peur ?

 

Oui, voir, cest accepter de renoncer à ce vieux monde, celui qui ta été inculqué depuis des millénaires, dincarnation en incarnation, de corps en corps, fil après fil, molécule après molécule, ce monde tissé en toi, comme irréfutable et qui hurle en silence, au plus profond (crois-tu, petit homme) de toi : « ATTENTION ! DANGER ! Si tu renonces à moi, tu meurs pour lÉternité. »

 

Maisquest-ce donc qui meurt, sinon la mort ? La difficulté nest pas de découvrir la voie nouvelle, elle est de nettoyer ce qui bouche la vue. Et ce qui bouche la vue, cest elle : cest la vibration de mort de nos peurs, de notre petitesse, de notre enfermement dans une peau mal ajustée.

 

Alors, petit homme pétri de peurs et darrogance défensive : accepte enfin de saisir cette pelle dor et creuse, creuse, creuse au coeur de tes souffrances. Transforme tout en joie et tu verras : la merveille était là, sous tes pas. Si seulement tu savais.

 

Tu sais.

 

(BB)

 

 

 

J'ai peur de tomber, je n'ai jamais aimé les chutes, en aikido je tombais dans les pommes, en planche
à voile je m’agrippais au mât, au ski je cherchais le zéro chute.
Je n'ai jamais réussi a plonger la tête à l'envers, peur de perdre la tête?
Pourtant je l'ai perdue plusieurs fois, emportée par le vertige de l'amour, décapitée par une vague
déferlante trop puissante pour mes racines chancelantes.
Je cherche le déséquilibre fertile, celui qui laisse émerger la beauté du désordre créatif afin de semer
et cueillir les fleurs de l'île enchantée et de les partager dans une ronde légère et agile tels des
acrobates de la vie qui n'ont pas peur de perdre pieds car les liens les unissent au delà des
frontières.
Plus besoin de filet de sécurité le grand réseau universel qui nous relie mieux que n'importe quel
GPS en rebond nous donne l'élan vital ou confiant plus haut plus bas plus loin. Pas de limites a
l'horizon.L'errance est une itinérance pleine de surprises.Nous retrouverons toujours le Centre, le
creuset d'où jaillit la flamme de l'amour infini.


Karine, Chapitre 9 « Le Moi le Plus Grand »

 


Toi qui porte ton regard vers un espoir meilleur, futur aléatoire qui viendrait calmer tes peines,
panser tes blessures, t'apporter la joie qu'un enfant reçoit de sa mère.
Comment peux tu trouver une foi sereine si tu ne changes pas ton regard pour laisser apparaître le
vrai, le beau qui est en toi?
Si tu n'ouvres pas ton coeur pour laisser jaillir de toi le feu qui brûle tes peines ? Ouvre le voile de
l'illusion qui t'amène à la découverte de ta vraie nature en acceptant pleinement ton incarnation ou
involution dans la matière, pour rayonner la joie et la vérité dans le monde


Hubert, Chapitre 4 « La bifurcation »

 

 

 

Il n'y a pas d'encombrements ! Pas d'adversaires pas d'obstacles pas d'accidents, pas de choses négatives tout est suprêmement positif, tout nous fait signe, nous pousse à la découverte.
Tout est là. Nous sommes les fils de la mère. Il n'y a rien à faire que de se taire.
Chaque chute, chaque franchissement, chaque passage nous serre un peu plus pour mieux naître.
Chaudement confiner dans le ventre rassurant, nous attendons notre heure.
Je n'aime pas ce Nous que je ne connais pas. Qui extériorise l'être. L'homme est fait à l'image de dieux, n'est ce pas ?

Mais de quel homme parle-t-on ? D'il, d'elle, de vous, de nous ? Qui est ce nous, toi et moi ?

Moi, je connais un peu, mais toi, que sais-je de toi, hein dis moi !


Je suis dans le ventre depuis huit mois et deux semaines. Ils m'attendent tous là haut. Il ne savent pas que nous étions deux.
Il n'y a pas d'encombrement, mon double s'est dissoud. Il s'est offert, sacrifié, pour me laisser l'espace.
Je flotte maintenant dans ce ventre devenu serré. Tout me tient, me carresse, me masse. Je me nourris de lui et d'elle.
Toi, tu es maintenant moi, nous formons 1.
1 plus 1 fait toujours 1. Quelle formidable découverte.
Je suis le yin, tu es mon yang, je suis la terre, tu es mon ciel, je suis la lenteur, tu es la vélocité, la légèreté et le haut.
A nous deux nous formons l'être parfait. L'être divin.
Je le sais maintenant. Je sais aussi que cette mémoire là disparaîtra et avec elle ton cadeau merveilleux.

Etait-ce nécessaire ?
Les vagues se font de plus en plus pressentes. J'entends l'agitation du dehors. Les rales, les consignes, les encouragements.
Cela serre si fort.
Ça y est je suis propulsé, malaxé, tiraillé. Ma tête est ceinte d'une couronne chaude et solide. Je butte.
Tous mes liquides sont comprimés, jusqu'à l'éclatement.
Je glisse.
Quel formidable sensation d'être pressé, déjà aimé et attendu pour le grand oeuvre.
C'est si agréable. Je prends une dernière fois, connaissance de chaque particule de mon être.
Chaque cellule se présente à moi avant le grand oubli.
Une impulsion et me voilà le bec ouvert. Je respire à plein poumon.
Qu'en pense les citrons ?                                                                     Anne. H

 

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01 novembre 2016

LA COULEUR ET LES MOTS

STAGE PEINTURE-ECRITURE ANIME PAR MARIE-CLAIRE BARSOTTI, ARTISTE PEINTRE ET FLORENCE GUICHARD, ANIMATRICE D'ATELIERS D'ECRITURE 

 

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Ce que Edna aime par dessus tout c'est faire des gribouillages .

 

Elle est née dans le CHAOS , des annees 50 , et a vecu une enfance docile , ou les VIBRATIONS exterieures ne la derangeaient pas.

 

Edna des la maternellle s'est vu confier un role , sa maman voulait que chaque samedi , edna lui apporte un tableau pour l'exposer sur le mur de sa chambre .

 

Au debut Edna a trouvé cela amusant ,surtout qu'a chaque tableau , elle recevait de la part de la maitresse un bonpoint et meme parfois un bonbon !

 

Alors Edna s'est mise a dessine son chien, son papa, sa maman , john son petit frere.

 

Ces oeuvres aux TRAITS bien nets faisaient le bonheur de sa maman .

 

Et puis un jour tout s'est arreté.

 

Les parents d'Edna ont demenagé et ses tableuax n'ont plus ete exposés faute de place dans le nouvel appartement .

 

Alors Edna n'a plus dessiné....

 

Les années ont passé ...

 

Edna est devenue une femme ,a eu des enfants , un mari .

 

Elle a beaucoup travaillé et aussi parcouru le monde , visité des villes, et a chaque fois qu'elle le pouvait elle allait visité un musée , enviant ces artistes au talent reconnu

 

Edna etait une femme débordée!

 

 

 

Un jour pourtant Edna a décidé que cette vie d'agitée devait s'arreter.

 

Elle est partie vivre a Auroville .

 

Et c'est la bas qu'Edna a repris avec ENTHOUSIASME la peinture .

 

C'est là qu'elle a compris que la femme qu'elle avait été n'était qu'une CARICATURE d'elle même.

 

Que cette femme ressemblait presque a la FEMME A BARBE de la foire du village de son enfance.

 

Aujourd'hui , Edna dessine des VOLUTES , , des TACHES , , mélangeant les COULEURS , avec un SOURIRE eclatant .

 

Et tous reconnaissent du talent dans les GRIBOUILLAGES de la belle Edna .

 

 

 

MICHEL.R

NOIR : tu es fort et dur par nature… Point trop ne t’invite, car tu écrases tout !

                En fin liseré, tu sais être serviable…

 

GRIS baleine, gris souris, gris délicieux, ou gris délictueux …

 

BLEU : proposé en deux tons, tu es un compagnon discret … Avec une pointe de jaune, tu jubiles en éclatante turquoise …

                Allongé de blanc, tu nous aères l’âme, nous amenant au ciel. Te mêlant au noir, tu nous conduis dans la nuit profonde …

                J’aime quand tu me fais de l’œil !

 

ROUGE : impétueux et sanglant, tu agresses notre âme, comme un champ de bataille… ou illumines de tragique les feux d’artifice.

                Adouci en rose, tu nous apportes la douceur, jusqu’aux tréfonds maternels… Mâtiné d’orange, tu nous réconcilies avec la vie, et c’est la fête !

 

VERT : aujourd’hui, point ne te veux … Tu habilles la nature de toutes les nuances, mais là n’est pas mon souci. Merci à toi, vert multiple !

 

JAUNE : citron ou banane, te voilà bien acide ! Avale un peu de blanc, et tu m’éclaireras … Doré à souhait, tu nous illumines  comme un soleil.

Pétille pour moi, jaune fou !

 

VIOLET : tout est question de nuance chez toi… Trop de bleu dans ta coupe, et te voilà glaçant !

                Mais empourpré comme un cardinal, tu sais nous séduire !

 

BLANC : couleur du début … et de la fin  ? Si nous te choisissons …

                Car tu n’existes que par réservation, ou en lumière finale …

                J’aurais du mal à me passer de toi !

 

TOUTES, BELLES, comme des femmes aux sourires charmants… Vous nous invitez à votre bal tournoyant, dans une ivresse passagère,

                Ou bien vous éclatez en taches à la Pollock,

                Ou plus sobrement vous savez être pastel … mais parfois hélas, un peu rabattue, vous nous tirez vers le bas …

Quel réveil lorsque vous vous croyez au Pérou (1) !

 

(1)    Pérou : allusion aux couleurs vives de ce pays.

 

FREDERIC.P

 

Je suis bleu d'une rage froide et contenue.

Comme tous les matins, mon soleil radieux apporte tous les espoirs du monde.

Je veux le beau le bien, je me suis pourtant appliqué, et voilà encore et toujours la spirale des cauchemars.

Je voulais seulement m'amuser, et sans aucun répit ressurgissent les griffes du dégoût.

Pourquoi ?

 

 

Fauve mon soleil sauvage indomptable.

Rouge l'accident d'une vie de tourmente.

Écarlate, oh! ma blessure éclatante.

Doré Matrimandir aux disques irisés.

Émeraude grands chênes amis des forêts profondes.

Rose des planètes par myriade parmi les galaxies.

Incolore l’aube douce qui pointe enfin pour le veilleur.

Carmin le sang de ma vie au soleil levant.

 

Souvenirs de 5 à 10 ans:

Je me souviens de l'odeur des prés fauchés.

Je me souviens d'un paquebot France en plastique contenant une brosse à dents.

Je me souviens des hannetons tombant des arbres secoués.

Je me souviens du couscous de Smaeli.

Je me souviens de voir défiler en sifflant le pont de la rivière Kwaï.

Je me souviens de mon père tournant de l'œil à cause de mon arcade sourcilière ouverte.

Je me souviens de ma chienne Yowa.

Je me souviens du « chant des partisans » sous le préau de l’école.

Je me souviens de ma grand-mère trouvant que les Beatles ressemblaient à des filles.

Je me souviens d'être passé comme Tintin derrière une cascade.

 

Mes voeux les plus chers:

Prendre la route 66 en Harley-Davidson avec une bande de Bikers.

Participer à un triathlon.

Réaliser un jardin où se promener et parfois se perdre serait un immense plaisir.

Écrire un conte initiatique qui soit parlant aux petits comme aux grands.

Découvrir par hasard les ruines d'une cité perdue.

Parler une dizaine de langues étrangères, et lire dans le texte les auteurs grecs et latins.

Être un spécialiste du cinéma noir et blanc, gérer une cinémathèque et un ciné-club.

 

A quoi rêve t'il?

Il songe à demi assoupi

Il songe aux perles de pluie sur les carreaux

Au cheminement tortueux de leurs ruissellement

Là un ruisseau, là un torrent gonflé

Il songe aux bateaux de papier dans le caniveau

Il songe et bascule au pays des rêves

La pluie qui mouille de larmes son ours en peluche

La flaque boueuse qui engloutit son tricycle

Il songe mais l'orage est là terrifiant

Il songe et l'éclair zèbre l’aire jusqu'au fond de sa chambre

Sa douce marionnette devient un pantin hideux

Les rideaux s'enflent comme voiles en perditions

Il sombre sur un radeau entre les récifs

Il sombre au fond d'un tourbillon infernal

Où est donc le Capitaine Crochet?

Où se cache Alice et son Pays des merveilles ?

Il monte cet escalier de cave puant

Il monte et remonte, retombe et remonte

Enfin une bouffée d'air pur, perles de pluie sur les carreaux

 

 

 

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07 octobre 2014

Les métiers imaginaires dont rêvent les écrivains d'Auroville

ARLET

LA FEE DANS LE TABLEAU 
Un grand tableau
Aux dimensions demesurées 
Hors norme et plutot dans les trop 
Etait majestueusement posé 
Sur un support bien carré 
Aux proportions déterminées .....
Au dedans 
Ds son infiniment grand 
Mêlant le bleu du ciel 
Dans le brun couleur miel,,,
Une tranparence laissait paraitre
Un filet de lumiere fin a son fete ....
Perdue dans cette image 
Je me laissais aller a l'ouvrage 
De sentir les couleurs 
au plus profond de mon labeur..
Le pinceau a la main 
Je me lançais au petit matin
Pour une nouvelle touche de cepia
Qui soudain m'entraina
Dans une douce meditation 
Avec ....passion 
A mon reveil....
De cette brève errance
J'allais alors avec merveille 
Mêler le jaune à outrance ....
Quand soudain apparut 
Là ...Devant moi 
Minuscule comme un pois 
Une fée entièrement nue 
Aux douceurs angevines 
Et à l'allure  caline ..
Une baguette ,,,de la main 
Elle agitait 
D' un doigt malin 
Elle tournoyait ........
Ses petits seins fragiles 
Se gonflaient soudain graciles 
Et devenaient presque agiles 
De rondeur 
D'apesanteur ...
Elle avait un sourire d'enfant
Et clignait de son oeil savant 
En me regardant ..
Surprise et réjouie a la fois 
De voir une fée devant moi 
Se transformer en campanule 
faire des arabesques et des bulles
Avec sa bouche en forme de fleur 
Elle lança ,,,dans ma torpeur ....!!
Je suis ici ...n'ait aucune peur ...!!
Je vais finir ta toile 
En y mettant un léger voile 
dans une envolée lyrique
Sur un fond de ton brique ...
Alors , je lui passais mon pinceau 
Et en un tour de main 
Le décor devint plus beau 
Qu'un champ de jasmin ..
On s'est quitté 
Sur un baiser 
Enchantée;
De cette douce fée..
GILDO
Le ciseleur de bananes !

Le ciseleur de banane n'est pas un des plus vieux métier du monde comme la fille de joie dans sa maison close ou sur le trottoir. Non, il est même relativement récent puisqu'il est né suite à la publication, il y a quelques années seulement, des directives européennes relatives à la forme que doivent impérativement avoir les fruits et légumes commercialisés sur le marché européen.  La courbure standard de ces deux produits définie avec la précision de l'horloger suisse concerne non seulement les bananes mais aussi les concombres, les aubergines et autres courgettes.

 

Ces ciseleurs de fruits et légumes arpentent donc quotidiennement au milieu de la nuit et par légions  les allées du méga-marché frais de Rungis dans la banlieue parisienne. Efficacité oblige, chacun normalement est spécialisé dans soit un fruit soit un légume, rarement un fruit et un légume ou deux fruits ou deux légumes…

 

Ce métier n'est pas rémunéré. Chaque ciseleur doit récupérer les déchets de son ciselage pour en faire d'excellentes compotes, confitures ou autres fruits confis et des plats cuisinés comme les soupes juliennes ou encore des pizzas végétariennes sans oublier les jus exquis de fruits ou de légumes.

 

Les ciseleurs les plus doués et entreprenants arrivent à faire fortune, des fortunes parfois colossales qu'ils se gardent bien de réinvestir dans le commerce des fruits et légumes. Ils préfèrent investir en bourse et acheter des actions Total, Facebook, Microsoft et que sais-je encore. Ils s'entourent de gestionnaires de fortunes compétents , le plus doué et très prisé n'étant autre que DSK Investment Bank.

 

Les héritiers de ces ciseleurs ne pensent pas à faire le métier de leur père préférant des activités plus prestigieuses et encore mieux rémunérées comme les nez créateurs de parfums, stylistes de mode et chirurgiens re-modeleurs de seins ou recouvreurs de virginité.

 

 

 

ROBERT
                                                                                 
 LE PLONGEUR DE TOISONS

Il existe de vieilles légendes qui remontent si loin dans les temps anciens qu’il fallut creuser plus de mille mètres dans le sol de ce que l’on appelle aujourd’hui la Nouvelle Terre des Confins du Grizzly et encore cette excavation n’en était que le fastidieux préambule puisque encore fallait-il y reconnaitre et classer laborieusement les écrits et pièces éparses qui aujourd’hui donnent vie à la légende du « Plongeur de Toisons ».

En ces temps plus qu’anciens, les populations d’alors vivaient sous un système très élaboré de castes comme aujourd’hui on en voit encore dans certaines contrées non encore complètement acquises aux bienfaits de la structure consommaticopolitique en vue de l’éparpillement des consciences enclavées, communément appelé SCECE.

Revenons à nos moutons puisqu’ il s’agit ici bien sûr de toisons. De cette ancienne société des Confins du Grizzly il faut retenir une réalité ixexpugnable, c’est à dire le climat, cela se passait dans l’Eocène, autre formulation pour dire Ere Glaciaire et le rôle du Plongeur de Toisons n’en était que plus important. Vu le climat qui y régnait, chacun des citoyens devait se revêtir une toison chaque matin qu’il honorait, il ou elle devait donc s’affubler du haut vers le bas et de droite à gauche, sans oublier du devant vers l’arrière, d’une épaisse toison de mouton préhistorique communément appelé Excoteletterus.

Imaginez une population qui déambule au petit matin dans les rues de la bourgade tous vêtus de toisons semblables, blanches et épaisses, cela ressemble à s’y méprendre à un troupeau , ne croyez-vous pas ?

Sous l’impulsion d’un souverain dont la légende court encore sous terre, Ovin le dixième, fut créée la caste des Plongeurs de Toisons, ainsi selon le rôle de chacun il était assigné une couleur et certaines vertus correspondantes à la toison revêtue et les Plongeurs étaient devenus au fil du temps les maitres invétérés des vertus toisoniques. De savants mélanges d’herbes, de poudres enchantées et de minéraux rares étaient utilisés lors des trempages qui parfois pouvaient durer quelques années.

Ainsi le rouge était réservé aux gardiens de l’ordre appelés aussi les Gallus Coercitus. Outre le blindage de leurs toisons, la couleur les protégeait de certaines conséquences fâcheuses  lors de la répression de certaines manifestations des sous-classes, telles le déversement de liquides organiques qui ne venaient en aucun moment ternir la digne robe des matamores publics.

Et ainsi de suite, étaient consacrées ensemble couleurs et occupations par la Guilde des Plongeurs de Toisons.

( Prochain épisode :  La Schroumpfette Polaire )
TAJ

Un métier imaginaire
Enfant, j’ai connu un homme étrange, dans une ville pas très loin d’ici, au coeur
d’une cité dortoir, de l’une de ces banlieue retirées au visage gris que l’on trouve à la
périphérie de nos grande villes et qui sentent bon le mérite, le prolétariat et la Harissa.
Son accoutrement qui était sans équivoque celui du genre masculin me fais dire “ un
homme ”. Mais en seconde observation on remarquait la figure élancée, la finesse des
articulations, le port de tête, les pommettes hautes qui encadraient des yeux doux et
surtout les mains blanches longues et fines qui auraient tout aussi bien pu faire penser
qu’on avait a faire à une femme. À moins qu’il ne ce soit s’agit de l’un de ces êtres
rares et singuliers à qui la nature à fait don des deux sexes.
Sous une redingote noire élimée, qui jadis avait dû connaître les feux de la rampe, se
trouvait un vieux tricot de coton gris dont la capuche était en permanence relevée sur
la tête et qui déclarait U.C.L.A. en grosses lettres au pourtour blanc et angulaire. Des
jeans fendus aux genoux bien avant que ce ne soit chic tirbouchonnaient aux chevilles.
Pour finir des chaussures de ville noires a bout carré, un petit peu trop grandes, et qui
avait probablement, dans leur vie avant les Emmaüs, arpenter la moquettes des bureaux
du centre ville. Voici les oripeaux dont il se revêtait et c’est pourquoi je continuerai a
l’appeler “ il ”.
Il, donc, poussait devant lui un chariot de super-marché rouillé avec une roue folle et
dans lequel se trouvait un bric a brac incohérent. Je pouvais y apercevoir une collection
d’objets hétéroclites. Un tube au néon, une râpe à fromage, du câble électrique, un
rouleau de papier à tapisser, une louche, une paire de tenailles, un tutu, une chaîne
d’arpenteur, des patins à roulettes, une vieille guitare écaillée à laquelle manquait deux
cordes, une balance portant une mention rouge en lettres cursives : Charcuterie Bonnot,
une batterie de voiture, des échasses, des béquilles, quelques magazines coquins, une
plaque bleu roi sur laquelle on pouvait lire : Rue du lac – Vème arrondissement. Voilà
certain des objets que j’arrivais a distinguer dans cet amas disparate et dont mon regard
n’a jamais pu sonder les profondeurs.
J’avais douze ans, nous nous étions lié d’amitié et j’avais pris pour habitude de
l’escorter dans ses pérégrinations quotidiennes aussitôt que ce sacré Charlemagne
m’en accordait le loisir. Tous les jours, il couvrait des kilomètres d’une marche lente
et calme sans se préoccuper du chaos environnant, et sans non plus se soucier que je
le suivisse trois pas en retrait. Il arrivait qu’il s’arrêta pour un motif incompréhensible.
Soudainement il restait là suspendu dans sa marche, les yeux fixés sur quelqu’un ou
quelque chose qui accaparait tout son être sans que je ne sois jamais arrivé a distinguer
ce que ce fut. Le plus souvent les causes de ses détours ou de ses haltes étaient limpides.
Je l’ai vu aider de vieilles dames à traverser la rue. Je l’ai entendu raconter l’histoire

de la culotte à deux trous à des pompiers exténués, noir de suie. Il était généreux de

petits gestes ; refaire un lacet, sourire a un gendarme, faire une marelle en portant la

petite africaine paraplégique de la tour C dans les bras, ou encore redresser in extremis
la main d’un enfant distrait quand la boule de glace allait s’échapper du cornet. Une
fois même je l’ai vu recoudre un bouton rouge sur le manteau bleu d’un petit garçon.
Il arrivait qu’il s’arrêta plus longtemps pour tenir un moment la main d’un vieillard au
regard vide qui débordaient de larmes. Sa journée n’eut pas été complète sans une visite
à la petite mémé assise sur une chaise pliante dans un recoin du centre commercial.
Chaque jour il venait lisser ses cheveux blancs, lui murmurer des douceurs à l’oreille
et chaque jour sans faillir il l’embrassait tendrement sur le front avant de s’absenter.
Un jour nous avons rencontré une fillette d’une huitaine d’années qui sanglotait à
chaude larmes, assise sur les marche du perron de la tour où elle habitait avec ses grandparents.
Tous dans la cité connaissait l’histoire tragique de cette enfant. Quinze jours
plus tôt elle avait été faite orpheline dû au mauvais fonctionnement cruel d’un passage
à niveau automatique. La Renault 4 de papa, maman, n’avait pas fait le poids face à
la masse d’un train lancé à toute vitesse. La pauvrette n’en pouvait plus de sangloter,
elle venait de perdre son ballon jaune, un cadeau que ses parent lui avaient fait pour la
consoler de l’abandonner pour un jour à la garde de ses grand-parents, ce jour maudit
qui n’en finirait jamais. Assis à coté d’elle sur les marches, une larme a roulée sur la
joue de mon compagnon lorsqu’elle lui racontait son chagrin. Il y eu un flottement
incertain et pour la première et dernière fois j’ai vu mon ami affligé du visage de la
désolation. Finalement une lueur se format au fond de ses yeux qui se transforma en
étincelle. Il prit la fillette par la main et l’emmena sur le toit de l’immeuble. Là, allongés
à plat dos sur le gravier du toit, ils devisèrent sans se presser de toutes les formes qu’ils
apercevaient dans les nuages au dessus d’eux. Enfin ils virent passer les parents de
l’enfant qui jouaient à se lancer le ballon. Je crois même qu’ils échangèrent des signes
de la main. Finalement ils redescendirent avec des hurlements de joie. Ils franchirent
la porte du rez-de-chaussée, l’angelot juché sur les épaules de mon camarade riant à
gorge déployée, tandis qu’il sautillait en esquissant des pas de samba.
Une fois nous discutions des choses importante de la vie assis sur un muret au abords
d’un terrain vague. Nous échangions sur la couleur du vol des oiseaux, le souffle
des feuilles qui poussent, le sommeil de la terre glaise, le poids d’un sourire. Nous
avions d’autres considérations tout aussi essentielles : la musculature du vers à soie, la
longévité des câbles d’ascenseur, le système de refroidissement des volcans ou encore
le quotient intellectuel du Président de la République. Nous parlions a l’infini et nous
nous amusions beaucoup. Pourtant un jour je gaffais, je lui posait une question sérieuse :
« Que fais-tu pour survivre ? » lui demandais-je.
« Comme tu y vas mon jeune ami ! Me rétorqua-t-il aussitôt. À t’entendre on pourrait
croire que la vie est une épreuve qu’il nous faut surmonter, dont il faudrait survivre.

Sache, frère, que la vie se passe parfaitement bien de moi ou de toi. La Vie se charge

de vivre, moi je n’ai rien d’autre à faire que d’être. »

Cette réponse sibylline ne satisfaisait pas ma curiosité, j’insistais :
    « Oui, mais je voulais dire, quel est ton travail ? »
Un sourire frondeur illumina son visage et il me répondit en me baignant d’un regard
chaud et pénétrant :
     « Je suis l’assommeur de soucis, le bousilleur de chagrin, le démolisseur de tristesse,
le flingeur de cafard, l’étrangleur de douleur, le refroidisseur de larmes, le pourfendeur
de contrariété, le zigouilleur de mélancolie »
Il se mit a fredonner :      Donnez moi vos chagrins,
                                     Je vous rends des lapins.
                                     Lancez moi vos soucis,
                                     Je les tourne en ouistitis.
                                     Offrez moi vos malheur,
                                     J’en ferais de la crème au beurre.
Peu de temps après cette conversation il s’évapora à jamais. Il sortit de ma vie comme
il y était entré sans fanfare ni violons. Au cours des années j’ai gardé un bleu au coeur,
sondant le rôle qu’avait pu jouer ma question indiscrète dans la disparition de mon ami.
Aujourd’hui l’adulte que je suis devenu en arrive à se demander si j’ai vraiment
connu cet être exceptionnel ou si mon imagination d’enfant en créa la forme et la
présence pour m’évader de ce quartier triste et opprimant. Cela se peut. Mais ma
mémoire s’embrume et je ne suis plus sûr de rien.
Ce qui reste c’est un exemple, une inspiration, une aspiration et la conviction profonde
qu’un sourire aide mieux qu’un conseil, une caresse soigne mieux qu’une potion.
                       Déroulez vos désespoirs,
                       En voilà des perchoirs.
                       Étalez vos douleurs,
                       Ce sont des crayons de couleurs.
                       Envolées vos peines,
                       On en a fais des baleines.
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