14 mars 2014

L'art d'inventer de nouveaux métiers

Ligue 13 Marseille, mars 2014

 Marilyn

Le parleur de portes

 

Il y a des portes en bois, des portes vitrées, des portes monumentales ou des portillons.

Moi, je parle aux portes, je parle des portes, je parle à travers les portes et parfois à des êtres humains qui m'ont ouvert leur porte.

Je suis parleur de portes. C'est mon métier.

Je l'ai appris sur le tard, quand après vingt ans de bons et loyaux services à l'usine on m'a mis à la porte. J'ai cherché du travail. J'ai fait du porte à porte. Et j'ai compris ma vocation : la porte. La porte au double visage, Janus des Latins, le recto qui ne peut se passer du verso.

Je parle à la porte. Tagguée ou encaustiquée, elle me regarde; mais q'il y a-t-il derrière elle ? Cette interrogation me taraude parfois au point de la frapper. Je frappe à la porte. Alors elle s'anime, mais je suis souvent déçu. L'envers ne vaut pas mon espérance. Mais je m'égare...

Je suis parleur de portes. C'est mon métier. Je leur raconte des douceurs. Car vous savez, c'est susceptible une porte, çà vous claque au nez comme un rien. Mes employeurs la croient à leur merci. Ils exigent qu'elle leur obéisse, qu'elles s'ouvre ou se ferme selon leur désir à eux. Et gare  si elle couine ! Quelle illusion ...

 

La porte, elle agit à son gré. Vous pensez pouvoir la forcer par une vigoureuse poussée, ou bien  l'amadouer d'une nonchalance bienveillante. Vous n'obtiendrez qu'à  la faire bailler d'impatience, ou  au mieux, s'entrebailler.

Je suis parleurs de portes, je sais les mots qu'il faut.

N'appelez pas le serrurier, je suis là.

En cas d'urgence sommez-la de se prendre.  Si elle n'est pas blindée, elle s'emportera  et  sortira de ses gonds. Mais quelle souffrance inutile ! Appelez-moi plutôt: Je suis parleur de portes.

 

 

Sophie

Le raconteur de tissus

Les origines de ce métier sont aujourd’hui incertaines. Elles se confondraient avec l’invention de diverses formes de tissage en différents points du globe. L’antériorité pourrait revenir à l’Afrique ou à l’Asie.

Le raconteur de tissus, qui souvent, soit dit en passant, est une raconteuse a le don de lire dans l’armure des textiles de vertigineux récits. Sa science s’adapte à la condition de son objet. Un tissu d’ameublement lui fera raconter l’histoire de la demeure qu’il orne, et parfois même de ses habitants. Le vêtement, qu’il pare les vivants ou s’enroule autour des morts, suscite selon les cas de véritables hagiographies ou d’impitoyables réquisitoires. Et le raconteur de tissus paye son don d’une terrible malédiction. Il ne peut pas se taire. C’est ainsi qu’il se met constamment en danger suscitant la colère des puissants acharnés à sa perte. Inutile de vous préciser que fort peu d’entres-eux ont envie d’exposer les dessous de leur réussite. Ceci explique que les rares raconteurs de tissus aujourd’hui survivants se cachent. Poursuivis par la terrible accusation qui leur reproche de ne proférer que des tissus de mensonges, ils ne renoncent pas à leur métier. Beaucoup préfèrent s’enchaîner pour tramer d’improbables motifs aux couleurs chamarrées. Le texte finit par se confondre avec le textile et, pour qui sait encore le lire, il perpétuera la tradition bien après l’extinction du dernier raconteur de tissus.

 

 Toile de Paracas - LACMA Musée de Los Angeles 

 

 

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03 mars 2014

Relations adolescents-familles avec la classe théatre de 3ème à Marseilleveyre

  3ème Collège Marseilleveyre, classe théatre  Ecriture de textes à mettre en voix!                         

 

           Les adolescents et leur famille

 

Nos vœux pour 2014

 

Que ma mère soit moins stricte

Que ma sœur soit toujours là parmi nous

Connaître ma grand-mère à mon âge

Voir comment mon père a grandi

Avoir ma grand-mère toute ma vie

Vivre à l’époque de mes grands-parents

Avoir connu mon grand-père paternel

Ne jamais avoir de problèmes de santé ainsi que ma famille

Partir en voyage avec ma famille

Allez voir ma famille en Angleterre

Avoir une petite sœur pas trop énervante

Avoir une maison tellement grande que je m'y perdrais

Voir plus souvent ma sœur

Pouvoir offrir le plus beau des cadeaux à ma mère

Voir mon père plus souvent

Pouvoir rencontrer mon père quand il avait mon âge

Pouvoir être sourd quand mes parents me crient dessus

Partager les mêmes passions avec mon père.

Connaître toute ma famille jusqu'à l'arrière, arrière grand père

Que mes parents gagnent enfin au loto

Que ma sœur ait une voiture pour venir me chercher au collège

Que ma mère ait une immense collection de chaussures car elle adore les chaussures

Que mon père gagne à l’euro million car depuis des années il ne fait que perdre

Que ma grand-mère retrouve un bon four car elle ne fait plus que des gâteaux de riz et je n'en peux plus

 

 

La famille idéale

 

 Le père doit être attentif et exigeant mas pas trop quand même. La mère douce et gentille, ne doit pas connaître le mot « colère ». Grand-mère et grand-père généreux, sans être trop bavards ou tête en l'air c'est sympa avec eux de se taper de bons fou-rires.

 

Une famille idéale serait avec un frère ou une sœur, il ne faudrait pas qu'ils soient trop jeunes ni du même âge que moi. Finalement c'est mieux qu'il n'y ait que moi !

 

Ma mère serait belle à la peau blanche avec des lèvres rouges et de longs cheveux noirs, habillée d'un kimono blanc rempli de motifs magnifiques. Mon père serait grand. J'aurais aussi un frère aîné, très gentil et très compréhensif mais comme tous les grands frères enquiquineur et « relou » mais je l'aimerais quand même. On aurait une maison traditionnelle avec des portes coulissantes. Ceci est pour moi la famille idéale mais mes parents restent ce que j'aime le plus.

 

Dans ma famille je voudrais un parent qui travaille et un autre qui reste à la maison pour s'occuper de nous les enfants, venir nous chercher, nous emmener. Et chaque semaine on changerait de parent.

Mes grands-parents seraient de grands voyageurs qui iraient dans tous les pays du monde et qui m'emmèneraient avec eux.
En bref je veux une famille que j'aime et qui m'aime.

J'aimerais avoir une mère cool et gentille et qui m'achèterait tout ce que je veux

J'aimerais avoir une grande sœur à qui je pourrais piquer ses vêtements, une petite sœur à qui je pourrais tout apprendre de la vie et dont je pourrais être la confidente. J'aimerais avoir des parents mariés et toujours d'accord avec moi. J'aimerais que ma grand-mère soit une mamie rappeuse et que mon grand-père soit un chanteur de jazz réputé. J'aimerais que mes parents s'en fichent que j'aille ou non à l'école

 

 

Mon père serait riche, il n'aimerait pas les maths, il ne ronflerait pas, il aurait plusieurs voitures et serait plus souvent à la maison.

Ma sœur aurait une garde-robe immense et tous ses habits seraient à mon goût. Elle aimerait me faire à manger et ne s'énerverait pas pour un rien.
Ma mère n'aimerait pas aller sur Pronote, elle aimerait voyager, elle serait en bonne santé et aurait une CB à usage illimité. Ma famille et moi habiterions en Angleterre mais aussi au Canada et en Australie.

 

 

Mon père, ma mère et moi vivrions dans une immense villa avec une immense piscine, un immense jardin avec une balançoire, un trampoline et 3 chevaux.
Mon père serait travailleur, intelligent, excellent dans tous les domaines, cuisine, bricolage, jardinage mais aussi musique, dessin, écriture. Néanmoins il serait le plus présent de tous les papas.

Ma mère serait une grande artiste illusionniste, magicienne. Elle transformerait les orages en pluie de paillettes et l'eau du bain en chocolat chaud. Elle m'aimerait tellement qu'il serait impossible de lui désobéir ou de lui faire du mal.

Je n'aurai n frère, ni sœur parce que c'est encombrant, ça crie, ça pleure ça rigole trop fort, ça court partout et surtout ça prendrait beaucoup de place dans notre immense villa avec une immense piscine, un immense jardin avec une balançoire, un trampoline et 3 chevaux.

Moi je serais un ange.... et non laissez c'est BEAUCOUP trop demander.

 

Ma famille totalement banale :

Je m'appelle Thierry, j'ai un frère et une sœur, Benoit et Cynthia. Ma mère s'appelle Nabilla et mon père Jean-Paul. Ma mère Nabilla a 36 ans et a rencontré mon père sur un site peu fréquentable. Ma mère est comme une barbie tout en plastique. Ses prothèses sont aussi grosses que des ballons de basket et ses lèvres aussi épaisses que des saucisses italiennes. Mon père adore vraiment les enfants mais il y a des jours ou j'ai envie de lui dire « Oh ça suffit de vouloir « toucher » mes amis, j'en ai marre ! » et lui me répond que c'est pas sa faute, il est tellement naïf et délicieux mais bon qu'est-ce que je peux y faire moi ? Rien ?

Ma sœur, elle est parfaite, douce, gentille, intelligente, elle n'a aucun défaut à part qu'elle pique car elle ne se rase jamais. D'après elle si Dieu a mis des poils aux femmes c'est pas pour rien. Mon frère est beau, sensible, populaire, intelligent, par contre il ne faut pas l'énerver sinon il frappe très fort. Avec lui il vaut mieux pas trop rigoler. Aie ma tête !

 

Je veux une famille de star tout simplement

Un papa Ace Ventura, Anthony Hopkins ou Austin Powers

Une maman Marilyn Monroe

Un frère Johny Deep

Une sœur Julia Roberts

Une mamie Miss Daisy et un papy Tim Burton

 

 

 

 

Ce que nous entendons, nous les ados

 

Enlève ces habits, tu es moche avec

Elle te grossit cette robe

Au lieu de passer ta journée à traîner, fais tes devoirs

Arrête de regarder la télé ça te rend plus bête que ce que tu es

Lui au moins il ramène des bonnes notes !

Tu n'as qu'à aller chez ton père

Regarde-moi quand je te parle

Tu la vois celle-là ?

Combien de fois je t'ai dit de ne pas me répondre

Si tu continues comme ça je ne sais pas ce que tu vas devenir

Tu es toujours le même, aussi nul qu'avant

Jamais je n'aurais cru ça de toi

Sort un peu, arrête de rester comme une larve avachie sur le canapé

Si tu continues comme cela tu seras puni, plus d'ordinateur et de téléphone pendant un mois

De toute façon, tu n'étais qu'une erreur !

Attention, j'appelle ton père !

Vu le bazar que tu mets, je me demande comment sera ta maison plus tard !

Il n'y a pas marqué femme de ménage sur mon front

Tu penses que ça va se ranger tout seul ?

Ce n’est pas ta chambre, c'est la pièce que je te prête jusqu'à ce que tu te casses

Tu crois tout connaître de la vie

Je te l'avais dit, écoute toujours papa

Fais attention à ce que tu dis, ne joue pas à ça avec moi

Mais on s'en fout des autres

 

Ce que nous aimerions entendre

 

De toute façon c'est toi qui décide quel sens tu donnes à ta vie

Tu veux qu'on fasse des crêpes ?

Ça te dit d'aller faire un tour du monde ?

Tiens je rentre des courses, je t'ai ramené un poney.
Tu sais quoi, j'ai rien à faire aujourd'hui, tu veux que je range ta chambre ?

Tu es une merveilleuse enfant cadeau

Je t'aime

Je suis fière de toi

Tu as eu une mauvaise note mais ce n’est pas grave, tu te rattraperas au prochain contrôle

Ce week-end on part tous à Disney

T'es fatiguée ? Bon reste couchée tu iras au collège demain

Viens on va faire du shopping et c'est moi qui paie

Tu as eu combien au contrôle d'anglais, deux ce n’est pas grave de toute façon j'étais aussi nul que toi

Quand tu auras 18 ans je t'achèterai une maison et tu pourras partir loin de nous comme tu nous le demandes à chaque fois.

Tu ne veux pas aller au collège, on va au cinéma ?

Va te coucher à l'heure que tu veux

Je fais tes devoirs si tu veux,

Ce soir on mange Mc Do

Mais bien sûr que tu peux y aller !

Tu peux mettre plus fort la musique si tu veux

C'est lui que tu aimes, c'est vrai qu'il est mignon

Non mais arrête de faire des maths, prend 500 euros et va t'acheter un iphone plutôt

Bien sûr que tu peux arrêter le collège et devenir testeur de jeux vidéos

Alors la petite Chloé c'est ta petite copine ?

 

 

Quand le dialogue est toujours présent

 

–                   Maman je peux aller à une soirée ?

–                   Il y aura de l'alcool ?

–                   Non on va boire du Champomy

–                   Tu ne te coucheras pas trop tard ?

–                   Non 10h30 au lit

–                   Tu ne feras pas de bêtises !

–                   Non je vais m’asseoir sur une chaise, et discuter tranquillement

 

 

 

–                   Bonjour Mr Bond, votre mission sera aujourd'hui de ne pas aller au collège et de....

–                   Jimmy!!arrête de faire le guignol et prépare toi tu pars dans 5mn au collège

–                   Oh ça va fiche moi la paix (trouver une excuse ou quelques chose...........)

–                   JIMMY ARRETE sinon je…………..!

–                   Oh, calme, je suis James Bond pas « Jimmy » comme vous dites (il ouvre la fenêtre et saute

–                   en caleçon dehors en utilisant ses draps comme parachute. Vlan il est tombé et s'est au moins

–                    cassé une jambe

–                   Parfait Mr Bond vous avez réussi votre mission

–                   JIMMY TU ES OU ?????????????

–                   Par-là AIIIIIIIIIIIII

 

 

 

 

–                   Maman

–                   Quoi ?

–                   Tu sais que je t 'aime

–                   T'as besoin de combien ?

–                   Tu me connais trop bien c'est inquiétant

–                   Je suis ta mère je te connais depuis 14 ans, 1 mois et 1 jours !

 

 

Maman je suis malade, j'ai mal partout, j'ai envie de vomir, j'ai mal au ventre, aux pieds, à la main,  je ne peux pas aller à l'école

Tu as quoi comme cours aujourd'hui ?

Maths, français, anglais, histoire et géographie

Tu as des contrôles ?

Mais pas du tout, absolument pas, je ne te demanderai pas de rester à la maison si j'avais un contrôle

Bon j'appelle le collège

Je viens d'avoir la CPE tu as les contrôles du 2ème trimestre cet après-midi, c'est fini le cirque, tu vas en cours

Mais je suis malade !!!!!!

 

 

Quelques envies de correspondance :

 

Papa, ne m’en veux pas, je voulais juste essayer ta nouvelle voiture !

 

D’après le ministère de l’enfance il faut laisser les adolescents vivre leur vie comme ils l’entendent pour qu’ils acquièrent plus d’autonomie.

 

Papa, ma vie est finie aujourd’hui, quelqu’un a osé terminer mon pot de Nutella ! Pourquoi O monde cruel, pourquoi la vie s’acharne t’elle ainsi sur moi. Qu’ai-je fait ?

 

Maman ça y est je suis finie ! J’en pleure mon vernis s’est vidé !

 

Chère maman,

Je souhaite te dire que cela va faire un mois que j’attends que papa vienne me chercher dans ce coin paumé de la vie ! Hé oui je te rappelle que tu m’as laissé avec ma grand-mère en pleine campagne.

 

Chers parents, tout va bien et tout va mal, plus il y a de silence plus il y a du bruit, plus je me tais, plus vous m’engueulez, plus je ne fais rien, plus je dois faire quelque chose, enfin bref j’ai marqué tout et rien parce que j’ai vraiment rien à faire aujourd’hui !

 

Chère maman,

J’ai quelque chose à te dire. Voilà je quitte la maison pour aller vivre dans un bidonville, je vendrai des choses illicites. Ne t’inquiète pas on vivra à quinze dans un T3. Ils ne sont pas dangereux, ce ne sont que des racailles. Ah oui je suis enceinte aussi et je veux  garder le bébé. J’espère qu’ils ne me battront pas trop !

Non je rigole par contre il y a mon bulletin sur la table et là je suis chez Justine.

 

Un réveil d'adolescent

 

7h00 je dois être au collège à 8h, j'ai le temps

7h15 ça va ça va tranquille

7h30 Rafael lève-toi

 Maman j'ai mal à la tête

Contrôle de maths ça ne marche pas

bon j'ai encore le temps !

8h00 Bon je suis en retard, si je prenais un bain ?

8h15 et un brunch, c'est bien ça !

8h35 Quoi Madame Dexe, en retard, oui un problème de réveil

 

6h50 Réveil sonne

7h05 Direction la salle de bain

7h25 Sortie de la salle de bain, je prends mes affaires et mes paquets de gâteaux

7h30 je pars et mange mes gâteaux en chemin

7h50 Arrivée au collège

 

 

6h35 je me réveille avec de la bonne musique qui me motive vraiment

6h40 Je m'habille et fais ma toilette tel un zombie

6h55 Je petit-déjeune et je me, toujours en mode zombie, brosses les dents

7h10 Je m'assoie avec mes chats comme une mamie jusqu'à ce, changement de mode, qu'Enzo arrive

7h20 on part à pieds, on parle, on rigole beaucoup, beaucoup, on passe par Pastré

7h40 Généralement on rejoint Gaia à la marine marchande

7h48 J'arrive au collège, je dis bonjour

7h55 Sonnerie

 

Un moment de grand bonheur :

 

C’est à ce moment-là que j’ai été heureuse pour de bon, le 21 décembre 2008.
J’étais à Ajaccio. Nous étions tous assis autour de la table, les oncles, les tantes, les cousins, les parents et nous fêtions en plus de mes neuf ans d’existence les cinquante années de mariage de mes grands-parents. Il y avait comme un courant de bonheur qui circulait entre chacun. On riait aux éclats, on se racontait des histoires en mangeant le merveilleux repas que ma grand-mère avait préparé le matin même. Je savais que c’était un jour important car on avait mis la nappe rouge sur la grand table qui n’était d’ordinaire pas couverte. On avait sorti les beaux verres et les couverts en argent.

Tout était beau ce jour-là.
Et lorsque ma mère s’est levée pour passer le diaporama qu’elle avait préparé plusieurs jours à l’avance et lorsque j’ai déroulé le grand dessin que j’avais fait pour eux, mes grands-parents se sont mis à pleurer.
Puis je me suis approchée de mon grand-père pour le serrer dans mes bras. Je lui ai demandé s’il était toujours amoureux de ma grand-mère et il m’a répondu :

-Plus que jamais et nous ne sommes qu’u

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21 février 2014

Qu'est ce qui se cache dans mon sac?

ccc 002Ligue13 Marseille Février 2014

 

JACKI

20/02/2014   Inventaire de mon sac

Jacki a choisi un appareil photo numérique apporté par quelqu’un du groupe

 

Un appareil photo nommé CANON , c'est drôle ,non?

 

Un canon est un engin de guerre destiné

à éliminer, à pulvériser , à exterminer

mais ce petit objet , à l'air inoffensif ;

calme et plat , il tient dans une main

comme léger , presque aérien .

 

C'est vrai qu'il vise, mais où est sa cible ?

un visage , un paysage

un monument , un bâtiment ,

un pétale , une nervure ,

un détail , une sculpture ,

une mer calme où glisse un voilier ,

un sourire sur un enfant , accroché ,

un soleil , un été ,

une merveille , des souvenirs fabriqués....

 

Quelque soit la saison ,quelque soit la couleur ,

quelque soit la musique et où que soit le cœur,

il puise dans la vie , il cherche dans le temps

le détail invisible , l' harmonie d'un printemps .

Il fige pour toujours la présence et l'absence

les retrouvailles et la reconnaissance

le voyage et l'ailleurs , cette quête éternelle

de découvertes et de splendeurs.

 

Ce canon ne fait pas de bruit , discret ,

il sait se faire oublier ;

aucun son , aucune pétarade ,

de son œil aguerri il guette le photographiable.

 

Le mouvement est inverse;c'est l’extérieur qui pénètre par cette fenêtre.

Des lignes vives ,des formes et des perspectives

de la lumière et des pixels , des teintes et des pastels ,

des contrastes et des camaïeux ,

pour essayer de rendre ce que nous ont donné les Dieux.

 

Pour tenter d'approcher la beauté

dans son infinie diversité

et restituer l'émotion pure

de celui qui voit pour la première fois ;

avec un œil neuf , caresser du regard ,

découvrir , s’émerveiller et s’émouvoir

encore....encore une fois .

 

Sophie a aussi choisi l'appareil photo

L’appareil photo.

Objet magique par ce qu’il accomplit. Ne dit-on pas qu’il capture non seulement l’image mais aussi l’âme de ceux qui se dressent devant lui ? Ce serait alors un objet violent, une arme presque manipulée par un photographe colonisateur qui s’approprierait les biens les plus précieux. Un coup d’œil dans le viseur, et hop, te voilà dans la boîte, tu m’appartiens.

Il ya d’ailleurs outre le viseur, d’autres similitudes entre l’appareil photo et l’arme. Ne dit-on pas que ceux qui les manient sont des chasseurs ?

Le chasseur d’images affectionne la nature et les animaux qui la peuplent. Il est patient, il traque puis il attend pour saisir le cliché qui révélera son talent et le fera riche. Le même, en milieu urbain, s’appelle un paparazzo. Drôle d’oiseaux. Il poursuit les célébrités, de préférence riches et décoratives. Il fait de leur image son fonds de commerce. Il faut reconnaître quelques qualités à ce vautour. Il sait cadrer a, c’est pas parfait, dommage, j’t’ai coupé le bout des doigts.

- Oui, et puis là, t’as vu ta mer ? Elle penche, on croirait qu’elle va se vider.

- Et plus là, côté couleur, c’est un peu fade. 

- Ben oui, pas de ma faute si quand j’ai le temps de sortir l’appareil il fait tout gris.

- Bon, et puis alors, pour la profondeur de champ, on en reparlera.

- Et pourtant, que la montagne était jolie.

Mais tout ça, c’est pas grave, parce que si l’appareil photo est un objet magique, c’est aussi parce que depuis son invention au XIXe siècle, il a su profiter de tous les progrès de la technologie. Fini l’argentique, bonjour le numérique. Il n’y a plus de défauts dont une retouche ne puisse venir à bout. Alors au lieu d’apprendre à cadre et à jouer avec la lumière en dosant vitesse d’obturation et ouverture du diaphragme, on bidouille avec un logiciel et on se prend tous pour des Henri Cartier-Bresson.

D’ailleurs, bientôt notre appareil photo, il aura même plus besoin de nous pour se déclencher. Il suffira qu vol. Et pourtant, les clichés de ce charognard méritent rarement d’être encadrés.

L’appareil photo accompagne aussi de nombreux amateurs dont les images sans prétention pourraient toujours être réussies, si…

- Ben oui, côté cadrageu’on lui fasse un sourire et hop, il est pas beau mon auto-portrait ? Parce que le genre le plus en vogue, celui qui a de l’avenir, non, ce n’est pas le paysage, merci Monsieur Ansel Adams, ce n’est pas l’animalier non plus, au revoir à tous les Frédéric Rossif de mon enfance, c’est le selfie. Parce qu’aujourd’hui, l’appareil photo, il ne risque plus de voler l’âme des autres. Il faudrait pour cela qu’on le tournât encore vers les autres. Mais aujourd’hui, ce qu’on préfère, c’est le tenir à bout de bras, pour le tourner vers soi.

Serait-ce par hasard que l’on est à la recherche de son âme ?

 

 

 

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27 janvier 2014

Atelier d'écriture sur l'Inde

Des images de l'encens et une musique envoutante pour cet atelier spécial Inde

 

 Z’Oiseau commença une prière compliquée en tamoul qu’il me demanda de répéter après lui. Je trébuchais sur les mots, me perdais dans l’entrelac des phrases, terrorisé à l’idée d’offenser nos dieux.

Ici Mariamen, la déesse mère, au centre de l’autel, environnée de lampes qui luisaient dans la semi-obscurité, là Aiyanar Sasta, sur son cheval, brandissant son sabre vengeur, plus loin Kannavédi au faciès d’éléphant et Katavarayen, tous peints en jaune, hormis le blanc Aiyanar Sasta.

“Ils sont fâchés contre nous… murmura Z’Oiseau, alors, il faut sans cesse les apaiser, sinon…”

“Pourquoi les dieux sont-ils fâchés contre nous ? fis-je, rassemblant tout mon courage.

- Ce serait trop long à expliquer. Une autre fois ! Enfin, si tu veux vraiment savoir… eh ben...................A vous de poursuivre

He ben!
He ben! Je n’en sais rien.
Sont-ils fâchés contre les animaux? Je ne crois pas. L’éléphant et le buffle peuvent bien se rouler
dans les eaux sacrées des fleuves de montagne, les singes et les lézards batifoler sur les ruines des
temples dans la jungle. Point de colères des dieux.
Sont-ils fâchés contre les arbres et les fleures? Ho! que non. Le lotus au grès du courant dérive
doucement, le cocotier et l’hibiscus se balancent innocents au souffle du vent. Les dieux sont
bienveillants.
Sont-ils fâchés contre les pierres? Nullement. Les mille cailloux du chemins guettent chaque pas du
voyageur, les vagues outre-mer roulent le galet blanc et le sable doré, et les pierres précieuses
reflètent à l’infini la lumière des astres du jour et de la nuit, et je vois les dieux sourire.
Les dieux ne sont pas fâchés contre nous, pourquoi le seraient-ils?
Les pierres servent à construire des temples, à sculpter des images, à orner des sanctuaires. Les
fleurs et les feuilles décorent l’entrée des lieux sacrés, qui sont gardés par tout un panthéon
d’animaux.
Alors tout est bien, je peux sourire, la voie est là devant moi, les dieux ne sont pas fâchés, puisque
je suis à ma juste place, tout comme l’éléphant, le lotus et le cristal, et les dieux eux-même à leurs
places.
Godestrum, godestrum, godestrum... ad libitum.

Frédéric

 

 

           Une volute bleutée m'empêchait de voir nettement la jeune femme au sari jaune safran assise devant moi. Une musique lancinante me transperçait le corps transformant mes organes en caisse de résonance. Quelques paillettes voletaient dans l'air saturé d'encens.
Pourquoi Banou avait-elle été si jolie que Katavarayen, le dieu des moissons en était tombé follement amoureux ? Ayamas Sasta n'avait pas supporté qu'un Dieu puisse tomber amoureux d'une mortelle et avait engagé un combat incessant contre Katavarayen, ne réussissant qu'à envenimer la situation et à semer la zizanie car les Dieux lassés de ce combat qui durait depuis des années prirent partie pour l'un ou l'autre et s'engagèrent dans la bataille. Le domaine paisible des immortels se transforma en champs de bataille monstrueux qui donna aux humains un spectacle déplorable de la conduite des Dieux.

Banou, jeune fille fraîche et radieuse se fana au fil des ans. Elle avait accepté de rester libre pour un immortel et l'attente lui devenait insupportable. Des rides se creusèrent avec le temps, ses yeux perdirent leur éclat joyeux. La solitude lui pesait, elle désirait tellement une famille. Les Dieux se battaient encore et encore loin de la réalité de sa vie d'esseulée. Sa voisine aussi dévastée qu'elle car elle venait de perdre son mari construisit son bûchée de veuve. Banou la rejoignit alors que le village était réni pour allumer les premières brindilles. Elle attrapa la main de la veuve pour se donner du courage et elles s'élancèrent d'un seul élan aux milieux des flammes.

L'annonce de la mort de Banou arrêta net les combats des Dieux qui se sentirent peu respecter par une humaine qui avait eu l'audace de contrer le désir de l'un des leurs, leur colère gronda et gronde encore.

F.

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24 juillet 2013

Festival Contre Courant avec de jeunes critiques culturels en Avignon

Atelier d'écriture dans un camp d'adolescents EDF au festival d'Avignon.

Le thème du camp: nous sommes des critiques culturels!

 

 

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23 juillet 2013

Festival Contre-Courant Avignon 2013

Anne-Claire, Tarbes

Je travaille en Avignon dans le IN au cloître des carmes. J’ai aimé Place du Marché 76 de Jan Lauwers. Ce spectacle nous aide à bien dédramatiser les situations difficiles de la vie. Le jeu des acteurs est très bien, avec les chansons, la danse, on  parle de tout !

Caroline, Normandie

Je viens au festival de temps en temps. Mon meilleur spectacle LA 432, des Chiche Capon au théâtre des Béliers. Ce sont des clowns modernes. C’est explosif. On a l’impression que c’est complètement déstructuré. Les personnages ne sont pas forcément sympathiques mais  complètement déjantés. Les clowns jouent leur entrée en scène régulièrement ratée !

 

Elisabeth et ses enfants, Châteaurenard (13)

LA 432, Les Chiche Capon ! On a adoré l’énergie, la fantaisie, le délire maitrisé. A mourir de rire !

Mahe, 10 ans Avignon,

Mon meilleur souvenir du festival cette année, un clown brésilien sur la place de l’Horloge. Il prenait des gens dans le public et a même failli embrasser une fille sur la bouche ! Il nous a donné des assiettes remplies de chantilly et des confettis pour qu’on lui lance dessus à la fin du spectacle.

Sylvie, Nîmes

On veut absolument parler du spectacle Kabaravan au lieu 51 du Off. On y a trouvé des chansons, de l’émotion, du rire. C’est une caravane de roms qui part en exil à la recherche de l’Eldorado. Dans la pièce on y  parle roumain, tchèque, allemand mais on comprend tout avec la gestuelle. A voir !

On trouve qu’il y a moins d’offres sur Contre-Courant cette année, il faudrait remettre plus de choix d’activités avec des expériences, de l’émotion avec des spectacles plus variés ou d’autres propositions comme le parcours sensoriel….

Alain et Michèle, Allauch ( 13)

Hooze Fooze Band à Contre-Courant, on n’est pas très jazz mais on a acheté le CD tellement on a aimé !  Un moment très fort.

On est des fidèles du festival depuis 12 ans. On a connu le festival Contre-Courant de bouche à oreille, ça nous permet de voir plus de spectacles, gratuits jusqu’à l’année dernière, cette année c’est 5 euros  pour les non CCAS.
On reste au camping à côté de Contre-Courant et c’est déjà le spectacle dans le camping avec les compagnies du OFF qui répètent.

Cette année on trouve Contre-Courant très engagé et on a du mal à choisir un spectacle accessible car le choix est moins vaste !

On conseille dans le OFF Cosi Fan Tutte au Théatre du Petit Louvre. Six acteurs sur scène, des voix de grande qualité avec des chanteurs aussi talentueux musiciens.  Excellent pour interpréter la musique de Mozart.

On a aimé le Dalaï et moi avec Sophie Forte au théâtre de la Lune. Il y a un acteur et un bruiteur sur scène. C’est l’histoire d’une personne en rupture avec la société qui a besoin de faire le vide et qui part au Tibet. Tout au long de son périple il est accompagné par le bruiteur qui est excellent.
Au théâtre de la Luna, on a vu un spectacle de danse qu’on a envie de conseiller Balivernes desastrados, mélange de capoeira revisité, de techno,  différentes danses urbaines avec 4 danseurs. Un bon moment !

Pascale, Avignon

On m’avait dit énormément de bien d’Angélica Liddell et de Ping Pang Qiu. J’ai lu de mauvaises critiques mais le spectacle ne m’a pas dérangé. C’est plutôt le surtitagre qui était un peu compliqué pour moi. J’aurais aimé qu’Angélica Liddell rentre plus dans le détail des personnages, sur la Chine, je n’ai pas appris de nouvelles choses. J’ai trouvé qu’elle prenait un peu trop de place sur scène mais au point de vue scénique c ‘était joli !

Les Jeunes à Contre-Courant, j’ai vraiment trouvé que c’était bien fichu !

Je ne vais pas au théâtre pendant l’année et c’est ma première  année au festival même en habitant Avignon ! J’y retournerai !

Marie-Thé et Christian, Villeneuve lez Avignon

A conseiller, la Mouette de Tchekhov au théâtre du Roy René. Rien que pour le théâtre qui est une ancienne église. En Avignon on trouve beaucoup de petites églises car les grandes familles bourgeoises faisaient chacune construire la leur ! Sur scène c’est l’ambiance 1900 avec 7 acteurs. La pièce dure 2h mais on ne voit vraiment pas le temps passé ! Très bien joué !

Oriane et Sylvie, région parisienne

On recommande Madame K au théâtre des Lucioles. De la fantaisie où l’idéal féminin n’est plus ce qu’il était. Un spectacle qui parle aux femmes plus qu’aux hommes mais mon mari a adoré !

On voudrait aussi mentionner  Silence encombrant, à la Manufacture. On y parle d’adolescents difficiles de Glasgow.  Spectacle que l’on a trouvé très spécial et intéressant. Sans un mot échangé! Détonnant ! Un OTNI, objet  théâtral non identifié! Une dizaine d’acteurs sur scène dans une mise en scène violente accompagnée de musique électro et hard rock, de vidéos de sons à un volume maximal. On le conseille plutôt à un public d’initiés mais à voir !

Jean-Claude, Avignon

Dans le IN, Les particules élémentaires, j’ai tout aimé, la mise en scène, le jeu des acteurs. J’ai découvert ce texte que je ne connaissais pas et du coup je l’ai acheté, le texte est plus noir que la pièce.

Laure et Didier, Gard

On a découvert les lectures sur RFI et au musée Calvet et on les conseille fortement.

Josette, Nord

J’ai vu Ping Pang Qiu à Contre-Courant d’Angelica Liddell. Au départ je me demandais où elle allait m’emmener avec les coups de pieds, la table de ping-pong. J’ai compris son amour de la Chine et les contradictions qu’amène cet amour avec le point de vue politique. Je n’avais jamais vu les images du jeune devant les chars sur la place Tian Anmen aussi nettes.

Beaucoup d’applaudissements et un rappel pour Ibeyi à Contre-Courant

Aline, Avignon

Je croyais que j’allais écouter des chants cubains mais c’était plutôt  des chants métissés avec un rythme très enjoué, une voix entraînante. A Capela ces jumelles étaient vraiment très bonnes. Une très belle découverte !

Gérald, Nord

De sacrées filles même si je préfère les chansons en français. Très bonne ambiance !

Séjour jeunes  CAF :Amélie deParis, Laura de Marseille et Laétitia de Nancy

On a été scotchées, elles ont des voix ! On en voulait plus !

Corinne, Région parisienne

Les chants ça change les idées !

Alice, Marseille

Mon coup de cœur de la journée, A l’ombre de Coré au théatre Golovine. C’est une chorégraphie à base de hip hop avec deux danseurs. L’un des deux danseurs est le chorégraphe et le vidéaste du spectacle. La performance est époustouflante, dense !

Christophe, Marseille,

J’ai découvert le Festival Féminin itinérant, le FFI, cette association fait tourner pendant le festival cinq pièces écrites par des femmes. J’ai vu le bouton rose de Sophie Accaoui. Osé et prude en même temps avec des alternances de chansons, poésies et communiqués scientifiques. A voir !

Frédéric, Nord,

Les frères jacques, version moderne avec les 4 barbus revisité par des femmes à l’espace Roseau et tout en musique, que du bon temps !

Gilbert, Aix-en-Provence,

Mon coup de cœur Sicilia à Contre-Courant ! J’ai participé au débat sur le travail avant la pièce avec des lectures d’Yves Clot et j’ai tellement accroché avec les acteurs de la compagnie La Llevantina qu’on s’est mis a échangé par mail. On est d’accord qu’à la CMCAS on ne veut pas que consommer et le relationnel établi crée de la non consommation. L’Art et le Travail, le lien. Après tout je ne connais pas de travailleur qui ne travaille pas pour l’œuvre ! Il  ne faut pas dévaluer le travail !

Bruno, région parisienne

Coup de cœur de la journée, métallos et dégraisseurs de patrick grégoire au théatre du Bourg Neuf. Cinq comédiens qui jouent les vingt-cinq personnages de 150 ans de vie ouvrière ! Excellente mise en scène. L’acteur a vraiment le look du docker.

 Nadine,Paris,

Avec des parents pieds noirs je n’ai pu qu’adorer les pieds tanqués sous le pont Piotà 11h30, sous fond de partie de pétanque divers protagonistes revisitent la guerre d’Algérie 50 ans plus tard. On rit beaucoup, on est ému ! Très beau !

 

 

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01 juillet 2013

Rencontres CMCAS Avignon

Ecriture et rencontre grâce au LABYRINTHE SOCIAL              

  Où le stand … a été un lieu de rencontre, d’échange et d’écriture

Qu’est-ce que vous avez pensé des panneaux du labyrinthe ?

-Il faisait très très chaud, je me suis perdue dans le labyrinthe. Gros moment de solitude, vais-je appeler à l’aide ? NON je me concentre et après avoir lu et suivi les affiches, me voilà sur le bon chemin. La sagesse peut-être ?                                                                                                          BEATRICE

- Grâce à la présentation ludique des activités sociales dans le labyrinthe, cette fois ce sont les petits qui entraînent les grands. Si les petits n’arrivent pas à lire les fiches, les grands ont le regard dessus, ne serait-ce que pour voir le chemin que prennent leurs garnements.                                     BERNARD

-Je connais tout ça par cœur ! J’ai rien découvert dans le labyrinthe. Ce qui m’intéresse : les vacances ! J’en profite 3-4 fois par an.

-Les maximes sur le travail qu’on peut lire à l’entrée de la tente, c’est un peu comme ce que dit la présentatrice de la météo sur France3, des fois c’est pas mal !                                                RAYMONDE

-J’ai pensé « Tiens c’est ce qu’on fait ! » Je suis dans la commission Jeunes et énergie. Nos projets, on relance l’accrobranche, ce qui marche les sorties aux concerts, les docks des Sud, ce que j’aime et qui ne plait pas à notre chère présidente, les activités commerciales !

-Est-ce que le sport et une culture ou pas ?  Quand je propose une sortie sportive on me demande d’équilibrer  avec une sortie culturelle, le but ce n’est pas de fédérer le plus grand  nombre d’agents ?

                                                                                                                                                                   DAMIEN

-On y voit toutes les photos de ce que fait la CMCAS, ça rappelle les valeurs. On met en photos tous les secteurs d’activités. Je fais partie du réseau solidaire. J’encadre un centre, ça fait partie du POUR et PAR.                                                                                                                                                           JOSE

-Mes activités de proximité que je préfère : les rencontres d’Arles, comment combattre l’isolement et Contre-Courant                                                                                  NICOLE, commission culture et voyages  

-Dans mes séjours à la CCAS, ce que je préfère c’est de retrouver des personnes pour les activités, l’aide financière qui nous permet de partir en vacances, la convivialité entre nous et les personnes travaillant dans les centres, les soirées organisées et les activités pour les enfants.                LAURENT

Moi c’est quand ma femme commence à me dire : » Quand est ce qu’on mange ? »                ALFRED

-Avec la CMCAS je profite des sorties culturelles, des spectacles, des voyages. Mon meilleur souvenir le plus récent : LILLE. La formule week-end prolongé c’est très bien.                                     FRANCOISE         

-Le panneau qui me parle le plus : faire la fête à moindre coût. Je profite des voyages à des prix incroyables. Ca fait 2 ans que je suis embauché.                                                                               THOMAS

-Faire la fête à la CMCAS c’est d’abord être avec ses amis, se détendre, essayer d’oublier les soucis  du quotidien en parlant, en dansant en buvant (avec modération !) car avec ces moyens-là, nous pouvons plus nous confier et pourquoi pas panser les bobos. Merci à l’équipe .                           SYLVIE

-Cette expo c’est une vraie prise de conscience. Je ne profite pas trop des activités car je suis trop pris avec la vie de famille avec 2 jeunes enfants. Ils partent en colo pour la 1ère fois cette année.
C’est important cette journée, pour se rencontrer, pour se connaître. Pour les jeunes c’est plus facile car pour nous quand on a une vie de famille ou qu’on est plus âgé on fait moins vite connaissance. On ne se rend pas compte de l’isolement au travail !                                                                 Un agent

-Ce que je ne veux pas trouver dans mon séjour à la CCAS ? Un robinet qui coule toute la nuit

                                                                                                                                                          JEAN-JACQUES

Les activités que je pratique à la CCAS, quelques mini-séjours au ski, toujours super bien organisés. Une ambiance conviviale chaque fois retrouvée. Merci aux organisateurs.                                       JULIE

Les activités de proximité que je préfère, la randonnée. «  Sans cesser d’aimer l’homme, j’adore la nature » cette maxime correspond à mon état d’esprit lorsque je randonne.                           JOCELYNE

« PLURIEL »  Je trouve très bien que l’on prenne en compte les difficultés et les problèmes de santé des enfants afin qu’ils puissent eux aussi profiter pleinement des activités.                                 MURIEL

Le BIO, c’est très simple à mettre en œuvre, il faut y penser                                                         BERNARD

Plutôt OUI pour le BIO pour promouvoir la bonne nourriture.                                                      LAURENCE

 

Les plus jeunes dans le labyrinthe

- C’est intriguant le labyrinthe, nous pouvons y perdre notre fil d’Ariane. Nous avons l’impression de croiser un minotaure à chaque impasse. Malgré cela se balader dans celui-ci c’est amusant, chercher la sortie était tellement excitant ! Pendant quelques instants la vie ordinaire s’est arrêté pour ouvrir un monde imaginaire.                                                                                               SOLEN MOUMARD, 16 ans

-On a fait plein de fois le labyrinthe, trop bien ! On est resté coincé 1 fois   

                                                                                                                                        FABIEN et GAUTIER, 5 ans   

-J’ai eu peur dans le labyrinthe parce que mamie, elle nous faisait peur !       LINA 6 ans, JEANNE 5 ans

-C’était une bonne idée le labyrinthe                                                                                              EMILIE 9 ans

-J’ai pas trop regardé tous les panneaux, il y avait un gars qui montrait des trucs           THOMAS 9 ans

-Il y avait un gars qui faisait du surf                                                                                                   ELIAN 9 ans

-Dans le labyrinthe les parois sont bleues jaunes et rouges, ça tourne tout le temps, je me suis perdue ? Ça parait petit de l’extérieur mais c’est grand quand on est dedans. Les panneaux ? Je croyais que c’était des pubs.                                                                                                             ELSA 11 ans

-J’ai vu des panneaux avec la télé, avec un lit.
J’ai vu des panneaux avec des mots                                                                                                LUCAS 9 ans

-Les  colos . Je ne veux pas aller en colo car j’ai beaucoup de copains près de ma maison et en plus je ne connais personne et je suis plus  l’aise avec ceux que je connais. J’ai fait les ateliers Pass vacances multi sport. On a aimé beaucoup. A Cavaillon j’ai fait de l’escalade, j’ai eu un peu peur et Loïc n’a pas voulu le faire.                                                                                                                     Margot, 12 ans

-J’aime pas les colos                                                                                                                               Lily 8 ans

-C’est génial les colos surtout tout ce qu’on y fait, toutes les activités                                   Hugo, 10ans

-Moi ce que je préfère ce sont les colos de ski. On se donne rendez-vous avec les copains d’une année sur l’autre. Le pire dans les colos, les animateurs qui restent toute la nuit dans les couloirs et qui nous empêchent de sortir !                                                                                Alban 14 ans,    Léa 16 ans

Souvenirs, souvenirs……………….

-J’ai fait 6 ans à la CMCAS d’Avignon et je pense que j’ai été la meilleure réintégration. Mes meilleurs souvenirs, les retrouvailles annuelles de 110 CMCAS à Soulac , à ne pas confondre avec « sous le lac » ou « lac soul » !                                                                                                                                   PATRICE

-Mon souvenir d’agent dans mon travail : arriver le matin en souriant et repartir le soir de la même façon.                                                                                                                       JEAN-JACQUES à la retraite

-Mon plus beau souvenir d’agent dans mon travail, participer aux arrêts de tranches en centrale, ce qui nécessite un travail d’équipe.                                                                                                  RICHARD

-Mon mari travaillait à EDF. Il me reste ma meilleure amie qui elle aussi est veuve, son père travaillait aussi à EDF, c’est lui qui a fait embaucher mon mari et le sien.                                            RAYMONDE

-Camp Bourges concert ! Ambiance top, les copains. Cette année on se retrouve à 5 pendant 3 semaines en camp montage vidéo. Les clubs ados dans les villages vacances, bof !       

                                                                                                                                                   GUILLAUME 17 ans

-Mes meilleurs souvenirs,  en colonie, l’arbre de Noël, le ski                                               VICTORIA 8 ans

 

Des demandes :

-Nous habitons Arles et nous sommes un peu en décalage pour les sorties car nous recevons les informations trop tardivement !                                                                                                            un agent

-Je fais partie du service des fraudes, je suis très peu en relation avec d’autres agents et quand je rentre le soir les bureaux sont fermés. Le week-end en Italie, on l’a su trop tard !                     LAURENT

-Envisager des transports collectifs pour les sorties nocturnes                                                           NICOLE

 

 

Une belle journée :

-C’est vraiment bien pour rencontrer les collègues. C’est bien organisé et l’équipe est à l’écoute. C’est notre 2ème expérience et les conjoints sont vraiment très bien inclus.                                            MURIEL

-Le respect de l’autre, pour moi c’est se respecter soi-même.                                                            NICOLE

-L’émancipation de la personne dans ses droits et ses idées pour moi c’est ESSENTIEL pour que le monde progresse dans le bon sens.                                                                                      LAURENCE

-Le travail me prend la tête, comment me détendre ? En venant aux journées, ici à Avignon.     
                                                                                                                                                          JEAN-JACQUES

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28 mai 2013

Contes classiques et modernes

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j'ai une cape                                                                          Je suis une héroine

J'ai un masque                                                                       Et je suis déguisée en chat noir

j'ai une épée                                                                           Qui suis-je?

J'ai un cheval noir                                                                 

Qui suis-je?

 

Je suis tout petit et je me suis perdu. Qui suis-je?

 

Je vole                                                                                   J'ai un grand balai

Je suis gentil                                                                          Un nez crochu

Je suis blanc                                                                          Je prépare des potions magiques

Et j'ai des ailes                                                                        Qui suis-je?

Qui suis-je?

 

Je suis gris, j'ai des dents pointus, je fais peur aux gens, je suce le sang des autres, qui suis-je?

Je suis tout rouge, j'ai une queue pointu, je suis très méchant et j'ai des cornes. Qui suis-je?

 

Je vole mais je ne suis pas un oiseau, je ne suis pas une fée mais j'ai des ailes et une corne. Qui suis-je?

Il était une fois un enfant victime d'une malédiction. C'était un enfant loup, il s'appellait Théo. Pour récupérer une potion magique qui devait le libérer il devait aller dans un parc pour tuer un dragon. Il prit un parfum enchanteur et en mit quelques gouttes sur  le dragon qui s'endormit aussitôt. Il prit la potion magique, il la bu et redevint un petit garçon normal.

 

Il était une fois un élève dans le train. Il était un peu triste de quitter ses potes. A l'arrivée un petit bonhomme emmena l'élève sur une barque pour traverser la rivière. De l'autre côté de la rive il rencontra un de ses copains. Ce copain était un peu particulier, son nom était le deuxième élève. Il avait dans sa poche un crapaud magique. Ce crapaud avait la particularité de cracher des pièces et des billets de 500 euros!

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Merci à Gabriel, Riham, Rada, Nariman, Alice, Chiara, Léa, Mila et aux autres enfants.

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21 mars 2013

L'enfant sauvage

Ateliers d'écriture avec la cie de théatre 7e ciel  sur "L'enfant sauvage"  de Bruno Castan

Différents thèmes sont apparus lors du travail théatral, ceux ci ont été mis en écriture

Collège F.Villon

Questionnement sur la différence 

-C’est quoi pour toi être différent ?

-C’est être grand, petit, mince ou gros,  ne pas ressembler à tout le monde avoir la taille des pieds plus courte ou plus longue….

-Et toi quand tu ne penses pas comme moi, tu es  différente ?

- Pour moi la différence  c’est d’avoir des gouts différents, une personnalité différente, c’est ce qui est intéressant en chacun de nous

- Et quand tu n’es pas accepté par les autres, tu es différente ?

-Oui surtout que  tu n’es pas comme moi !

-Normal je n’ai pas la même couleur de peau.

 

On est différent ( phrases du cadavre exquis) :

Moi je ne suis pas hypocrite, je dis les choses en face, ça peut blesser des gens mais c’est la vie

Et toi tu es belle, tu es intelligente, forte en maths, nulle en géo, châtain avec des mèches blondes

Moi je suis grande, intelligente, algérienne mais française, joueuse de basket-ball

Et toi tu ne peux pas être comme moi parce que je suis unique, c’est clair !

Moi je suis coquette, tarée souriante. Je suis nulle en maths et je ne suis pas souvent énervée.

Moi je suis bête et intelligente à la fois ! Parfois il m’arrive d’être folle !

Moi je suis un adolescent qui a une vie bien remplie, pour moi le bonheur et un sentiment merveilleux

Moi  ce qui me préoccupe c’est qu’est-ce que je vais faire quand je serai grande

Moi je suis sûr que la vie vaut d’être vécue et qu’il faut se battre jusqu’au bout

 

Nos différences dans le groupe ( à partir de Pérec):

-J’aime les films, les fleurs, les bracelets, les voitures, les colombes, danser, chahuter, ma famille, les cahiers, les portables,

-Je n’aime pas la méchanceté, les moqueries, New-York, dormir, le collège, la technologie, les voleurs, les journalistes, les appareils dentaires, les chauve-souris, les serpents, les cafards.

-J’aime le chocolat, mes amis, la télé, dormir, l’ordinateur, danser, les garçons, sortir, mes yeux, les vêtements Adidas et Nike, les films d’horreur, les tacos, écouter de la musique, manger des oréo, me maquiller.

-Je n’aime pas les légumes, les arnaqueurs, les hypocrites,  les devoirs, avoir des courbatures, la chirurgie esthétique, les stylos à encre qui coulent, les critiques, les menteurs, le bruit, les clowns, les films d’amour, ranger ma chambre, le foot, la pluie

-J’aime la musique,  la lecture, la lumière, la richesse, la mer, ma vie

-Je n’aime pas les rabats joies, la difficulté, être inutile, m’ennuyer, l’adoption,  avoir sommeil le lundi matin,

-J’aime Diams, le vernis,les photos, les stars, le théatre, les jeux vidéo, les marques, le bled, skyper, facebook

-Je n’aime pas les faux cheveux, les intellos, le mariage, les rats

-J’aime jouer, les hamburgers, l’argent, gagner, ma mère, mon père

-J’aime pas écrire , lire, les films tristes, l’expression « pardon », perdre

-J’aime l’été, les baskets montantes, les manèges à sensation, les trucs léopard, les talons, la vérité

-J’aime pas les racistes, les pâtes à la carbonara, les jeans troués, l’opéra, la mort, les problèmes

 

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12 février 2013

Inspiré par Edward Hopper

Une belle expo au Grand Palais à Paris

Tout l'univers esthétique de Hopper nous parle, the american way of life!

On a envie d'imaginer la vie des sujets peints par Hopper, loin d'être énigmatiques on a l'impression  qu'ils vont se mettre à nous raconter leur vie, leur histoire.

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Frédéric POYET

Edward Hooper: «excursion into philosophy» 1959               excursion-into-philosophy-530x398

Quel con! Putain quel con!

Quand je pense qu’on est venu ici pour se retrouver.

Marre de ce soleil imbécile.

Cette lumière me donne envie de gerber.

Pourquoi cette incapacité à réagir?

Je suis là, plus seul(e) que jamais, pétrifié(e).

J’arrive plus à penser, vidé(e) tout simplement vidé(e).

Et l’autre débile, peut pas dire quelque chose.

Faut vraiment que je me barre, j’étouffe, je crève.

Si j’entend une mouette, j’me lève et je m’casse.

So long,

goodbye evry body...

Ca fait vingt ans, je m’en souviens comme si c’était hier.

D’ailleurs à chaque fois que j’entend le cri d’une mouette je repense à cette après-midi.

Merci la Mouette, j’étais incapable de décider.

Je me suis levé(e).

- Ou tu vas?

- Je descends chercher des clopes, qu’est-ce que ça peut te foutre?

Le parquet craque, la porte claque, je sens l’odeur de vielle moquette de l’escalier,

les effluves d’une vague pourriture.

Puis cette bouffée d’air marin quand je suis sorti(e) sur le perron.

De l’autre côté de la rue au bus-stop, un Greyhound.

Il va où? J’m’en fous! Il démarre.

-Attendez!

Deux dollars fifty cents.

A l’arrière je m’endors.

C’était hier, il y a vingt ans,

Goodbye so long.

 

Christophe LAROCHE

625x351!                  C’est le moment.                                        

Sa vie, William Johnson, avait tout pour la réussir.

Il était le fils de Georges Johnson, P.D.G. de la Johnson & Johnson corporation qui assurait plus de la moitié des habitants de l’Etat. La Double J comme aimaient la nommer les assurés, témoignage du lien intime qui les liait à la compagnie.

Une voie toute tracée s’offrait à William, déclinaison d’un destin on ne peut plus banal. Il succédera à son père à la tête de la Double J avec en héritage la considération de tous ces anonymes.

Seulement voilà, c’est justement cela qui lui posait problème. Son tempérament, il en avait un, s’accordait mal avec une vie sans effort où tout était déterminé par avance.

Il avait besoin de prouver à son entourage qu’il avait les compétences requises, qu’il méritait à part entière d’accéder à ce sommet que d’aucuns, parmi les associés de son père, pouvaient convoiter.

Il s’était mis à travailler avec acharnement, passant le plus clair de son temps à éplucher avec la plus grande méticulosité le moindre dossier, relevant ici une erreur de filiation, là une mauvaise adresse.

Cette constance dans le labeur suffisait à lui donner bonne conscience. S’il arrivait un jour, comme prévu, à la tête de la Double J, ce ne serait pas par pure convenance héréditaire.

Travaillant tard tous les soirs, sa vie sociale s’en trouvait réduite à l’extrême. Comme vissé à son fauteuil, à peine jetait-il de temps à autre un regard furtif autour de lui, sans jamais s’attarder sur un quelconque élément périphérique. Même si cet élément s’appelait Samantha, la secrétaire avec qui il partageait son vaste bureau depuis bientôt deux ans. Le meilleur moyen pour ne pas se laisser distraire par les arguments plastiques de sa subalterne.

C’était son père qui était derrière le choix de cette « partenaire de travail », mots qu’il avait utilisé pour la lui présenter le premier jour. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que Samantha était l’objet d’un plan prémédité. Que Georges Johnson, face à l’extrême pauvreté de sa vie affective, avait cru bon de prendre les choses en main.

L’idée que son père avait osé programmer Samantha comme l’éventuelle mère du petit-fils qu’il désirait pour assurer la succession future de la Double J l’avait rendu malade, le décidant à s’enfermer encore plus hermétiquement dans son travail. Cette situation lui était apparue d’autant plus insupportable qu’il était persuadé que Samantha, s’étant prêté à un jeu qui la dépassait, n’avait sincèrement aucune envie de partager sa vie avec un individu aussi peu engageant que sa personne.

 

Il est tard. Les secondes passent, et Samantha n’a pas quitté le meuble pour dossiers suspendus, les mains posées sur l’avant du tiroir entrouvert à sa hauteur, le regard fixé sur une feuille au pied du bureau de William Johnson.

“ Deux ans ! Cela fait bientôt deux ans que je travaille pour lui sans qu’il semble s’intéresser à ma personne. Jamais, il n’a daigné me regarder dans les yeux. Seulement quelques coups d’œil furtifs, sans âme.

Mais qu’a-t-il donc pour m’ignorer de la sorte ?

Son père m’aurait-il mené en bateau ?

C’est parce que monsieur est le fils du patron que monsieur n’a pas plus de considération pour sa secrétaire que pour un vulgaire dossier ?

Mais qu’est-ce qu’il lui faut à ce blondinet pour observer la réalité en face ?

Une belle brune avec « une carrosserie à faire pâlir les plus belles américaines », comme aime à le répéter mon garagiste, cela ne lui fait aucun effet ?

Il est en marbre ou quoi ce « bouffe-paperasse » ?

Ou alors, c’est qu’il est gay ?

Ce serait bien ma veine.

Allez une dernière tentative pour en avoir le cœur net.

Cette scène, je l’ai répétée mille fois dans ma tête.

La feuille est enfin tombée au bon endroit, c’est le moment.

N’oublie pas d’ouvrir le haut de ton chemisier ma chérie, puis va la ramasser tranquillement, cette feuille, en prenant bien ton temps.

Rester accroupie, relever la tête, se cambrer suffisamment pour mettre en valeur cette poitrine généreuse dont la nature t’a pourvue.

Un petit raclement de gorge pour le sortir de sa torpeur. Un sourire suggestif. Et là on verra bien si cette vision d’une femme désirable et offerte le laisse toujours de glace, ce gommeux !

Allez vas-y ma chérie, dis-toi bien que le jeu en vaut la chandelle ! ”

 

Posté par flo guichard à 15:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]