18 avril 2021

Voile et écriture

Ecritures au fil des vagues par DONATIENNE

 

1)

Mer. Immensité ressourcement

Joie d une liberté de mouvement retrouvé, sensation de bercement

Infini et tout

Beauté appartenance

camaïeu de bleue et de lumière.

Départ

 

2) Nous habitions à la mitre, très jeune avec mes frères et sœurs nous descendions seuls à la plage militaire. J adore cette crique, ce rocher à forme étrange qui me paraissait immense et qui a pris des dimensions plus raisonnables avec le temps. A l’époque il y avait un radeau amarré, nous faisions la course pour y arriver le premier à la nage, les plus âgés surveillaient les plus jeunes. Nous adorions trouver des merveilles au fond à indiquer, à montrer aux autres. Souvent nous allions plus loin pour faire les concours de plongeons.

 

3) Celui qui se réveille au son des mouettes qui accompagnent les pêcheurs au matin, celui qui traverse l univers pour se retrouver lui enfin dans la gratitude, celui qui affronte la tempête comme une vengeance de son enfance, celui qui veille en haut du phare au cœur de la tempête, celui qui aperçoit à l horizon le fanal de son port de naissance, celle qui se lance dans l aventure du grand large avec son seul courage et sa joie de vivre, celle qui prend la mer pour pêcher au petit matin frileux, celui qui scrute l’horizon à la recherche de son amie, celui qui rencontre une pieuvre et devient son ami,

Celui qui crée des ponts entre des mondes que l océan séparé.

 

4) Celui qui traverse l univers pour se retrouver lui enfin dans la gratitude

Une grande crinière blonde mal peignée sous un un bonnet en laine, des yeux bleus océans adoucissant la sévérité du regard farouche ce celui qui veut aller plus loin,

Dans son for intérieur la recherche d un ailleurs d un monde moins cruel et stupide qui se réveille et se lève pour dire non sans colère sans ressentiment juste une volonté exprimée.

Il sentait bien que quelque chose avait changé, sa colère avait changé de couleur, de noire au départ. Elle avait viré au rouge sang avec des envies de vengeance et là devant l immensité il la sentait prendre des nuances violettes et dorées , il avait du mal à se rappeler ce qui l avait tant blessé. En fait n’était ce pas lui même qui s était fait cette blessure au fer rouge tout seul. Ne l’avait il pas entretenue jusqu’à cet îlot de verdure perdu dans l océan où la vie bruissait; les insectes et les oiseaux chantaient des mélodies harmonieuses, l’ air empli de vibrations. Tout à coup il sentait la douceur de l’air emplir ses poumons et dissoudre peu à peu son magma intérieur . Et tout à coup une vague de gratitude pour ce coup de tête qui lui avait fait prendre la mer mais aussi la mesure que sans ces événements, il n aurait probablement jamais su de quoi il était capable dans la tempête comme dans la petole la plus désespérante et là il touchait au but. Enfin il voyait le cadeau de la vie.

 

 

5)Au bord de la Méditerranée, au printemps se rassemblent les petites ecuillettes , elles sont si petites que personne ne les voit, mais elles viennent écouter le bruissement du monde pour en rendre compte au cœur profondeurs.

 

 6)

Être libre toujours tu chériras la mer

La mer est un maître

Son enseignement est à différents niveaux

Toujours elle t’apprend sur toi et sur la vie

Regarde là chéries là et tu comprendras davantage sur la vie et sur toi

Les erreurs parfois sont amères les joies immenses et douces

La mer avec sa vastitude t ouvre des horizons insoupçonnés

Au delà et en dedans de toi.


08 mars 2021

Créer un nouveau monde

MON UTOPIE DU JOUR

 

 à la tortue Modestine

et aux passantes

de l'atelier d'écriture Utopie

 

Connaissez-vous l'île de Modestine ?

 

Elle ne fait pas de bruit et croit

aux traversées obstinées dans le vert.

 

Peut-on dire qu'elle règne ? À la rigueur,

mais en toute discrétion,

ou bien alors

si régner se fait en s'écrasant

comme le chien Fiore

au beau milieu de la sieste méridienne.

 

L'île de Modestine est prospère à souhait

pour qui savoure les feuilles sans peur d'en manquer.

 

À l'heure où j'écris ces lignes,

les habitants de l'île sont

dix femmes et un homme, un chien, une tortue

sans oublier la cohorte des invisibles

qui accompagnent l'atelier jusqu'au soleil du couchant.

 

Mais il peut arriver qu'ils deviennent

dix tortues et un chien, ou dix hommes et une femme etc...

 

L'essentiel pour eux est

qu'ils désapprennent à compter

en méditant sous carapace ou en faisant des roulés-boulés.

 

Les habitants de l'île de Modestine

ont établi une constitution, à force de dur labeur

entre les feuillages et les saisons,

mais le jour où ils l'ont achevée, un coup de vent

séditieux a emporté tous les feuillets, tous les articles

dans la mer qui entoure l'île.

 

Les commentateurs aguerris doutent que l'île de Modestine

puisse tenir longtemps encore

sans chamaillage de silences.

C'est parier sans compter

sur l'agilité des Modestiniennes,

leur capacité à déjouer les pratiques imbéciles.

Les commentateurs deviendront hors service

bien avant l'échappée belle des Modestiniennes.

 

Sur l'île de Modestine, on n'en a jamais fini

avec le cheminement des intelligences, à commencer

par le ras des pâquerettes.

 

Entrer en vibration avec l'autre

est le sport national en vigueur.

DOMINIQUE SORRENTE

 

Endoume, le 8 mars 2021   

 

Modestine en action

 

 

 

 

POURQUOI NE PAS IMAGINER LE MEILLEUR?

 

 

C’est quoi le meilleur?Le meilleur de quoi ? Le meilleur pourquoi?

 

Est ce un mot qui existe dans toutes les langues, sur tous les continents?

 

C’est comme le bonheur ! Depuis quand ça existe? Le meilleur du bonheur, ou le bonheur du meilleur?

 

Je dirais  tout simplement ; pourquoi ne pas vivre  avec ce qui est, là, juste devant nous, qui nous est offert chaque jour.

 

Quel est ce besoin d’ailleurs, de meilleur?

 

Je n’aime pas le terme « meilleur », ça me rappelle, l’école avec le meilleur de la classe.Ce n’était ni le plus heureux, ni le plus humain.

 

Aussi, je vails mettre ce terme de côté, et en proposer d'autres.

 

Pourquoi ne pas imaginer, l’étonnement, l’émerveillement, la beauté et l’harmonie de chaque moment de Vie?
                                                                                                                                                    Marie-Françoise MONTEBELLO

 

 

 

UN MONDE NOUVEAU

 

Quand j’étais enfant, souvent quand la nuit tombait, je m’accoudais à la  fenêtre et je regardais la rue éternellement déserte .Je rêvais alors d’un autre monde.

 

Alors que je voyais dans la vallée, les hauts fourneaux hurlants cracher leurs flammes dans la nuit du ciel, je  levais le regard pour m’accrocher aux étoiles,et aller vers ce monde nouveau, émergeant de l’infini.

 

Il fallait alors inventer un pont, qui pouvait me faire passer de la fenêtre ou j’étais accoudée à la planète la plus proche.

 

En suivant la passerelle, qui émergeait en  transparence,j’avançais telle une funambule somnambule vers cette autre planète, trés lumineuse.

 

Le saisons étaient transparentes, les arbres clairs, les chemins étoilés, les montagnes vivantes,les habitants vêtus de fleurs. C’était la planète des Fleurs, des odeurs célestes, de la mousse et de la pousse.

 

Un immense jardin vivant  qui m’invitait à le suivre.

 

Je l’effleurais à peine , de façon aérienne, puis  je retournais tranquillement à ma fenêtre, recueillement au plus profond de moi, ces belles images de liberté.

 

Etre en permanence  à la recherche d’un monde nouveau, ne serait-ce pas en miroir , cultiver l’imaginaire et le dépassement de Soi?

*

                                                                                                                                                               Marie-Françoise MONTEBELLO

 

 

 

Pourquoi ne pas imaginer le meilleur ?

 Pourquoi ne pas imaginer le meilleur ?

Le pire fait tellement plus de bien parfois.

Le pire troue les oreilles, arrache les pas,

casse les mémoires, abrutit les journées.

 

Le pire vit au fond du bassin où j'imagine notre noyade.

Elle eut lieu dans une rivière en Norvège.

J'ai longtemps vécu au fond de ce bassin,

puis d'un seule coup de la pointe du pied,

une poussée inconnue m'est venue,

me faisant remonter vers le haut.

 

Le meilleur vivait là, tout seul, sur le rebord du monde,

sans aucune imagination.

Il m'a tendu une serviette éponge

et m'a souri.

Puis il m'a montré la couverture d'un carnet

à écrire. Il y avait ces mots d'Oscar Wilde:

j'ai les goûts les plus simples du monde.

Je me contente du meilleur.

 

Il m'a montré la couverture d'un carnet à écrire.

 

DOMINIQUE SORRENTE

 

 

 

Posté par flo guichard à 18:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

04 avril 2020

Rions et abusons du rire pendant le confinement

Spécial confinement

Rencontres hebdomadaires en ligne

 

ATELIER ECRITURE DU 3 Avril                   Thème » humour Raymond Devos « 

 

DOM.H

Exercice 1

Parler d’un objet d’une façon absurde

 

Une poubelle , c’est un objet indispensable et pourtant qui sert à jeter des choses non indispensables .

Si vous n’avez pas de poubelle vous ne pouvez pas vous débarrasser des objets que vous ne voulez plus, et c’est indispensable de jeter les choses dispensables.

Comment un objet indispensable peut-il engloutir les choses que l’on pensait indispensables la veille en les transformant en rien d’indispensable ?

Tout simplement parce que la poubelle est indispensable !

 

 

Exercice 2

 

Intégrer dans un texte des expressions avec le mot TÊTE

 

Mon fils me fait la tête depuis que je lui ai annoncé que ce soir nous j’avais préparé pour le dîner une tête de veau .

Il avait en tête depuis hier d’aller au restaurant en tête à tête avec moi, et cela me met la tête à l’envers .D’habitude il a la tête sur les épaules, et se creuse pas la tête.

Mais aujourd’hui, c’est une prise de tête, il marche dans l’appartement sans queue ni tête, il a une tête a claque et n’en fait qu’à sa tête.

Alors je le traite de tête de mule , et lui me traite de tête de veau !

Il me tient tête et je me tape la tête contre les murs

Je n’ai plus en tête que mon mal de tête !

Adieu ma tête de veau !

Vive le tēte à tête !

 

 

Exercice 2

Commencer par « actuellement », « sans dessus sans dessous »

 

Actuellement, tout est sans dessus dessous, on confine dans tous les sens ,

Dessous dessus, dedans dessus,dessous dedans ...

On fait les cons...les con.. finis ...les confinés

Finis les moments dessous les parasols , dessus les transats

,on finit par vivre en dessous de tout .

 

Tout est au dessous de tout ,

Tout est au dessus de nous.

Nous sommes sans dessus dessous

Souls de confinement,

Sans le sou

Sur le derrière,

Sous l’eau !

Comme des con..finés ....

01 novembre 2016

LA COULEUR ET LES MOTS

STAGE PEINTURE-ECRITURE ANIME PAR MARIE-CLAIRE BARSOTTI, ARTISTE PEINTRE ET FLORENCE GUICHARD, ANIMATRICE D'ATELIERS D'ECRITURE 

 

Amies 2 jpg  unnamed (2)  unnamed (3)  IMG_6162 

                  

IMG_6177  IMG_6175  IMG_6161  IMG_6165 

IMG_6173     IMG_6187  IMG_6186 unnamed (5) 

 

 

DOMINIQUE. H      IMG_6184   IMG_6183

 

  

Ce que Edna aime par dessus tout c'est faire des gribouillages .

 

Elle est née dans le CHAOS , des annees 50 , et a vecu une enfance docile , ou les VIBRATIONS exterieures ne la derangeaient pas.

 

Edna des la maternellle s'est vu confier un role , sa maman voulait que chaque samedi , edna lui apporte un tableau pour l'exposer sur le mur de sa chambre .

 

Au debut Edna a trouvé cela amusant ,surtout qu'a chaque tableau , elle recevait de la part de la maitresse un bonpoint et meme parfois un bonbon !

 

Alors Edna s'est mise a dessine son chien, son papa, sa maman , john son petit frere.

 

Ces oeuvres aux TRAITS bien nets faisaient le bonheur de sa maman .

 

Et puis un jour tout s'est arreté.

 

Les parents d'Edna ont demenagé et ses tableuax n'ont plus ete exposés faute de place dans le nouvel appartement .

 

Alors Edna n'a plus dessiné....

 

Les années ont passé ...

 

Edna est devenue une femme ,a eu des enfants , un mari .

 

Elle a beaucoup travaillé et aussi parcouru le monde , visité des villes, et a chaque fois qu'elle le pouvait elle allait visité un musée , enviant ces artistes au talent reconnu

 

Edna etait une femme débordée!

 

 

 

Un jour pourtant Edna a décidé que cette vie d'agitée devait s'arreter.

 

Elle est partie vivre a Auroville .

 

Et c'est la bas qu'Edna a repris avec ENTHOUSIASME la peinture .

 

C'est là qu'elle a compris que la femme qu'elle avait été n'était qu'une CARICATURE d'elle même.

 

Que cette femme ressemblait presque a la FEMME A BARBE de la foire du village de son enfance.

 

Aujourd'hui , Edna dessine des VOLUTES , , des TACHES , , mélangeant les COULEURS , avec un SOURIRE eclatant .

 

Et tous reconnaissent du talent dans les GRIBOUILLAGES de la belle Edna .

 

 

 

MICHEL.R

NOIR : tu es fort et dur par nature… Point trop ne t’invite, car tu écrases tout !

                En fin liseré, tu sais être serviable…

 

GRIS baleine, gris souris, gris délicieux, ou gris délictueux …

 

BLEU : proposé en deux tons, tu es un compagnon discret … Avec une pointe de jaune, tu jubiles en éclatante turquoise …

                Allongé de blanc, tu nous aères l’âme, nous amenant au ciel. Te mêlant au noir, tu nous conduis dans la nuit profonde …

                J’aime quand tu me fais de l’œil !

 

ROUGE : impétueux et sanglant, tu agresses notre âme, comme un champ de bataille… ou illumines de tragique les feux d’artifice.

                Adouci en rose, tu nous apportes la douceur, jusqu’aux tréfonds maternels… Mâtiné d’orange, tu nous réconcilies avec la vie, et c’est la fête !

 

VERT : aujourd’hui, point ne te veux … Tu habilles la nature de toutes les nuances, mais là n’est pas mon souci. Merci à toi, vert multiple !

 

JAUNE : citron ou banane, te voilà bien acide ! Avale un peu de blanc, et tu m’éclaireras … Doré à souhait, tu nous illumines  comme un soleil.

Pétille pour moi, jaune fou !

 

VIOLET : tout est question de nuance chez toi… Trop de bleu dans ta coupe, et te voilà glaçant !

                Mais empourpré comme un cardinal, tu sais nous séduire !

 

BLANC : couleur du début … et de la fin  ? Si nous te choisissons …

                Car tu n’existes que par réservation, ou en lumière finale …

                J’aurais du mal à me passer de toi !

 

TOUTES, BELLES, comme des femmes aux sourires charmants… Vous nous invitez à votre bal tournoyant, dans une ivresse passagère,

                Ou bien vous éclatez en taches à la Pollock,

                Ou plus sobrement vous savez être pastel … mais parfois hélas, un peu rabattue, vous nous tirez vers le bas …

Quel réveil lorsque vous vous croyez au Pérou (1) !

 

(1)    Pérou : allusion aux couleurs vives de ce pays.

 

FREDERIC.P

 

Je suis bleu d'une rage froide et contenue.

Comme tous les matins, mon soleil radieux apporte tous les espoirs du monde.

Je veux le beau le bien, je me suis pourtant appliqué, et voilà encore et toujours la spirale des cauchemars.

Je voulais seulement m'amuser, et sans aucun répit ressurgissent les griffes du dégoût.

Pourquoi ?

 

 

Fauve mon soleil sauvage indomptable.

Rouge l'accident d'une vie de tourmente.

Écarlate, oh! ma blessure éclatante.

Doré Matrimandir aux disques irisés.

Émeraude grands chênes amis des forêts profondes.

Rose des planètes par myriade parmi les galaxies.

Incolore l’aube douce qui pointe enfin pour le veilleur.

Carmin le sang de ma vie au soleil levant.

 

Souvenirs de 5 à 10 ans:

Je me souviens de l'odeur des prés fauchés.

Je me souviens d'un paquebot France en plastique contenant une brosse à dents.

Je me souviens des hannetons tombant des arbres secoués.

Je me souviens du couscous de Smaeli.

Je me souviens de voir défiler en sifflant le pont de la rivière Kwaï.

Je me souviens de mon père tournant de l'œil à cause de mon arcade sourcilière ouverte.

Je me souviens de ma chienne Yowa.

Je me souviens du « chant des partisans » sous le préau de l’école.

Je me souviens de ma grand-mère trouvant que les Beatles ressemblaient à des filles.

Je me souviens d'être passé comme Tintin derrière une cascade.

 

Mes voeux les plus chers:

Prendre la route 66 en Harley-Davidson avec une bande de Bikers.

Participer à un triathlon.

Réaliser un jardin où se promener et parfois se perdre serait un immense plaisir.

Écrire un conte initiatique qui soit parlant aux petits comme aux grands.

Découvrir par hasard les ruines d'une cité perdue.

Parler une dizaine de langues étrangères, et lire dans le texte les auteurs grecs et latins.

Être un spécialiste du cinéma noir et blanc, gérer une cinémathèque et un ciné-club.

 

A quoi rêve t'il?

Il songe à demi assoupi

Il songe aux perles de pluie sur les carreaux

Au cheminement tortueux de leurs ruissellement

Là un ruisseau, là un torrent gonflé

Il songe aux bateaux de papier dans le caniveau

Il songe et bascule au pays des rêves

La pluie qui mouille de larmes son ours en peluche

La flaque boueuse qui engloutit son tricycle

Il songe mais l'orage est là terrifiant

Il songe et l'éclair zèbre l’aire jusqu'au fond de sa chambre

Sa douce marionnette devient un pantin hideux

Les rideaux s'enflent comme voiles en perditions

Il sombre sur un radeau entre les récifs

Il sombre au fond d'un tourbillon infernal

Où est donc le Capitaine Crochet?

Où se cache Alice et son Pays des merveilles ?

Il monte cet escalier de cave puant

Il monte et remonte, retombe et remonte

Enfin une bouffée d'air pur, perles de pluie sur les carreaux

 

 

 

Posté par flo guichard à 15:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

07 octobre 2014

Les métiers imaginaires dont rêvent les écrivains d'Auroville

ARLET

LA FEE DANS LE TABLEAU 
Un grand tableau
Aux dimensions demesurées 
Hors norme et plutot dans les trop 
Etait majestueusement posé 
Sur un support bien carré 
Aux proportions déterminées .....
Au dedans 
Ds son infiniment grand 
Mêlant le bleu du ciel 
Dans le brun couleur miel,,,
Une tranparence laissait paraitre
Un filet de lumiere fin a son fete ....
Perdue dans cette image 
Je me laissais aller a l'ouvrage 
De sentir les couleurs 
au plus profond de mon labeur..
Le pinceau a la main 
Je me lançais au petit matin
Pour une nouvelle touche de cepia
Qui soudain m'entraina
Dans une douce meditation 
Avec ....passion 
A mon reveil....
De cette brève errance
J'allais alors avec merveille 
Mêler le jaune à outrance ....
Quand soudain apparut 
Là ...Devant moi 
Minuscule comme un pois 
Une fée entièrement nue 
Aux douceurs angevines 
Et à l'allure  caline ..
Une baguette ,,,de la main 
Elle agitait 
D' un doigt malin 
Elle tournoyait ........
Ses petits seins fragiles 
Se gonflaient soudain graciles 
Et devenaient presque agiles 
De rondeur 
D'apesanteur ...
Elle avait un sourire d'enfant
Et clignait de son oeil savant 
En me regardant ..
Surprise et réjouie a la fois 
De voir une fée devant moi 
Se transformer en campanule 
faire des arabesques et des bulles
Avec sa bouche en forme de fleur 
Elle lança ,,,dans ma torpeur ....!!
Je suis ici ...n'ait aucune peur ...!!
Je vais finir ta toile 
En y mettant un léger voile 
dans une envolée lyrique
Sur un fond de ton brique ...
Alors , je lui passais mon pinceau 
Et en un tour de main 
Le décor devint plus beau 
Qu'un champ de jasmin ..
On s'est quitté 
Sur un baiser 
Enchantée;
De cette douce fée..
GILDO
Le ciseleur de bananes !

Le ciseleur de banane n'est pas un des plus vieux métier du monde comme la fille de joie dans sa maison close ou sur le trottoir. Non, il est même relativement récent puisqu'il est né suite à la publication, il y a quelques années seulement, des directives européennes relatives à la forme que doivent impérativement avoir les fruits et légumes commercialisés sur le marché européen.  La courbure standard de ces deux produits définie avec la précision de l'horloger suisse concerne non seulement les bananes mais aussi les concombres, les aubergines et autres courgettes.

 

Ces ciseleurs de fruits et légumes arpentent donc quotidiennement au milieu de la nuit et par légions  les allées du méga-marché frais de Rungis dans la banlieue parisienne. Efficacité oblige, chacun normalement est spécialisé dans soit un fruit soit un légume, rarement un fruit et un légume ou deux fruits ou deux légumes…

 

Ce métier n'est pas rémunéré. Chaque ciseleur doit récupérer les déchets de son ciselage pour en faire d'excellentes compotes, confitures ou autres fruits confis et des plats cuisinés comme les soupes juliennes ou encore des pizzas végétariennes sans oublier les jus exquis de fruits ou de légumes.

 

Les ciseleurs les plus doués et entreprenants arrivent à faire fortune, des fortunes parfois colossales qu'ils se gardent bien de réinvestir dans le commerce des fruits et légumes. Ils préfèrent investir en bourse et acheter des actions Total, Facebook, Microsoft et que sais-je encore. Ils s'entourent de gestionnaires de fortunes compétents , le plus doué et très prisé n'étant autre que DSK Investment Bank.

 

Les héritiers de ces ciseleurs ne pensent pas à faire le métier de leur père préférant des activités plus prestigieuses et encore mieux rémunérées comme les nez créateurs de parfums, stylistes de mode et chirurgiens re-modeleurs de seins ou recouvreurs de virginité.

 

 

 

ROBERT
                                                                                 
 LE PLONGEUR DE TOISONS

Il existe de vieilles légendes qui remontent si loin dans les temps anciens qu’il fallut creuser plus de mille mètres dans le sol de ce que l’on appelle aujourd’hui la Nouvelle Terre des Confins du Grizzly et encore cette excavation n’en était que le fastidieux préambule puisque encore fallait-il y reconnaitre et classer laborieusement les écrits et pièces éparses qui aujourd’hui donnent vie à la légende du « Plongeur de Toisons ».

En ces temps plus qu’anciens, les populations d’alors vivaient sous un système très élaboré de castes comme aujourd’hui on en voit encore dans certaines contrées non encore complètement acquises aux bienfaits de la structure consommaticopolitique en vue de l’éparpillement des consciences enclavées, communément appelé SCECE.

Revenons à nos moutons puisqu’ il s’agit ici bien sûr de toisons. De cette ancienne société des Confins du Grizzly il faut retenir une réalité ixexpugnable, c’est à dire le climat, cela se passait dans l’Eocène, autre formulation pour dire Ere Glaciaire et le rôle du Plongeur de Toisons n’en était que plus important. Vu le climat qui y régnait, chacun des citoyens devait se revêtir une toison chaque matin qu’il honorait, il ou elle devait donc s’affubler du haut vers le bas et de droite à gauche, sans oublier du devant vers l’arrière, d’une épaisse toison de mouton préhistorique communément appelé Excoteletterus.

Imaginez une population qui déambule au petit matin dans les rues de la bourgade tous vêtus de toisons semblables, blanches et épaisses, cela ressemble à s’y méprendre à un troupeau , ne croyez-vous pas ?

Sous l’impulsion d’un souverain dont la légende court encore sous terre, Ovin le dixième, fut créée la caste des Plongeurs de Toisons, ainsi selon le rôle de chacun il était assigné une couleur et certaines vertus correspondantes à la toison revêtue et les Plongeurs étaient devenus au fil du temps les maitres invétérés des vertus toisoniques. De savants mélanges d’herbes, de poudres enchantées et de minéraux rares étaient utilisés lors des trempages qui parfois pouvaient durer quelques années.

Ainsi le rouge était réservé aux gardiens de l’ordre appelés aussi les Gallus Coercitus. Outre le blindage de leurs toisons, la couleur les protégeait de certaines conséquences fâcheuses  lors de la répression de certaines manifestations des sous-classes, telles le déversement de liquides organiques qui ne venaient en aucun moment ternir la digne robe des matamores publics.

Et ainsi de suite, étaient consacrées ensemble couleurs et occupations par la Guilde des Plongeurs de Toisons.

( Prochain épisode :  La Schroumpfette Polaire )
TAJ

Un métier imaginaire
Enfant, j’ai connu un homme étrange, dans une ville pas très loin d’ici, au coeur
d’une cité dortoir, de l’une de ces banlieue retirées au visage gris que l’on trouve à la
périphérie de nos grande villes et qui sentent bon le mérite, le prolétariat et la Harissa.
Son accoutrement qui était sans équivoque celui du genre masculin me fais dire “ un
homme ”. Mais en seconde observation on remarquait la figure élancée, la finesse des
articulations, le port de tête, les pommettes hautes qui encadraient des yeux doux et
surtout les mains blanches longues et fines qui auraient tout aussi bien pu faire penser
qu’on avait a faire à une femme. À moins qu’il ne ce soit s’agit de l’un de ces êtres
rares et singuliers à qui la nature à fait don des deux sexes.
Sous une redingote noire élimée, qui jadis avait dû connaître les feux de la rampe, se
trouvait un vieux tricot de coton gris dont la capuche était en permanence relevée sur
la tête et qui déclarait U.C.L.A. en grosses lettres au pourtour blanc et angulaire. Des
jeans fendus aux genoux bien avant que ce ne soit chic tirbouchonnaient aux chevilles.
Pour finir des chaussures de ville noires a bout carré, un petit peu trop grandes, et qui
avait probablement, dans leur vie avant les Emmaüs, arpenter la moquettes des bureaux
du centre ville. Voici les oripeaux dont il se revêtait et c’est pourquoi je continuerai a
l’appeler “ il ”.
Il, donc, poussait devant lui un chariot de super-marché rouillé avec une roue folle et
dans lequel se trouvait un bric a brac incohérent. Je pouvais y apercevoir une collection
d’objets hétéroclites. Un tube au néon, une râpe à fromage, du câble électrique, un
rouleau de papier à tapisser, une louche, une paire de tenailles, un tutu, une chaîne
d’arpenteur, des patins à roulettes, une vieille guitare écaillée à laquelle manquait deux
cordes, une balance portant une mention rouge en lettres cursives : Charcuterie Bonnot,
une batterie de voiture, des échasses, des béquilles, quelques magazines coquins, une
plaque bleu roi sur laquelle on pouvait lire : Rue du lac – Vème arrondissement. Voilà
certain des objets que j’arrivais a distinguer dans cet amas disparate et dont mon regard
n’a jamais pu sonder les profondeurs.
J’avais douze ans, nous nous étions lié d’amitié et j’avais pris pour habitude de
l’escorter dans ses pérégrinations quotidiennes aussitôt que ce sacré Charlemagne
m’en accordait le loisir. Tous les jours, il couvrait des kilomètres d’une marche lente
et calme sans se préoccuper du chaos environnant, et sans non plus se soucier que je
le suivisse trois pas en retrait. Il arrivait qu’il s’arrêta pour un motif incompréhensible.
Soudainement il restait là suspendu dans sa marche, les yeux fixés sur quelqu’un ou
quelque chose qui accaparait tout son être sans que je ne sois jamais arrivé a distinguer
ce que ce fut. Le plus souvent les causes de ses détours ou de ses haltes étaient limpides.
Je l’ai vu aider de vieilles dames à traverser la rue. Je l’ai entendu raconter l’histoire

de la culotte à deux trous à des pompiers exténués, noir de suie. Il était généreux de

petits gestes ; refaire un lacet, sourire a un gendarme, faire une marelle en portant la

petite africaine paraplégique de la tour C dans les bras, ou encore redresser in extremis
la main d’un enfant distrait quand la boule de glace allait s’échapper du cornet. Une
fois même je l’ai vu recoudre un bouton rouge sur le manteau bleu d’un petit garçon.
Il arrivait qu’il s’arrêta plus longtemps pour tenir un moment la main d’un vieillard au
regard vide qui débordaient de larmes. Sa journée n’eut pas été complète sans une visite
à la petite mémé assise sur une chaise pliante dans un recoin du centre commercial.
Chaque jour il venait lisser ses cheveux blancs, lui murmurer des douceurs à l’oreille
et chaque jour sans faillir il l’embrassait tendrement sur le front avant de s’absenter.
Un jour nous avons rencontré une fillette d’une huitaine d’années qui sanglotait à
chaude larmes, assise sur les marche du perron de la tour où elle habitait avec ses grandparents.
Tous dans la cité connaissait l’histoire tragique de cette enfant. Quinze jours
plus tôt elle avait été faite orpheline dû au mauvais fonctionnement cruel d’un passage
à niveau automatique. La Renault 4 de papa, maman, n’avait pas fait le poids face à
la masse d’un train lancé à toute vitesse. La pauvrette n’en pouvait plus de sangloter,
elle venait de perdre son ballon jaune, un cadeau que ses parent lui avaient fait pour la
consoler de l’abandonner pour un jour à la garde de ses grand-parents, ce jour maudit
qui n’en finirait jamais. Assis à coté d’elle sur les marches, une larme a roulée sur la
joue de mon compagnon lorsqu’elle lui racontait son chagrin. Il y eu un flottement
incertain et pour la première et dernière fois j’ai vu mon ami affligé du visage de la
désolation. Finalement une lueur se format au fond de ses yeux qui se transforma en
étincelle. Il prit la fillette par la main et l’emmena sur le toit de l’immeuble. Là, allongés
à plat dos sur le gravier du toit, ils devisèrent sans se presser de toutes les formes qu’ils
apercevaient dans les nuages au dessus d’eux. Enfin ils virent passer les parents de
l’enfant qui jouaient à se lancer le ballon. Je crois même qu’ils échangèrent des signes
de la main. Finalement ils redescendirent avec des hurlements de joie. Ils franchirent
la porte du rez-de-chaussée, l’angelot juché sur les épaules de mon camarade riant à
gorge déployée, tandis qu’il sautillait en esquissant des pas de samba.
Une fois nous discutions des choses importante de la vie assis sur un muret au abords
d’un terrain vague. Nous échangions sur la couleur du vol des oiseaux, le souffle
des feuilles qui poussent, le sommeil de la terre glaise, le poids d’un sourire. Nous
avions d’autres considérations tout aussi essentielles : la musculature du vers à soie, la
longévité des câbles d’ascenseur, le système de refroidissement des volcans ou encore
le quotient intellectuel du Président de la République. Nous parlions a l’infini et nous
nous amusions beaucoup. Pourtant un jour je gaffais, je lui posait une question sérieuse :
« Que fais-tu pour survivre ? » lui demandais-je.
« Comme tu y vas mon jeune ami ! Me rétorqua-t-il aussitôt. À t’entendre on pourrait
croire que la vie est une épreuve qu’il nous faut surmonter, dont il faudrait survivre.

Sache, frère, que la vie se passe parfaitement bien de moi ou de toi. La Vie se charge

de vivre, moi je n’ai rien d’autre à faire que d’être. »

Cette réponse sibylline ne satisfaisait pas ma curiosité, j’insistais :
    « Oui, mais je voulais dire, quel est ton travail ? »
Un sourire frondeur illumina son visage et il me répondit en me baignant d’un regard
chaud et pénétrant :
     « Je suis l’assommeur de soucis, le bousilleur de chagrin, le démolisseur de tristesse,
le flingeur de cafard, l’étrangleur de douleur, le refroidisseur de larmes, le pourfendeur
de contrariété, le zigouilleur de mélancolie »
Il se mit a fredonner :      Donnez moi vos chagrins,
                                     Je vous rends des lapins.
                                     Lancez moi vos soucis,
                                     Je les tourne en ouistitis.
                                     Offrez moi vos malheur,
                                     J’en ferais de la crème au beurre.
Peu de temps après cette conversation il s’évapora à jamais. Il sortit de ma vie comme
il y était entré sans fanfare ni violons. Au cours des années j’ai gardé un bleu au coeur,
sondant le rôle qu’avait pu jouer ma question indiscrète dans la disparition de mon ami.
Aujourd’hui l’adulte que je suis devenu en arrive à se demander si j’ai vraiment
connu cet être exceptionnel ou si mon imagination d’enfant en créa la forme et la
présence pour m’évader de ce quartier triste et opprimant. Cela se peut. Mais ma
mémoire s’embrume et je ne suis plus sûr de rien.
Ce qui reste c’est un exemple, une inspiration, une aspiration et la conviction profonde
qu’un sourire aide mieux qu’un conseil, une caresse soigne mieux qu’une potion.
                       Déroulez vos désespoirs,
                       En voilà des perchoirs.
                       Étalez vos douleurs,
                       Ce sont des crayons de couleurs.
                       Envolées vos peines,
                       On en a fais des baleines.
….