06 octobre 2012

Métiers imaginaires

Où l'on découvre des petits métiers disparus

LE FABRICANT D'ASTICOTS "Paris anecdote" d'Alexandre PRIVAT d'ANGLEMONT
 LE DONNEUR D'HEURE  de  Cyrille FLEISCHMAN

Où l'on invente des métiers imaginaires

LE DISEUR DE RIENS de PLANTIVE et GUERARD

LES RAMASSEUSES DE RICOCHETS de Rémy LEBOISSETIER

LE BERGER D'EAU d'Henri MICHAUX

 

CLAIRE MORIN

LE DANSEUR DE MER

Qui n'a pas admiré une mer déchaînée un jour de tempête ?

Il est aisé de croire que seule le vent est responsable de cette chorégraphie alors, que derrière tant de beauté se cache le travail assidu du "danseur de mer"

Tout les jours, quelque soit le temps, il vient au bord de la mer, l'observe, l'apprivoise. Avec des gestes cent fois répétés il se coule au milieu d'elle, l'accompagne dans une danse singulière.

L'homme est la mer ne font qu'un, jouant l'un l'autre à dessiner chaque jour des figures nouvelles.

parfois la mer moins docile veut seule jouer sa partition. Alors le danseur tente de reprendre le cour de la séance guidant la mer en des vagues gracieuses. Peine perdue,

l'élève affronte le maître en une danse violente et dévastatrice qui peut sur un simple souffle redevenir douce et apaisante.

 

MICHEL RIMAUD

LES INSEPARABLES

 

1. L’escaladeur de mer était un jeune homme débordant d’énergie.

Il suivait de près la météo, et dès qu’un coup de vent était annoncé, on le voyait arriver, palmes à la main et sourire au visage.

En quelques instants, il avait rejoint les premières lames déferlantes et s’échauffait sur elles, retrouvant ses sensations et sa communion à la nature. Puis il se dirigeait vers les plus grosses vagues, pour peaufiner sa technique : palmage énergique des jambes, et appui vigoureux et alterné des deux bras, munis de petites palmes autour des mains...

Parfois il réussissait à s’embarquer sur un bateau, et pendant que tous les passagers malades se terraient dans leur cabine, il s’attachait par une longue aussière au bateau, et s’élançait dans l’eau, à la recherche des plus grosses déferlantes…

Bien qu’encore jeune, il avait déjà connu l’extase, le nirvana, l’expérience ultime de sa confrérie : par une soirée d’automne, debout sur le pont d’un bateau de vrac, il aperçut le Graal … Un mur d’eau, quelque chose de noir et d’effrayant qui barrait l’horizon; il se rapprochait dangereusement, semant la panique chez les marins, qui courraient aux canotes.

Alors que fusait le mot de ‘vague scélérate’, lui voyait enfin la montagne d’eau de ses rêves,

l’Everest des escaladeurs de mer … Lorsqu’elle fût là, que le bateau commençât sa descente inquiétante avant de recevoir une avalanche gigantesque qui le brisa en deux avec un craquement épouvantable, lui avait eu le temps d’escalader à toute vitesse les trente mètres qui lui faisaient face, et ivre de bonheur, il coupa vite la corde qui le reliait au bateau.

Cela lui sauva la vie, et il se tint sur cette montagne liquide comme sur un énorme dinosaure qu’il aurait apprivoisé, surfant ainsi jusqu’au rivage.

Toute sa vie fut illuminée par cette expérience grandiose, et il y pensait souvent lorsque le temps était trop calme.

 Sinon, il allait voir son ami, le Rameur de feuilles mortes …

 

2. le Rameur de feuilles mortes avait dû assumer une hérédité complexe et contradictoire.

Adorant ramer et naviguer sur les eaux, il avait été victime d’un traumatisme, et ne pouvait plus s’aventurer sur l’élément liquide.

Comment concilier alors cette passion, dont il voulait faire un métier, et l’impossibilité concrète de la vivre ? … Il avait bien essayé de poser sa barque sur le sol d’un jardin public, mais il se sentait terriblement ridicule … et d’ailleurs faillit être embarqué par des messieurs en blouse blanche. Toutefois cela lui attira la sympathie d’un passant, qui lui avoua affronter la même problématique, et qui mieux est, grâce à la magie d’internet, être en liaison avec tout un réseau de « Rameurs empêchés de ramer » …

Notre homme imagina alors mettre en commun toutes ces bonnes volontés, en montant un parc de feuilles mortes, sur lequel lui et ses semblables pourraient ramer à loisir …

Ainsi fût fait ! Non seulement cette solution leur plût à tous, mais notre homme se forgeât ainsi un vrai métier, s’occupant de l’entretien, des formations et gérant toute l’activité des Rameurs de feuilles mortes.

Il avait deux saisons : du printemps à l’hiver, période où les feuilles mortes stockées faisaient merveille, et la saison enneigée, où l’on avait aménagé un stade de neige pour les amateurs.

 Ainsi nos deux amis avaient ils des expériences variées à se raconter !

 

FREDERIC POYET

Qui se souvient de ces temps maudits, ou toutes les eaux étaient encore limpides, et traitreusement cristallines?

 

Il y en eut des drames, et des déconvenues avant que ne fut créée la «Confrérie des badigeonneurs de pluie».

 

Finies les ondées perfides, qui vous mouillaient, jusqu’à l’os, l’honnête passant sortant de chez lui, et incapable de discerner l’averse invisible. Fini le grain scélérat, s’abattant sur le navire en plein océan, avant même que l’équipage de s’équipe de cirés et de kabig.

 

Finies les heures sombres, les Badigeonneurs de pluie savent colorer de toutes les nuances de gris, la petite ondée, ou l’orage de printemps, le crachin dans le brouillard, et même la grêle dévastatrice. Ils ont rendu visible la pluie qui s’annonce, et tout est pour le mieux depuis qu’on créa la fonction tant convoité, de «Capitaine de l’arc-en-ciel», pour annoncer le retour du soleil.

 

SABINE RIMAUD

 

  •  Dis-moi, tu pêches quoi ?
  •  des chaussures
  • en saumure ?
  • en chaussures
  •  en chaussures…
  •  en chaussures. Tatanes - godasses - pompes - grôles ; bref, en chaussures.
  • Je vois. Tu es pêcheur de chaussures.

 

Mais tu pêches quoi comme chaussures ? Parce que là c’est essentiel ce que tu pêches ! Çà te dessine un homme des chaussures !

 

  •  Çà dépend. Si je mets le treillis et que je prends mes seaux, je pêche des bottes. Je ne garde que les bottes sans semelles.

 

Si je mets la minijupe, je chasse des tatanes mûres, celles que l’on peut cuire au four.

 

Avec des lunettes vertes et une perruque en laine, plus le filet de pêche, c’est chasse aux escarpins.

 

Si je prends mon cheval alors je pense aux grôles ;

 

Et le scaphandrier, c’est bien pour les godasses.

 

  • Alors comment tu fais comment pour attraper des pompes ?
  • Des pompes ? Soit précis dans tes questions ! à huile ?

 

À eau ?à sang ? À vélo ?

 

Les pompes à huile c’est pour la noël.

 

Les pompes à eau, c’est date du déluge. Tu sais, quand on fait venir les hommes et les bêtes deux par deux pour la reproduction.

 

Les pompes à sang, c’est gore ; j’y vais à reculons.

 

Les pompes à vélo, çà use : Une fois sur deux tu reviens avec ton vélo pendu entre deux branches comme pour le gibier.

 

Mais la pêche que je fais de temps en temps, c’est la pêche à pomper l’air. L’air, tu le mets en boite. Et tu t’installes en ville dans un lieu très passant, et tu cries : « il est beau mon bol d’air ! L’est pas cher ! De l’air de pêcheur de chaussures c’est votre chance du jour! !

 

Tu peux aussi te planter devant l’autre et tu lui dis, yeux dans les yeux mains sur les hanches, comme moi, là, devant toi :

        

               « C’est pas que tu m’pompes l’air vu que tu sais pas pêcher, mais si tu partais chasser les escargots ?

 

CHRISTOPHE LAROCHE

 

Jean-Hugues Varna

Tronçonneur de malheurs

 

Les lettres se détachaient lisiblement de l’ancienne plaque en cuivre, patinée par le temps, consciencieusement vissée sur la lourde porte d’entrée.

Ce n’est qu’en s’approchant que l’on pouvait lire en dessous :   En tout genre

Des malheurs, Jean-Hugues en avait tronçonné des centaines. Son père, son grand-père, avant lui, faisaient de même.

On venait le voir de très loin, la réputation de la famille étant connue au- delà des dernières collines visibles depuis le clocher du village.

Chacun arrivait avec de gros malheurs accablants, le genre de malheurs qui pèsent tant que l’énergie vitale vient à manquer.

L’idée était fort simple : tronçonner un énorme malheur, insupportable, en petits malheurs, individuellement compatibles avec une vie quotidienne relativement normale. Petits malheurs plus faciles à digérer, à assimiler, l’un après l’autre, dans l’ordre désiré. Au bout du compte, le malheur originel pouvait ainsi être surmonté.

Cette façon de procéder convenait à la majorité des visiteurs.

Si jamais le résultat se faisait trop attendre, qu’un ou plusieurs petits malheurs ne passaient pas, Jean-Hugues disposait d’une solution complémentaire : envoyer le malheureux voir le rémouleur d’optimisme, facile à reconnaître avec sa meule qui chantait joyeusement, baladée au hasard des rues du village.

Il n’était guère de petits malheurs qui résistaient à l’affûtage des pensées positives, lesquelles finissaient toujours par avoir raison des résistances des plus récalcitrants.

 

 

 

 

 

 

Posté par flo guichard à 12:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


21 juin 2012

jeux d'écriture

Ateliers hebdomadaires avec les collégiens du collège Marseilleveyre 2011-2013

 

Mots de hasard

 Que fait un professeur avec une balle de ping-pong ?
Il avale la balle et la recrache par les oreilles                        Marjorie

Que fait un crocodile avec un parachute

Il essaie de voler                                                                     L.

Que fait un cheval avec un ordinateur ?

Il va sur un site de rencontre sur un ordinateur pour  rencontrer une superbe jument  

Il tape sur un clavier d’ordinateur une lettre pour le fermier, pour lui dire qu’il  lui faut plus de foin mais à cause de ses sabots la lettre est illisible, le fermier n’a rien compris et le cheval n’a pas  de foin                                                                                           M.

Que fait un curé avec une boîte à cirage ?
Avec une boîte à cirage il se refait le visage.                            Amélie

Mots-valises     Qu’est-ce qu’un ?

Hibouée : oiseau de nuit qui peut se gonfler pour flotter sur l’eau

Hibouclette : chasseur nocturne aux plumes frisées                                                JULIE

Hibourreau : oiseau prédateur au plumage noir qui se balade avec une hache et qui coupe la tête à ses compères

Hibouliste : chasseur nocturne ailé qui pointe et qui tire                                       MARGOT

 

 

Posté par flo guichard à 17:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

22 mai 2012

Les cahiers de l'APA

Journée de l'autobiographie du 22 mai 2012, partenariat entre l'APA et l'académie d'Aix-Marseille

GENRE: MASCULIN/FEMININ

Travail d'écriture avec 2 classes de 3ème sur l'image que les adolescents ont d'eux-même et sur leur questionnement par rapport à leurs différences et similitudes

Mise en voix des textes à la Cité du livre d'Aix-en-Provence

Texte n°1 : Filles et garçons de Marseilleveyre :

Chœur : Filles et garçons à Marseilleveyre, nous sommes  sensibles, têtus, obstinés, généreux, directs, maladroits, calmes, cools, quelquefois malheureux, souvent heureux de vivre.

Nous les filles, préférons la gentillesse, la douceur, l’ouverture d’esprit, la drôlerie, l’honnêteté, la sincérité, le style.

Nous les garçons préférons l’humour, la simplicité, la gentillesse, l’originalité, la beauté.

Chœur : Que nous soyons filles ou garçons, nous avons les mêmes défauts : nous sommes gourmands, bornés, égoïstes, timides, naïfs, trop négatifs,  fainéants, nous avons un caractère de cochon et manquons parfois  d’assurance.

Voici  aussi les qualités dont nous sommes fiers : nous savons être gentils, calmes, indulgents, originaux, attentionnés, pleins d’humour et de joie de vivre.

Les amis, c’est tout pour nous, on les aime quand ils sont fous, sincères, fidèles, pleins d’humour, francs, quand on peut leur faire confiance.

Un monde idéal serait un monde sans adulte. Nous rêvons de ne plus vieillir, d’être libres de grandir,  de vivre dans un monde qui tourne enfin correctement, d’être célèbres, d’habiter aux USA,  d’être enfin pris au sérieux, de ne jamais nous prendre au sérieux.

Nos plus grands malheurs : perdre quelqu’un qu’on aime, ne pas être nous-mêmes, qu’on se moque de nous !

Nous détestons par-dessus tout les gens qui se sentent supérieurs, les prétentieux, ne pas obtenir ce que nous désirons, être seuls, être obligé(e)s de faire quelque chose que  nous n’avons pas envie de faire…

Nous rêvons tous et toutes de posséder le don de voler, de changer d’apparence, de respirer sous l’eau, d’être immortels, immortelles, de jouer de la guitare comme des déesses, de danser comme des dieux d’avoir des pouvoirs magiques, de lire dans les pensées, d’être parfaitement intelligents, intelligentes.

Texte n°2 : J’aime…

J’aime les filles, ni trop maquillées, ni trop haut perchées, tout en délicatesse.

J’aime les garçons qui font du basket, qui inventent des prétextes, sans hygiène de vie, bêtes ou puérils.

J’aime les filles, leurs robes, leur vernis, leurs cheveux détachés, leurs folies, leurs soucis.

J’aime les garçons sur leur grosse moto, les garçons fragiles sous leur blouson de cuir, les garçons rigolos.

 

Texte N°3 : rituel du matin

A)  Le réveil sonne, je me lève difficilement et vais voir le temps qu’il fait à la fenêtre. Dans la salle de bain, je mets une tonne de gel sur mes cheveux.  Je prends mon sac, me traîne jusqu’à l’arrêt du bus. Devant le collège, je traîne encore avec mes copains avant de monter en cours, la mort dans l’âme.

B)  Horreur de la sonnerie du réveil. Je mets un temps fou à me lever. Je fais des va -et -vient inutiles entre ma chambre et le reste de la maison. Pas envie de me préparer pour partir au collège. Ma mère me dit de me dépêcher, elle crie pour que j’accélère. Je me rends compte que je suis déjà en retard. Je déjeune trop vite, me débarbouille en vitesse, je m’habille n’importe comment et je pars en furie.

C)  Quand le réveil sonne, je reste sous la couette pour gagner quelques minutes. je me lève tous les matins en retard et prends mon temps. En écoutant ma musique préférée, je me prépare sans me presser. Je sais que c’est l’heure de partir, mais je ne suis pas prêt. Il faut encore que je me coiffe. Je mets ma veste et mon bonnet, je sors. Il fait un sale temps. Je détache mon scoot, j’enfile mes gants et mets mon casque. Le portail de la résidence met un temps fou à s’ouvrir. Je me gare dans le parking du collège. Il n’y a déjà plus personne dans la cour. J’ai une flemme monstre. Je monte jusqu’à la salle de classe et là, comme tous les matins, je présente mon carnet pour faire noter un retard.

D) Il est 6H45, le réveil sonne. Tout engourdis, mes doigts se posent sur le bouton de droite, à tâtons. Cinq minutes de plus. Je me rendors. Mon rêve s’est envolé, les démons de la nuit aussi. La douceur de la nuit, le creux de mon oreiller sont encore collés à moi. 6 heures 40, seconde  sonnerie. Je me dresse enfin et tourne l’interrupteur pour allumer. Mes yeux sont encore fermés, ma respiration lourde. Le jour n’est pas encore levé. C’est inhumain. Le miroir me renvoie un message clair : j’aurais dû me coucher plus tôt. A pas lents, les pieds nus, je traverse le couloir. J’ai froid. J’enlève mon pyjama. J’ai encore plus froid. J’enfile à la hâte mes vêtements soigneusement préparés la veille sur une chaise. Retour rapide à la salle de bain. Il me reste vingt minutes pour me détacher les cheveux, les coiffer, me maquiller, mettre mes bijoux-fétiches, enfiler mes chaussettes, mettre mes chaussures, me brosser les dents, me remaquiller, me rattacher les cheveux, changer de chaussures, puis remettre les premières, me détacher de nouveau les cheveux, prendre mes clefs et mon sac, sauter dans la voiture où patiente ma mère depuis dix bonnes minutes déjà. Je suis en route pour une dure journée…

 

E) Pas le temps d’avaler de petit déjeuner. Pas envie non plus. A la salle de bain, je mets du déodorant pour ne pas puer toute la journée En faisant mon sac, je joue à la play et lance une partie. Mais c’est déjà l’heure, j’ai reçu un sms de mon copain, il m’attend pour qu’on aille ensemble à la prison quotidienne.

 

E)   Je suis encore plongée dans mes rêves quand le réveil sonne. J’espère que c’est dans ma tête mais non, c’est bien la réalité. Il est 6heures. Les yeux encore fermés, je cherche l’interrupteur pour allumer la lumière. Je mets de l’eau sur mon visage et descends doucement l’escalier. Je prépare le petit-déjeuner de ma mère et de mon frère. Plus réveillée, je remonte me préparer…

Texte n°4 : Utopie

Cet être idéal serait à la fois masculin et féminin. Il aurait les bons côtés des hommes et des femmes et aucun de leurs défauts vrais ou supposés.

Il ne serait ni « il », ni « elle » ; il y aurait un troisième genre pour le définir.

Cet être à la fois mâle et femelle serait doux et fort, tendre et concentré. Il serait coquet et courageux, intelligent et fin. Il aurait l’esprit d’équipe et beaucoup d’humour.

Il ne serait évidemment pas machiste ni féministe. Il n’en aurait pas besoin.

Il viendrait à la fois de Mars et de Vénus.

Il ferait indifféremment de la boxe et de la danse.  Il pourrait porter des robes ou des pantalons, exprimer ses sentiments, ne pas se sentir obligé d’être le plus fort, s’habiller en rose, pleurer si ça lui chante, faire du kung-fu  et de la gymnastique acrobatique. Il ne serait pas obligé d’être naïf ou t de rouler les mécaniques pour être aimé.

Il n’aurait que des alter ego.

 Son existence  et sa propagation éviteraient la guerre des sexes.

Le monde serait alors paisible et parfait mais peut-être un peu uniforme…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par flo guichard à 18:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

21 avril 2012

Qui suis-je?

Ateliers hebdomadaires avec les collégiens du collège Marseilleveyre 2011-2013

 

Créative, le mot qui la définie le mieux

Origami, un truc qu’elle aimerait bien savoir faire

Rire, elle adore tout ce qui est comique

Amies, sa bande de copines c’est tout pour elle

Lecture, elle aime lire

Identité, elle ne sait pas tellement  réellement qui elle est

Noémie sa petite sœur qu’elle chérie

Ecrire, ça lui permet de s'évader

 

Mon opposé :

« Je suis vieux et rabougris. J’ai pas de passion : je déteste lire, les voyages, le cinéma et pire, écrire. Les femmes, je n'aime que leurs formes, je passe une ou deux heures avec et après les avoir payé, elles repartent. Et les hommes, je ne  leurs adresse même pas la parole. Du coup, j'ai pas d'ami(e)s. Je n'ai jamais quitté ma vieille maison de Normandie. Là-bas, le temps est comme moi, c'est a dire : A ch…. ! »                                           LOUISE

 

 

Il est insensible mais zen. C’est un vrai macho. Il croît que la femme est inférieure aux hommes. Il ne parle jamais de sa famille, il ne console jamais personne . Il ne se tape jamais de délire. Il adore consulter la bourse. Il vit dans son petit patelin de Normandie.                                                                          JULIE

 

Il était 22h 30 j'essayais de m'endormir quand ma mère se lava crac.crac.crac un plancher qui craque .

22h 40 mon chat se réveilla et se sentit obligé de courir dans la maison crac.crac.crac un plancher qui craque.

23h j'avais toujours pas trouvé le sommeil mais j'ai eu une envie d'aller aux toilettes j'essayais de ne pas faire de bruit mais crac.crac.crac un plancher qui craque.

                                                                                                           Coraline

 

Parodies sur ce que l’on pense des garçons ou des filles    (vidéo de Florence Foresti)

J’aime pas les filles, les filles ça pleure pour rien, c’est susceptible les filles, ça pleure et tu ne sais pas pourquoi, tu sais jamais pourquoi, même quand elles rigolent, tu sais pas pourquoi et puis c’est de mauvaise humeur les filles, tous les 28 jours ça râle sans arrêt, ça se plaint «  j’ai mal au ventre, mal à la tête » c’est fatiguant, ça fait mal aux oreilles, oui parce que ça a la voix aigüe les filles, ça piaille, ça piaille et ça s’arrête jamais.                            Sarah

J’aime pas les garçons

-Ils se cachent derrière des mèches et ils disent : « j’aime pas Justin Bieber »

Ils restent affalés sur le canapé devant la télé et quand tu dis : »à table » ils disent : » j’arrive » mais ils n’arrivent  jamais.

Ils  crient et se battent, se poussent et tout ça en rigolant

Ils aiment le foot et  mettent  les mains sur la tête s’il y a des joueurs qui tombent et qui ne se relèvent pas

Les garçons ça exagèrent

Et puis ils se croient indispensables alors qu’ils ne savent même pas faire à manger

La plupart des garçons restent chez leur maman, juste pour ne pas avoir à faire les corvées

Du coup quand ils ont une femme ils l’a prennent  pour leur femme de ménage et puis ils disent « t’es pas ma mère »

 

J’aime pas les filles

Elles ouvrent la bouche quand elles mettent du mascara, c’est bizarre

Elles se lavent et se brossent les cheveux tout le temps et quand c’est fini se les retouchent et elles croient que ce sont les plus beaux du monde

Elles crient à la moindre bêbête à 8 pattes

Elles prennent des photos tout le temps et  ne sont jamais satisfaites du résultat : » attend tu m’as prise avec les lunettes »

Elles veulent prendre soin de la moindre boule de poil et elles touchent à tout

Elles font les boutiques et à la caisse soit le portemonnaie ne veut plus s’ouvrir, soit il manque trop d’argent soit il y a un coup de fil urgent à donner.                                       

                                                                                                                                     JULIE

 J’aime pas les garçons, ils piquent tout le temps

J’aime pas les filles elles ne doivent jamais avoir de défauts alors elles se maquillent et se maquillent encore et encore

J’aime pas les garçons, ils doivent toujours être plus forts que les filles

Ils veulent toujours faire tout  tous seuls et viennent demander de l’aide

J’aime pas les filles, elles se plaignent qu’elles font tout le temps la cuisine et quand les garçons leur proposent de la faire elles disent : « non »

                                                                                                                                         CORALINE

 

 

Alors les maths, là c’est une autre paire de manches ! Comment dire, que je ne peux plus les voir, même en tableau, oh là là même de l’écrire, ça m’y fait penser. Ça sert certes à quelque chose mais c’est très encombrant et lourd. Bref pour dire, j’aime pas les Maths !                                                                                                       CORALINE

Posté par flo guichard à 17:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 avril 2012

Poésie

Ateliers hebdomadaires avec les collégiens au collège Marseilleveyre 2011-2013

ANIMANIA

 

Je t’envoie dormir                                        Je t’ultrason                                  Je te miaule chatonnement

Je te griffe                                                    Je te hennis                                   Je te couine en sourisant

Je te ruse                                                      Je te miaule                                  Je te rugis lionnellement

Je te croque                                                  Je te sssssssssss                          Je te siffle en serpent

Je te chasse                                                   Je t’éléphante                               Je te dophine ultra-sonnellement

Je te fais mal                                                  Tu me serpentes                          Tu me jaguarugis

           Julie Prat, 5ème                                     Tu me léopardes                          Tu me croasses

                                                                        Tu me lézardes                             Tu me caresses le nénuphar

                                                                        Tu t’élan ces                                 Tu me hennis au galop

                                                                        Tu me renardes                            Tu me bêles moutonnement

                                                                                                C,5ème                                                     M.S,5ème

 

Tu me rends chèvre, Tu me rends baleine et je m’envole

Tu me péroques, je te rend pirate comme une pie

Tu m’as béliété

Et on a sauté à saute-moutons

Et on a moutoné, piallé, et tu m’as phasmé, on était fous.

                                                                 Jean-Baptiste, 6ème

 

Je te miavore

Tu me fixes de lynx

Je te souris

Tu me beez bee

Je te flaire

Tu me serpentivores

Je te sniffe

Tu me tortu’tionne

Je te serpentivore

                 Julie, 4ème

 

CHAUSSUREMANIA                                                                            ARTMANIA

Je te dc martirise                                                                                Je te peinturlure

Tu m’écrases tropéziennement                                                       Tu m’esquisses

Je te sau-convertise                                                                           Tu me crayonnes

Tu me volenikirises                                                                             Tu me colorises

Je t’escalade bensimonement                                                          Et me promarkerises

Tu me fais tomber                                                                              Je te gomme

Je te marche dessus très victorieusement                                     Tu me repasses à la plume

Tu m’escarpines                                                                                  Je te dessine

Je t’enjambe ashament                                                                      Je te crayonne à l’aquarelle

Tu me fais courir                                                                                  Je t’encre à la plume

Je te fais huggisine                                                                                               Sahra,3ème

Tu me ballerines

Je te fais briller

Tu me fais rêver

       Mathilde,3ème           

   

Quelques poèmes

La neige qui s’efface avant de toucher le sol

Le soleil qui part avant de l’apercevoir                                      Marjorie

 

Je cours dans la nuit

Je chante pour passer le temps

Je marche dans la beauté et la fraicheur de la saison

 

Elle a des yeux dans la mer

Le temps qui passe, des flaques d’argent tremblent sur le sable

Ton silence et tes beaux yeux et jamais ne s’arrête.

 

Le violon s’exclame comme un cœur amoureux

Mon verre est vide comme un visage triste

A l’air terne, frémissant de trahison.

 

Quand nul ne la regarde, une ombre descend

Quand tout le monde a les yeux rivés sur elle, une personne remonte.

Posté par flo guichard à 09:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 mars 2012

Crimes exemplaires

SABINE RIMAUD

Utiliser la phrase choisie parmi plusieurs propositions  « la seconde hypothèse est la plus effarante ».

 

J’ai trouvé sur le sol du salon en entrant la poupée de Charlotte. Eventrée.

Soigneusement découpée aux ciseaux ; du thorax au nombril.

 

La paille et le coton qui remplissent le jouet

Lardés de cicatrices; au couteau.

 

Le plus surprenant c’étaient ces traces, sur le tissu :

Clotilde avait déniché le flacon d’éosine,

Assez judicieusement versé aux endroits adéquats des rougeurs pour indiquer un crime.

 

Je m’assis en silence.

Pourquoi Clotilde avait-elle trucidé Léonie ?

 

La première hypothèse:

Dispute entre frangines, l’aînée passe sa colère sur le jouet préféré de Charlotte ; simplement.

 

La seconde hypothèse est la plus effarante :

Clotilde n’a jamais accepté l’arrivée de Charlotte dans la famille.

Et là, Léonie, c’est Charlotte pour Clotilde…

 

Clotilde qui pousse Charlotte sur le sol, brutalement ;

Clotilde qui lève le bras et l’abat sur le ventre ; de Charlotte ; évidemment.

Clotilde qui va d’un geste vers le cœur ;

Puis Clotilde qui redescend le couteau vers le sexe, en ricanant.

 

Je me secoue  et crie : « c’est absurde ! Les enfants  sont des anges, pas des ogres ! »

 

Je n’ai rien demandé à Clotilde qui rentrait en chantant.

Quand Charlotte arriva à son tour, je lui dis que j’étais désolée :

Cambriolage au rez-de-chaussée par des amateurs de poupée, antiquaires sans doute.

Elle m’a longuement regardé…

 

Nous n’avons jamais reparlé toutes les trois de la longue destinée de Léonie la poupée.

 

CHRISTOPHE LAROCHE

Effarante hypothèse

 

- La seconde hypothèse est la plus effarante, décréta le commissaire Moubarok, tandis qu’il considérait les restes encore fumant du cadavre.

Au fait des compétences de mon supérieur, de son intuition, moi qui le côtoyais depuis tant d’années, ces quelques mots me glacèrent le sang.

Comment imaginer un scénario plus horrible que celui qui s’était tout d’abord imposé.

Ces morceaux de chair découpés avec la méticulosité d’un boucher, fier de son diplôme de meilleur artisan de France, la façon dont ceux-ci étaient disposés, rappelant étrangement un tableau de Francis Bacon, leur odeur rehaussée par un subtil relent d’une eau de Cologne bon marché, tous ces indices convergeaient vers la même solution.

Quelle était donc cette seconde supposition encore plus effroyable ?

Je n’osais questionner le commissaire, de peur de souligner les limites de mon imagination à celui qui m’avait tout appris.

Moubarok tira à nouveau sur son narguilé.

- Plus j’y pense et plus cela s’impose. Voyez-vous ceci ?

Je cherchais fébrilement du regard l’indice que devait m’indiquer son index.

En tendant le cou, je finis par remarquer ce détail incongru. Sur le crâne sanguinolent, une trace brune, visiblement le résultat d’un choc électrique.

- Vous voulez dire que…, chuchotais-je timidement.

- Parfaitement, ce meurtre n’a rien de halal. Nous n’avons rien à faire ici.

Ce furent les dernières paroles de Moubarok avant qu’il ne tourne les talons.

Il faut dire que le commissaire ne rigolait jamais avec les traditions.

 

 

SABINE SALOMON

A partir d' un incipit: «Devant la maison, un soir, j'aperçois une lumière à la fenêtre».

 

Devant la maison, un soir, j'aperçois une lumière à la fenêtre. Fenêtre du haut. Celle de la pièce condamnée.

Je vis seule.

Ai-je oublié d'éteindre? Non! Impossible! Plusieurs mois que je n'ai plus mis les pieds dans cette pièce!

Mon sang ne fait qu'un tour. Mes poils se hérissent. Mon cuir chevelu s'électrise. Flux et reflux dans la colonne vertébrale.

La peur! La vraie peur!

Rapidement, le sursaut: me secouer! me défiger! Oui! Ça se décale: une fulgurante curiosité me ranime! Quelque chose d'extraordinaire est peut-être là, à portées de mains! Maintenant!

Faire face!

Mes yeux écarquillés captent mieux: un profil d'homme, en ombre chinoise, se découpe sur le mur blanc!

Mon coeur devient tambour.

L'ombre devient appel.

Rythme viscéral. Echo viril.

Cette mise en scène attise tous mes sens; éveille une attirance sauvage.

J'y vais! J'ai du cran!

 

Traversée du jardin: rassemblée, je marche:

chaque pas est pas de la femme vers l'homme.

Chaque pas porte la femme au coeur tambour vers l'inconnu, au profil immobile.

Présences démultipliées.

 

J'atteins la maison; monte direct.

Sur le palier, je me mets à chantonner; cherche courage.

Me sens sirène.

Veux attirer la bête hors de son antre.

Rien ne bouge.

Je sais qu'il m'attend.

Qui il? Kill? Mauvais présage!

J'appelle.

Rien.

Je n'ai pas envie de reculer. L'instant est si puissant.

J'ouvre la porte. Il ouvre ses bras.

Tous deux , debout. Deux mètres entre nous. Tous deux immobiles.

Son regard est acéré. Il me glace.

Je résiste. J'accepte le combat. Nos yeux sont nos armes: jets de lames aiguisées; torrents de mercure insaisissable; flots de lave en fusion. Joutes dans nos orbites et  dans nos tripes.

Tout remonte!

A croire que tout se rejoue là : «être homme ou être femme».

La différence des sexes lacérée, triturée, transpercée!.

Ca sort! Une heure, deux heures, trois heures! Sans un mot. Debout. De bout en bout. De l'intérieur. De lui à moi. De moi à lui.

La porte du monde se ferme.

Enfin,l'homme s'approche, m'effleure, me touche.

Lui et moi! Seuls! Nous nous cherchons sans rien vouloir.

Le monde déjà loin, derrière la porte.

Nos peaux se connaissent à tâtons, tremblantes de proximité, baignées de gratitude.

Il n'y a plus d'ailleurs.

Etreinte. Chaleur animale.

Au coeur de nos sens. Au bout du bout de nos corps.

Propulsés, implosés de désir.

Lui, mon île. Moi, ses ailes de plaisir. Et l'inverse, aussi.

Nos mots sont chants de feu.

Nos corps comme deux mains d'infini.

Incandescence à voltiger si loin. Pour moi, pour lui, c'est l'évidence. Ça n'en finira pas de nous étonner.

L'extase est sans limite.

Notre monde n'en finit pas de s'ouvrir.

Temps sculpté. Déchirure incarnée.

Caprices des corps saisis dans l'ivresse.

Et l'autre qui ensemence le désir, désir fou, fou de liberté.

 

Ces jours, ces nuits nous raptent, nous mènent.....Où? Où ça?

Où bat le coeur tambour?

Le voyage est sans détour, sans retour.

 

L'homme est parti, un soir. J'ai aperçu son ombre immense sous le réverbère. Puis, il a glissé tout en bas, sous le nuage de sable.

Etreinte non éteinte.

Son empreinte, je la distingue encore sur le blanc du mur.

Etreinte non éteinte.

Le voyage est sans retour.

 

Comment l'homme, s'était-il introduit chez moi?

Pour quelle raison ou déraison?

Quel espoir ou désespoir?

Pas une seule piste.

Seul, le mystère.

 

FREDERIC POYET

Nouvelle fantastique avec choix du titre dans une liste:

Sur son échafaudage mobile, tout en haut de cette tour de verre aux mille reflets, le laveur de

carreau s’accordait une petite pose.

Contemplant son reflet dans cet immense miroir son esprit vagabondait, mille et une pensées

se bousculaient, quand soudain la baie coulissante s’ouvrit.

Face à lui, dans une immense prairie, une reine de coeur colérique, un lapin très en retard, et

une théière dodue et sympathique le dévisageaient encore plus surpris que lui!

En passant la porte de mon appartement, je senti immédiatement ce délicat fumet en

provenance de la cuisine.

Depuis ce matin, le ragout cuisait à feu doux.

Soulevant le couvercle, j’ajoutais quelques herbes de Provence et une pincée de sel, avant de

descendre à la cave chercher un grand cru.

Il fallait que ce soit une fête.

Ce soir j’avais un très vieil amis pour le diner, j’espérais que la marinade et la cuisson

avaient rendu sa chaire bien fondante.

La seconde hypothèse est la plus effarante.

De deux choses l’une, ou c’était du premier coup, ou il s’y était repris à deux fois.

Au premier abord, il avait agit seul.

Mais il y avait trois empruntes, deux de trop, ça faisait donc trois tueurs.

Ils avaient agit en deux temps trois mouvement, avant de filer en quatrième vitesse.

Peut-être un cinq à sept qui avait mal tourné, pensa-t-il.

 

Posté par flo guichard à 11:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 février 2012

Nostalgie, nostalgie quand tu nous tiens

Diaporama d'une vingtaine d'objets en circulation dans les années 1960 et lecture de quelques

                                                                                             "je me souviens " de Georges Pérec                        

Tél

Je me souviens de ce téléphone aux formes anguleuses en Bakélite noire.

Il est indissociable de sa sonnerie si caractéristique, si familière.

Cette sonnerie qui arrive comme une bouffée de nostalgie et qu’avec jouissance, je retrouve sur

mon I-phone.

Nous sommes beaucoup à partager ce petit moment de pur bonheur.

Regardez, dans ce lieu public , il suffit que cette simple sonnerie retentisse, pour que nous soyons si

nombreux à vérifier si c’est pour nous que le portable sonne.

Une tribu qui pendant un fraction d’éternité retourne vers l’enfance.

Je me souviens de ce téléphone aux formes anguleuses en Bakélite noire. La sonnerie retentit, il

sursaute, il cherche l’appareil partout, sous sa chaise, derrière les rideaux rouges, dans sa valise, il

interroge du regard son comparse en costume blanc, il semble désemparé.

La sonnerie se fait toujours plus insistante.

Après chaque poses il bondit, fait mille cabrioles, et d’un coup, au fond d’une poche de son

immense pantalon a carreaux, il retrouve le combiné.

Allo?

A l’eau! répond le clown blanc, lui renversant un plein seau d’eau sur la tête.

Et les rires des enfants reprennent de plus belle.

Frédéric POYET

 

Je me souviens de ce vieux téléphone noir : tige verticale, lourd combiné,

Et à la base un disque à trous dans lesquels j’adorais mettre mon doigt dedans !

 

Au début mon doigt était petit, les trous très grands.

Peu à peu mon doigt grossit jusqu’à frémir :

Quelle aventure…cette résistance du disque pour former les numéros !

Oui vraiment, çà résistait ; le doigt peinait, allez va-y ! Encore un peu, va jusqu’au bout !

 

Premier chiffre conquis, lâcher le disque assez vivement pour ne pas tordre le doigt.

Répéter l’opération six fois.

C’était jouissif ! Sensationnel ! Presque mystique pour moi !

 

Cérémonie plus importante que d’aboutir.

Bien sûr le téléphone en vrai, un numéro en vrai, une voix à venir, en vrai.

Mais tout d’abord cette expérience éblouissante :

Des gros gros trous pour y mettre mon doigt dedans.

 

Un téléphone à trous. Qu’allait-il se passer ?

J’te donne un doigt, tu prends mon bras ? Allais-je y perdre de moi ?

Et ce plaisir de ne pas connaître la réponse…

Allez j’me lance.

Quel est le doigt l’moins important si j’en perds un ?

Le pouce ? Trop gros ; et puis pour tourner le disque, un peu débile si on me voit.

L’index ? Pour les sonnettes d’entrée, et là, j’ai encore envie de sonner !

Le majeur ? J’y tiens, pour pouvoir dire dans une vengeance la phrase que m’ont légué mes frères : « Tu l’as dans le c…. »

L’annulaire ? Je vous laisse essayer. Avec la résistance du disque à chiffres sur les vieux téléphones, difficile d’y arriver.

Reste l’auriculaire. Mais là j’peux pas.

Lui, c’est le « kiki auriculaire », celui qui a bercé les belles histoires de mon enfance…

 

Conclusion : cinq doigts utiles, cinq doigts précieux, tous à garder !

Qu’est-ce que je fais : je téléphone ?

 

En grandissant j’ai pu m’lancer. Ce fut l’époque ou tristement ils ont sorti les verts de gris de téléphones, les en plastique.

Et là, plus d’histoires enfantines à raconter.

Sabine Rimaud

Posté par flo guichard à 18:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 janvier 2012

A la recherche du temps proustien

"....en me remplissant d'une essence: ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi."

Elle, la centenaire, l'aïeule, la déclinante, l'ascendante, avait un regard vif.

Ses yeux semblaient être deux puits illuminés.

On pouvait choisir de s'arrêter à leur éclat.

Sinon, on pouvait plonger dans leur profondeur. Ce qui se passait alors, n'est certainement pas de l'ordre du transmissible. Mais je voudrais en parler, cerner l'émotion ressentie.

Un regard, comme un forage du dedans.

Un regard aux innombrables strates .

 

Elle, la toute frêle, la toute ridée, l'ancienne, ...  Son regard est voyage sédentaire.

Que racontent ses yeux, braises vivantes? Ils nous content la terre, la terre enfouie, la terre aïeule.

La sueur-courage, les deux guerres traversées, les bouleversements du monde.

Chaque naissance et chaque deuil.

Regard-grand âge, aux longues racines. Pépites de malice.

1899-1999! Un siècle vécu! Rien ne vacille!

Qu'a t-elle tissé, la vieille, de ses brindilles rescapées?

Qu'a t-elle rassemblé de ses nids démolis?

Qu'a t-elle tenu, serré contre elle, pour ne jamais oublier?

 

Elle nous regarde: ses yeux, deux petites fenêtres éclairées par son âme.

Des portes où l'on se reconnaît, miroirs au tain ancien.

Des lumières qui racontent; qui se taisent.

Visage tout ridé, tout fripé, comme une pomme oubliée, retrouvée.

 

Elle regarde, l'aïeule centenaire,

inlassable!

Encore à l'ouvrage, ses mains crochètent ou tricotent.

Elle entremêle les fils colorés et,

elle brode l'in-fini de sa vie incroyable.

                                                                                                                     Sabine Rimaud

Posté par flo guichard à 15:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 décembre 2011

Ateliers hebdomadaires avec les collégiens au collège Marseilleveyre 2011

ANIMANIA

 

Je t’envoie dormir                                        Je t’ultrason                                  Je te miaule chatonnement

Je te griffe                                                      Je te hennis                                   Je te couine en sourisant

Je te ruse                                                        Je te miaule                                  Je te rugis lionnellement

Je te croque                                                   Je te sssssssssss                            Je te siffle en serpent

Je te chasse                                                    Je t’éléphante                               Je te dophine ultra-sonnellement

Je te fais mal                                                  Tu me serpentes                           Tu me jaguarugis

           Julie Prat, 5ème                                     Tu me léopardes                          Tu me croasses

                                                                          Tu me lézardes                             Tu me caresses le nénuphar

                                                                          Tu t’élan ces                                  Tu me hennis au galop

                                                                          Tu me renardes                            Tu me bêles moutonnement

                                                                                                C,5ème                                                     M.S,5ème

 

Tu me rends chèvre, Tu me rends baleine et je m’envole

Tu me péroques, je te rend pirate comme une pie

Tu m’as béliété

Et on a sauté à saute-moutons

Et on a moutoné, piallé, et tu m’as phasmé, on était fous.

                                                                 Jean-Baptiste, 6ème

 

Je te miavore

Tu me fixes de lynx

Je te souris

Tu me beez bee

Je te flaire

Tu me serpentivores

Je te sniffe

Tu me tortu’tionne

Je te serpentivore

                 Julie, 4ème

 

CHAUSSUREMANIA                                                                            ARTMANIA

Je te dc martirise                                                                                Je te peinturlure

Tu m’écrases tropéziennement                                                       Tu m’esquisses

Je te sau-convertise                                                                           Tu me crayonnes

Tu me volenikirises                                                                             Tu me colorises

Je t’escalade bensimonement                                                          Et me promarkerises

Tu me fais tomber                                                                              Je te gomme

Je te marche dessus très victorieusement                                     Tu me repasses à la plume

Tu m’escarpines                                                                                  Je te dessine

Je t’enjambe ashament                                                                      Je te crayonne à l’aquarelle

Tu me fais courir                                                                                  Je t’encre à la plume

Je te fais huggisine                                                                                               Sahra,3ème

Tu me ballerines

Je te fais briller

Tu me fais rêver

       Mathilde,3ème              

 

                                                                                  NOEL

Ca y est, le moment est enfin arrivé, nous nous précipitons mon frère et moi sous le sapin croulant de paquets. Après avoir déballé les miens, j’observe mon petit frère de six ans attraper une grosse boîte bleue, ornée d’un gros nœud rouge. Des étoiles dans les yeux il déchire férocement le papier… (choisissez votre suite)

Suite 1  ….et sort alors un camion rouge flamboyant. Il pousse un cri de joie. Après l’avoir sorti de sa boîte, il parcoure  tout le salon à quatre pattes, tel une serpillère, en traînant son camion de pompier flambant neuf. Je me souviens qu’à son âge, j’ai connu la même joie lorsque je déballais mes cadeaux, un bonheur si simple que de découvrir un camion ou une poupée emballée près du sapin.

Suite  2   ….et sort un petit tas de tissu rose à paillettes, son sourire s’efface brusquement. Je m’approche lentement de lui pour mieux voir, deux jolies poupées Barbie tout en strass et en paillettes scintillent dans ses mains. Il les jette alors au loin en faisant la moue, puis en hurlant son mécontentement. « Le père Noël a du se tromper » le rassurais je d’un air faussement désolée. Mais son énervement était déjà passé, il jouait avec le beau camion rouge déballé quelques minutes plus tôt.                                        SAHRA

 

Mon petit frère les yeux ébahis ouvre son cadeau….(choisissez votre suite)

Suite 1  …. Il en sort alors un magnifique camion rouge. Il ne devrait pas être offert à un enfant de six ans, il m’a l’air si fragile, si dangereux. Quoique c’est plutôt mon frère le danger. Je suis prête à parier que dans un mois ce ne sera plus qu’un tas de pièces détachées. D’autant plus que pour un garçon de son âge, les camions rouges ne restent pas en décoration sur un meuble, ce qui devrait être la véritable utilité de cet objet majestueux.   

Suite 2     ….Et voilà que son regard change d’émotion. Je découvre dans la boîte une poupée Barbie. Le voilà vexé, c’est une atteinte à sa virilité de petit garçon. Alors maintenant il râle. Je ne peux pas dire qu’il fait un caprice puisque c’est une bonne raison. Il se met à pleurer, pour lui le père noël s’est trompé de maison. 

                                                                                                                                           JULIETTE

Version 1    Quand il ouvrit son cadeau, son visage s’illumina. Cette fameuse petite voiture en plastique qu’il voulait, il l’avait repéré dans un magasin près de la maison. Il sauta de joie, tout fou, elle ressemblait à ces voitures que l’on voit dans les films d’action tel James Bond ou autres. Je ne vois pas pourquoi il voulait absolument l’avoir, il en a tellement déjà mais il est heureux, tout content d’avoir sa petite voiture rouge qui roule.
Version 2    Ah, ah, quand il ouvrit le cadeau que je lui ai offert pour Noël, quelle satisfaction. Des barbies ! C’était vraiment une idée géniale. Il avait l’air vraiment déçu, même peut-être les larmes à l’œil mais il fallait bien que je me venge. Le jour de mon anniversaire il avait mis dans un sac son araignée qui était sensée être mon cadeau alors qu’il sait très bien que je ne les supporte pas. La vengeance est un plat qui se mange froid !

                                                                                                                                                JULIE

Posté par flo guichard à 09:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]